Au creux des regards perle toujours la menace d'un infini remord ; mais malgré l'éplorement, le dépit, j'ai choisi : éprouver ces nouvelles souffrances submergeantes, je n'en avais plus la force. Pourtant j'aimais la vie! mais ne supportais plus l'inexorable sabotage auquel je m'appliquais en m'abîmant. Pour se relever – car à ce moment-là, je m'étais vraiment tout à fait étouffée –, il fallait d'abord s'oublier un peu : désapprendre, accepter l'égarement, tolérer la perte, ignorer les attraits du morbide, taire parfois la contention latente. Afin d'oser, réapprendre, découvrir ; car samedi j'ai souri en disant : désormais, je sais, je crois, je sais qui sont ceux et celles en qui je peux me fondre. Vers qui laisser choir aveuglément tout cet amour qui déborde de moi et que je distribuais partout et n'importe comment, jusqu'à ce qu'il se retourne contre moi.
Pourtant, malgré l'amour, je pleurais aujourd'hui en imaginant mourir.
je voudrais tant maculer de gris mes pages. ce n'est pas le geste, en et pour lui-même, qui m'intéresse ; mais la conséquence : si j'écrivais ces mots, alors sans doute l'étreinte de mes tourments me redonnerait un lambeau de souffle – car je me noie.
j'ai voulu dire hier combien je sentais ces peurs presser sur le fruit de mon existence, à quel point j'ai pu éprouver leur influence sur son déroulement. génialement placées en écluses aux abords des moindres décisions, je ne compte plus les renoncements, ces jours où j'ai fui plutôt que d'avoir à leur faire face. et cette vie qui se profile en un agrégat de non-choix.
il y a ces méandres où je me perds. en moi, tout est confusion : les temps, les gestes, les paroles et ce qui lie les trois. je me sens complètement désaccordée, faite d'un assemblage fortuit d'éléments fragmentaires réunis de force au sein de ce produit, absurde et disgrâcieux. et l'hasardeux mélange ne remplit pas que l'esprit et ses organes, il délaye également l'enveloppe – ce corps auquel je me sens tellement étrangère.
je voudrais me sentir cohérente et tranquille comme un long fleuve.
depuis longtemps réalisé combien
assujetissement aux peurs a pu
compter dans l'apparition &
le développement d'un tirage de vie en négatif.
sa manifestation suit le galbe de rêves arrêtés
prolonge les courbes de l'inavoué, s'avilit
dans le doute et s'échoue dans
d'impérissables méandres ;
souillés, ils iront toujours s'échouer
au cœur d'un éternel renoncement.
peurs. étaux qui étreignent la volonté.
et sans doute l'absorption de tout élan
balance une carcace de vie
estompée, amoindrie, en retrait.
alinéa d'indéterminations.


Aujourd'hui j'ai du temps alors j'enlève une à une les épingles de mes cheveux tressés en me demandant par où je pourrais bien commencer. En général, dans ces cas-là, il y a toujours un joyeux luron qui s'exclame Ben par le commencement, pardi! sauf que là, j'entamerai un nouveau chapitre sans avoir clos le précédent.
Finalement, le précédent, ça veut dire vacances, ça veut dire Opio, prendre des photos sous l'eau avec Minh, faire des brioches et presser un kilo d'orange
le matin pour que tout le monde soit de bonne humeur aujourd'hui, oublier le temps qui s'enfuit déjà, et le temps perdu des malentendus. Opio c'était lire Éluard sur un transat au bord de l'eau, c'était s'allonger par terre dans la nuit sombre et chercher les étoiles filantes, faire des vœux secrets, ta main dans mes cheveux, le calme Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses Sommes-nous près ou loin de notre conscience Où sont nos bornes nos racines notre but Tout est en mouvement. C'était glisser des pétales et ces vers dans quelques enveloppes, le bruissement du vent faufilé à travers les persiennes mi-closes et nos regards engourdis.
Fin août, il y a eu Dieppe, en gros c'était ça, mais gourmande, je préfère garder la crème.
Et tout de suite après, l'ENSAAMA. Une approche très difficile, une appréhension démesurée, je me suis rendue physiquement malade par l'angoisse. Trop de choses à gérer: le fait de se trouver propulser là-dedans, enfin et miraculeusement (j'ai été prise sur dossier en ayant mis l'école en second choix tandis qu'il est bien spécifié sur leur site que, puis prise sur concours), le fait de passer de 1minute en traînant les pieds à 2h de trajet aller-retour, les souvenirs de rentrées ratées, le fait de passer d'une quinzaine d'heures de sciences par semaine à... 2, etc. Et puis finalement c'est un nuage, même s'il y pleut de temps en temps ; même s'il y a, comme promis, énormément de travail, que je me lève tôt, que je rentre tard, que je perds au moins 10 heures dans les transports chaque semaine pour aller en cours, et même si je commence déjà à sentir palpiter l'esquisse des angoisses de fin d'année de MANAA. Tout ça, ce n'est rien à côté du soulagement et de la joie que j'éprouve à l'idée de savoir que je ne me suis, je crois, pas trompée de voie.

à partir du 26 juin 2007 / dernière mise à jour 26 août 2007
Il n'y en a pas 101, et je ne me donne pas 1001 jours mais le temps qu'il faudra pour chacun. Au départ, c'était une liste de choses à faire pendant les grandes vacances, alors il y a des choses que j'espère avoir concrétisées dans les semaines à venir, et d'autres pour lesquelles quelques années d'attente en plus ne me dérangeraient pas. Ce sera juste pour garder une trace, pour ne pas oublier, comme un chuchotement omniprésent qui rappelle ça, ça, et ça ; c'est une liste que j'espère relire souvent et pour longtemps, grâce à laquelle j'aimerais ajouter une once de satisfaction d'avoir accompli ces souhaits par le simple fait de pouvoir les rayer, comme une petite consécration !
1. Acheter des pellicules argentiques et apprendre à utiliser le Nikon de maman.
2. Travailler consciencieusement toute ma "gestuelle" au piano, à en avoir des courbatures depuis poignets jusqu'aux épaules.
3. Marcher seule et longtemps, dans Paris, sans destination, juste pour donner une chance au hasard de m'emmener dans des endroits improbables. Pour découvrir. À Montmartre, notamment.
4. Prendre plein de jolies photos avec le pola, et continuer de les suspendre à des fils de nilon.
5. Aller voir jouer Beckett,
6. Ionesco, et plus si affinités.
7. Fabriquer un appareil photo avec papa, un minuscule, comme celui qu'il avait fait quand il était au lycée.
8. Aider papa à fabriquer un nouveau planeur, et réussir à ne pas lui casser les ailes au premier vol!
9. Faire une grasse-matinée et réapprendre à aimer traîner dans mon lit autant que lorsque j'étais gamine, c'est-à-dire sans me laisser submerger par les pensées désagréables qui me poussent à me lever très vite, les dimanches matins.
10. Faire d'autres portfolios d'artistes (peintre, photographe, musicien, sculpteur, ...).
11. Profiter d'une semaine du cinéma entière!
12. Regarder régulièrement des films loués, empruntés, ou au cinéma, notamment tous ceux qui manquent à ma ridicule "culture" cinématographique.
13. Me coudre une jolie robe d'été, pâle et vaporeuse.
14. Et un sac (celui que j'ai en tête depuis cet hiver sachan que j'ai déjà acheté le tissu nécessaire au marché St Pierre, par exemple).
15. Prendre de beaux portraits de mes amies (oser, et surtout réussir à).
16. Prendre soin de moi pour moi, et pas seulement pour contenter l'amoureux.
17. Emmener Minh et Louis dans des musées qu'ils ne trouveront pas chiants, pour ne pas les en dégoûter.
18. Être plus fidèle au remplissage des pages de mon Moleskine, mais sans moins d'application.
19. Parcourir la nature et m'assoir en divers endroits, lumineux, et faire des aquarelles de ces paysages.
20. Commencer et tenir un carnet d'idées, tout petit, pour pouvoir l'emmener n'importe où, tout le temps.Zapbook 4ever.
21. Réapprendre à tricoter, et faire un truc. Disons, une longue écharpe.
22. Crocheter un bonnet.
23. Faire des modèles de pochoires pour la salle de bain d'Estelle, et l'aider à peindre son chez elle.
24. Lire tout Boris Vian.
25. Lire plus tout court – en période scolaire, essayer de lire au minimum un livre par mois.
26. Broder un cœur sur un t-shirt gris chiné.
27. Écrire une, voire des nouvelles.
28. Apprendre à approcher maman.
29. Avoir mon permis.
30. Me forger l'ébauche d'une culture biblique, juste suffisamment pour comprendre des choses.
31. Apprendre les mythologies romaine et scandinave.
32. Faire enfin ce foutu dîner au Kong avec le CCC au complet.
33. Oser, oser, OSER.
34. Essayer d'avoir du goût – et du bon, si possible – d'une manière générale, dans n'importe quel domaine.
35. Accomplir quelque chose pour moi mais d'une manière désintéressée, naturellement.
36. (re)Faire du théâtre.
37. Aller à Londres, aux Etats-Unis et en Guadeloupe avec Alvyn.
38. Faire plus de surprises à ceux que j'aime.
39. Me défaire complètement des chaînes qui m'accrochent aux démons du passé et pouvoir ainsi me projeter dans l'avenir.
40. Et imaginersavoir que cet avenir sera beau.
41. Éprouver de la fierté pour quelque chose que j'aurais fait de mes mains.
42. Refaire de la mosaïque et fabriquer des trucs chouettes pour mes amies.
43. Aller voir tous les mois toutes les expositions stabilotées dans les pages de mes magazines Beaux Arts.
44. Retourner à Giverny.31juillet07, ici.
45. Rendre à ma grand-mère ses livres d'art et lui en emprunter d'autres, plus souvent.
46. Rendre plus souvent visite à mes grands-parents, et à l'improviste, au moins une fois! (1/2)
47. Faire le site de mon tonton.
48. Prendre du temps pour trouver un parfum qui me corresponde vraiment – mais ne pas renier le Coco Chanel de maman pour autant.
49. Au lieu de m'en plaindre sans cesse, prendre plaisir à dorloter un peu mon corps comme une vraie fille.
50. Refaire des films: de nos vacances en famille, de nos vacances entre amis, de nos soirées, et essayer de faire un mini pseudo-court métrage, un jour.
51. Savoir chanter & jouer au piano Summertime, en entier, et m'enregistrer pour savoir si ma voix est vraiment aussi laide que je l'imagine.
52. Rejouer de la guitare, et si jamais l'expérience n°51 n'a pas été trop catastrophique, apprendre une chanson avec la guitare.
53. Organiser plein d'autres soirées à base de vieux films + champagne + boudoirs + carambars.26juillet07, ça m'a l'air bien parti !
54. Dessiner plus.Pas tellement eu le choix.
55. Continuer d'écrire des recettes dans le carnet offert à maman : celles déjà faites (charlotte à la mousse de citron, charlotte aux fraises et charlotte rose/litchi/framboise, gâteau de Suzy, tarte mangue/citron, poulet yassa, clafoutis...),
56. Et celles à tester/réussir/améliorer (macarons aux goûts divers, pains aux raisins, ispahan, moussaka, tarte à la rhubarbe, risotto asperges/fraises, crèmes à la fleur d'oranger, bavarois aux fraises...),
57. Jouer Clair de Lune de Debussy, ainsi que les Deux Arabesques.
58. Jouer la Berceuse de Fauré avec Estelle!
59. Jouer la Polonaise posthume de Chopin en si bémol mineur.
60. Acheter le mascara Benefit qui fait des yeux de biche.Maintenant j'ai le regard qui tue.
61. Avoir une vraie frange bien droite, bien plate à la Irina Lazareanu.21août07, coupée! aah depuis le temps que ça me titillait.
62. Laisser pousser feu ma frange jusqu'à ce qu'elle se fonde complètement parmi ma crinière.concrétisé juste avant n°61.
63. Faire du vrai porc au caramel à Alvyn.
64. Aller fouiner aux puces de Montreuil.
65. Trouver cette satanée queue de pie.
66. Et cette foutue coiffeuse à retaper.
67. Avoir une belle collection de chaussures sans aucun achat raté.
68. Pareil pour la garde-robes.
69. Ainsi qu'une collection de boucles d'oreilles!21août07, finalement, plus envie.
70. Gagner des sous, pour espérer pouvoir financer ces lubies modesques.
71. Refaire un Rouen Express, ou un n'importeoù Express, pourvu que ce soit aussi toqué et enivrant.
72. Apprendre à me maquiller d'une façon qui corresponde à mon visage.
73. Cesser d'être agacée par des petits riens – être moins impatiente et sur les nerfs à tout bout de champ.
74. Essayer d'être moins maladroite, donc plus vigilante au quotidien.
75. Et surtout, trouver un remède à mon étourderie!
76. Arrêter d'essayer d'imaginer tout le mal que les gens peuvent bien penser de moi dès que j'apparais ou ouvre la bouche.
77. Éprouver moins de haine envers je.
78. Accepter de décevoir, de faire des erreurs «humaines».
79. Et, ainsi, apprendre à dire NON.
80. Cesser de cumuler tous les travers que j'abhorre chez autrui.
81. Cesser d'agir d'une manière qui alimente ma culpabilité.
82. Apprendre par cœur des poèmes de: Musset, Aragon, Éluard, Baudelaire, Apollinaire, Rimbaud, Verlaine et Prévert.
83. Tenir un carnet de rêves.25juillet07, ça commence par un cauchemar (...)
84. Me cultiver en matière d'astronomie.
85. Faire un herbier dans un vieux livre aux pages jaunies par le temps.
86. Chercher des trèfles à quatre feuilles sur la coulée verte avec Emilie.
87. Aller chez Ladurée et commander une religieuse à la rose.07juillet07, damned, si j'étais riche, ce serait mon péché mignon.
88. Repartir en vacances à la plage avec le CCC.du 27 au 29 août, ce sera une plage de galets, mais une plage quand même (et avec du soleil, paraît-il !)
89. Prendre des photos dans un aquarium.
90. Un jour, entamer une véritable thérapie, pas forcément intense mais régulière, m'y tenir, et tenter de dénouer ce qui n'a jamais été vraiment dit.
91. Un jour, essayer de savoir médicalement: quelle est la véritable cause de mes migraines, si mon dos a un problème ou si c'est vraiment "rien" comme le dit maman, et s'il y a une explication à mes crampes chroniques.
92. Revoir Andria.18juillet07, une journée qui est passée vite!
93. Fêter mes 19 ans.
94. Visiter Barcelone.
95. Retourner au Vietnam et apprendre le vietnamien.
96. Lire régulièrement un journal d'informations pour être un peu plus au courant de ce qu'il se passe dans le monde.
97. Goûter à l'Ispahan de Pierre Hermé.
98. Aller chez ma grand-mère prendre des cours de cuisine vietnamienne et noter toutes ses recettes, tous ses conseils et en profiter pour lui poser d'autres questions sur l'histoire de ma famille.
99. Retourner à l'opéra.27juin07, La Traviata à l'Opéra Garnier, sublime.
100. Aller avec Estelle à une leçon de musique au théâtre du Châtelet (NB.: celle de Fauré a lieu le 17 mars!).
101. Faire un grand pique-nique au parc de Sceaux avec eux tous.
102. Racheter un chapeau puisque le proviseur adjoint m'a volé le mien.
103. Apprendre à faire des cocktails et en profiter pour exaucer le vœu 97 d'Estelle.
104. Me trouver belle, vraiment, sur une photo.
105. Jouer un morceau avec Anh, Minh et papa.
106. Jouer un quatre mains de Mozart ou Schubert avec maman.
107. Ne plus avoir honte d'être inculte en certains domaines et l'assumer.
108. Accompagner Anneso au Polly Maggoo à St-Michel pour la soutenir dans l'affront de l'intriguante glauquerie du lieu.
109. Réussir à emmener Alvyn au Zimmer avec toute la clique au complet.
110. Accrocher le poème de Musset sur la porte des toilettes à une hauteur savamment étudiée.
111. Faire un grabouillage inspiré des estampes japonaises.
112. Pouvoir déccrocher des murs de ma chambre mes fiches A3 de Physique-Chimie et de Maths, autrement dit avoir mon bac.02juillet07, Ma chambre a l'air vide maintenant!
113. Ne plus avoir "peur" des transports en commun afin de pouvoir faire plus de choses toute seule à Paris (voire plus loin!): aller au cinéma, visiter des musées, ou flâner tout simplement.Pas eu le choix non plus.
114. Prendre une décision importante, d'un coup, sans tergiverser.
115. Me désabonner du remords.
116. Recommencer à écrire des lettres à des gens.
117. Et écrire des cartes postales à mes proches à chaque fois que je pars en vacances sans eux!En bonne voie ma foi.
118. Refaire voler un cerf-volant sur la plage de St-Cast avec papa, et sans m'envoler avec.
119. Et faire le plus beau château de sable du monde (ou du moins, le plus beau que j'aie jamais fait).
120. M'acheter une jolie montre.
121. Me calmer un peu dans mes achats compulsifs de livres, c'est-à-dire avoir lu tous ceux que j'ai cumulés avant d'en acheter d'autres.
122. Reprendre l'habitude d'avoir toujours un livre sur moi – au lieu d'un Prépabac.juillet07, C'était facile, mais ouf!
123. Lire un poème par semaine et une pièce de théâtre par mois (en plus du livre du n°25).
124. Graver nos noms dans un arbre, comme dans les films parfumés à l'eau de rose.juillet 07, En fait non, parce que ça fait mal aux arbres.
125. Aller à la banque pour faire changer ma signature.
126. Faire du vélo avec papa, Anh, Louis et Minh dans les jardins du château de Versailles.
127. Continuer dans ma lancée: m'occuper un peu du jardin.
128. Repeindre le salon.
129. Retourner chez l'opticien sans faire venir les pompiers.
130. Assister à une leçon de musique de Zygel au Théâtre du Châtelet.Chopin le 10 décembre, Papa♥.
131. Retourner au marché aux oiseaux.
132.










Un regard large comme le silence
Comme s'il n'y avait que nous deux sur la terre
Et le sourire de nos gestes simples.
Tu me réapprends ce que c'est
Qu'un être humain que je renonce
À savoir si j'ai des semblables.
Odorante et savoureuse
Tu dépasses sans te perdre
Les frontières de ton corps
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Puis-je croire que l'on ressent tous, parfois, le besoin de se trouver propulsé dans des rôles qui nous dépassent, emplis d'émotions démusurées qui ont l'ampleur des histoires de nos livres ? Comme une façon de se projeter au-delà de soi, catharique – est-ce bien de cela qu'il s'agit ? Je veux dire : nous sentons-nous réellement libérés ? Peut-être ne tendons-nous qu'à se sentir vivre plus intensément – le poids de l'existence se fait-il plus loud lorsqu'on injecte celle-ci de ces actes aux horizons épanouis ?
Je suis loin d'en être au stade du misérable petit point noir sur le fil de mon existence (cf. 11 juin 2007) , mais pour faire simple et concis:

D'habitude, je prends le temps de noter les idées qui trottent un peu trop sur le coin d'une feuille, ou dans des carnets, pour désencombrer un peu ma petite cervelle. Et comme ces derniers temps, les mots n'ont servi qu'à remplir des dizaines de copies matriculées, ces idées en furie, sont devenues comme les chevaux d'un vieux manège et galopent, tournoient, montent puis redescendent.
Il y a notamment cette fameuse liste de choses à faire après le bac qui cavale depuis un moment, s'agrandit, se rature, et qu'il me tarde tant de concrétiser. Mais j'ai bien l'intention de prendre mon temps! Parce que c'est aussi ça, une liste de choses à faire après le bac: il faut, pour se remettre du traumatisme qu'ont causé les examens (si, si), aller dans l'autre sens et prendre tout son temps, prendre le plus de temps possible, et l'étendre au maximum entre ses doigts. Et il faut dire que ça m'arrange bien, parce que ce temps hasardeux contrecarre quelque peu mes projets. J'aime la pluie, mais il faut bien avouer qu'elle ne ferait pas bon ménage avec les piques-niques improvisés sur l'herbe verte du parc, ni la bronzette, ni les longues promenades.
Alors, pour l'instant, je me contenterai d'essayer de réapprivoiser mon sommeil, d'attraper les rares rayons de lumière pour faire quelques photos (elles font partie de ces choses qui trottent, qui trottent), de redonner à ma chambre un air de chambre où l'on marche sur du parquet, et pas sur les annales scientifiques et autres stigmates de bachotage qui le jonchent. Et puis lire, aussi. Parce que les Prépabac Maths/Physique-Chimie/SVT, ça va cinq minutes. J'ai beau ne pas me sentir en vacances mais en suspend, et redouter le 2 juillet, il va bien falloir que je m'occupe de ces piles de livres accumulés sur mon chevet, récupérés d'ici et là pour leurs jolis mots qui me faisaient de l'œil.
Aujourd'hui j'ai eu 19 ans et un bac de philo – d'où la temporaire mourritude de cet espace en moimoije.com. Je fais plein de listes dans ma tête, des tas de trucs que je vais faire après le bac, toujours après le bac. Dans cette liste, il y a entre (plein d')autres, s'occuper d'ici.
En discutant avec mes aînés, j'ai eu l'impression que le bac, ça semble être un truc gigantesque qui va s'abattre sur vous, avant. Et que quand on l'a, c'est comme un misérable petit point noir sur le fil de notre existence. Pourtant, sans ce petit point, ça va pas du tout.
Sur ces belles paroles... !
Il y avait toujours eu ce pressentiment du déchirement qu'auraient provoqué les épines inavouées si, par mégarde, elles s'étaient échappées de leur éclipse pour se confronter à la conscience. Par peur d'être submergée par une telle oppression, avant, les mots n'étaient tout simplement jamais posés ou dits. Ce n'était pas parce qu'ils manquaient, mais parce que le vif qu'ils effleurent aujourd'hui n'avait été extirpé du mortier où j'ai encore la faiblesse de jeter ce qu'il m'est trop pénible de laisser poindre. (Mais, moins.)
Et puis, la fameuse petite perle de trop et, puisque la fragilité siégeait déjà, l'effet papillon qui s'en suivit. De là, tant de choses ont affleuré et il n'était plus question de s'en affranchir – de leur écho, tout du moins. Il fallait... Il y avait ce besoin latent d'aller puiser tout au fond de ces déploiements. Ce besoin de comprendre pourquoi ce dégoût, pourquoi ces manies auto-destructrices. Et les autres.
Tout à coup, comme si au sein du cœur, débordant, les mots s'étaient trouvés, poussés par cette soif – détourer, approcher, puis délier chaque nœud ; s'immiscer dans chaque interstice et creuser, toujours plus. Cette quête semblait essentielle (pour l'entendement, la lucidité et l'apaisement, enfin), mais jamais elle n'aurait dû être si précipitée. Tout aurait dû se développer progressivement, sans cette foutue tendance à l'épanchement excessif et irréfléchi, n'importe où, n'importe quand, à n'importe qui, par n'importe quel moyen. Je m'en veux tellement, là encore, pour les conséquences que ça a eu. Je le savais, pourtant, et même dès l'instant où j'ouvrais la bouche ; je le savais – que tout cela était factice, que cela me ferait mal, inévitablement et que j'alimentais sans fin ma culpabilité. Jusqu'à ce que (...). Quelque chose – et c'était trop.
D'un côté, le mutisme soutenu par le poids d'une menace sous-jacente – et le regret de s'être tue trop souvent ; de l'autre, le déferlement,
la déraison – et le remord d'avoir trop, et mal dit.
Et puis, il y a eu les ellipses, l'allégorique, les non-dits... Et puis, quelque part, l'art sans doute.
admise. :)
#ils avaient des tas de théories, des théories sur tout, comme ont les jeunes. Pour expliquer leur sentiment d'insatisfaction ; de ne pas connaître les gens ; de, écrit par Kim.Dans le document 3 de la phase d'interprétation, trois lettres familières m'ont frappée.
Ici, sous vos yeux, il y a tant de moi que je glisse à la dérobée. J'ai beau prendre soin d'enrober mes mots de papier de soie afin qu'ils paraissent plus doux, il y a quelque chose d'immense derrière ce masque. Je les distille de leurs épices et n'en laisse qu'une chair à vif mais dont la matière reste insondable, libre d'interprétations diverses – au mieux, tout du moins, car c'est ce à quoi j'ai l'impression de m'efforcer, sans y méditer, sans élaboration ; en fait, si je le fais, c'est que je ne sais simplement pas faire autrement, de sorte que je ne saurais pointer avec certitude où je l'ai fait, c'est juste comme ça. Je suis incapable d'exposer la réalité nettement – pas même (surtout pas) à moi. J'ai dû faire en sorte qu'ils glissent, ces mots, petites larmes roulant le long des fibres d'un satin de soie.
Je me sens protégée par le voile des mots choisis bien que d'expérience, je sache au fond de moi que certains yeux le (me) transperceront sans peine, souvent aiguillés par une sorte d'empathie, sans doute celle d'un vécu similaire – et non pas semblable car je parle des émotions, non pas des faits en eux-mêmes, puisque même si nos parcours sont différents, si nous nous reconnaissons, c'est que les altérations provoquées dans nos cœurs ont conduit aux mêmes torsions angoissées, à ces mêmes interrogations qui rongent – c'est de cette ressemblance que je parle.
Peut-être suis-je en quête de ces yeux-là ? Comme le besoin d'un regard bienveillant qui devine et comprend profondément les choses, ne s'arrêtant pas à leurs formes inertes, à leurs expressions verbales maladroites. Et cependant je redoute sans cesse d'être mise à nue. Cette impudeur m'effraie et me gêne souvent ; pourtant, écrivant ces mots ici, c'est exactement ce que je provoque.
Des larmes comme celles-là, il y avait longtemps que je n'en avais goûtées.
It's weird, depuis l'enfance je ne peux m'empêcher de projeter certains moments dans des dimensions démesurées, presque emphatiques. J'imagine nos émotions décuplées, un spectacle grandiose qui n'est donné pour personne : il y a ce décor, puis nous ; nous et nos cœurs écorchés, nos émotions sanguinolentes. C'est une représentation unique, donnée pour que les acteurs impromptus que nous sommes se sentent emprunts de cette unicité et qu'ils incarnent leurs rôles jusqu'à la chair. Pour que, par l'exception, la peur soit annihilée et qu'ainsi, il ne nous reste qu'à se donner jusqu'au bout, sans penser aux risques, sans s'imaginer les conséquences, le désastre.
Ce que je peux me fiche du regard des passants dans ces instants-là. Tout ce qui compte, c'est ce qui est en train de s'accomplir, c'est la scène de notre vie que nous jouons – que nous mettons en jeu. Et c'en est un des plus dangereux, car l'ivresse de la profusion brouille les sens et la raison, et nous n'avons plus conscience de rien. Nous ne sommes plus là, toi et moi, les pieds sur terre – je te l'ai dit, c'est une autre dimension, les proportions ne sont plus les mêmes. À cette échelle, la violence des mots que nous usons nous paraît anodine et nécessaire. Pourtant, ces mots-là seront ceux que l'on ressassera pour se faire mal, laissant un goût amer (celui du regret) dans nos cœurs. On s'en arracherait les cheveux. Si l'on savait.
Nous sommes entrés sans peine dans ces rôles, ils étaient faits sur-mesure, ou peut-être étaient-ce nous, qui étions faits pour eux ? Propulsés par l'ardeur de nos sentiments (car il fallait se battre, coûte que coûte, il fallait avancer, et la rage était notre seul recours sous la menace de l'enlisement), c'était simple et indolore. Mais lorsqu'enfin, les fardeaux ont été déversés, qu'il ne reste plus une miette à sauver et que l'épuisement nous gagne, il faut bien redescendre, l'ivresse ne dure pas. Il faut bien retourner à nos places et dans le temps, perdre notre invulnérabilité, et tout à coup c'est la peur qui revient. Elle se jette à nos gorges et nos consciences, armée des éclats que nous avons causés.
L'avons-nous vraiment fait ? Regarde, tout autour ; il n'y a que les débris de nos vies qui s'étalent devant nos yeux. Comment n'en avons-nous pas eu conscience ? Et là, je saigne...
Voilà l'idée:
Pour la tête. J'ai représenté un fil, emmêlé,
parfois rompu puis reprisé par quelques nuds maladroits. Le long
du fil sont déposées des images. Elles n'ont pas été
mises là par hasard (ou si peu), ce sont des instants volés que
j'ai pris de cet été, d'hier matin ou d'il y a deux ans. Ces images
sont des monceaux de vie qui suspendent au fil celui de mes pensées.
Pour le cur, j'ai pensé à un livre ouvert I'm an open book.
Pas n'importe quel livre, bien sûr je n'ai pas encore déterminé
lequel. Antigone, peut-être? Il était le premier. Le premier
dans le temps est immuable.
Pour les mains, primordiales, l'une d'entre elles s'intéressera d'abord
au toucher. Le concept est encore moins précisé. Il y aura peut-être
une sorte de dessin analytique, un objet plus ou moins quelconque (infantile ?),
et recouvert d'empreintes digitales.
Je savais que formuler ces images-idées qui vagabondent dans mon esprit
m'aiderait à y voir un peu plus clair. Mais je ne pensais pas que la clareté
et le recul amplifieraient le doute. [...] En fait, tout ça est peut-être
un peu trop conceptuel.
Sinon, La beauté du désordre, ça vous évoque
quoi ? C'était un beau sujet.
D'habitude, ce genre de choses n'arrive que dans les livres ou sur les écrans.
Et ce ne sont pas ces passages où l'on se dit que «ah, oui, moi aussi...», mais
plutôt ceux que l'on trouverait à la fois forts et fabuleux. Pourtant, c'était
exactement ça et ça m'arrachait le cœur.
J'avais besoin d'écrire, c'est comme si c'était devenu une habitude à part entière,
de celles qui deviennent essentielles à l'existence, car sans elles tu n'es plus
tout à fait toi. Elles harmonisent, unifient, attiédissent les effervescences
de tes émotions. Ce ne sont plus des habitudes: c'est toi ; cela s'est imbibé
dans ta chair et cela compte parmi tes entrailles.
J'avais besoin d'écrire et ça m'arrachait le cœur d'en être incapable.
J'avais des mots mais pas de phrases, des perles, mais pas de fil auquel m'aiguiller
; c'était latent et diffus, cela ondoyait sans cesse, ne se fixant nulle part.
Et, surtout, il y avait quelque chose à l'origine de ces ballottements, qui était
aussi responsable des afflux de larmes, de sanglots nerveux et inexpliqués. Je
voulais savoir quoi, pourquoi, comment. Je voulais que ça apparaisse devant moi,
tout du moins partiellement, mais qu'enfin ça me soit accessible. Et qu'en y posant
les yeux avec la plus grande attention, je puisse le dérouler, enfin, et comprendre.
Juste comprendre, ça m'aurait suffit. Parce que ne pas savoir, c'était forcément
détester cette fragilité omniprésente et injustement ostensible.
Je voudrais du temps qu'on
n'irait perdre pour rien au monde. Instants précieux et immortels ; ne
compter que d'heures arrêtées, suspendues, et s'y sentir graviter
au-dedans.
Je voudrais ne plus jamais dire à bout de souffle, je voudrais inspirer
fort et jusqu'au bout, m'arrêter tout à coup, avant que le décor
ne se mette à tourner. M'assoir à ce moment précis, oui,
là, entre deux mesures, pouvoir contempler, sourire et fermer les yeux,
sourire en fermant les yeux et, enfin, repartir les poumons pleins d'ivresse.
Expirer, mais n'expirer qu'en m'étant pleinement imprégnée
de ces caresses. Expirer sans amertume et sans hâte, expirer pour continuer
de vivre uniquement. Expirer pour reprendre de l'élan et approfondir davantage
chaque nouvelle inspiration.
Je voudrais la sérénité, l'accalmie des angoisses et de la
peur qui ronge, qui morcelle. Je voudrais le creux de ton épaule à
jamais, tes doigts dans mes cheveux et ta voix qui murmure, seul remède
à ma détresse. Quand tu me dis que tout va bien, tu ne mens jamais
car le seul fait d'entendre ces mots de ta bouche dissout l'essor des moindres
troubles.
Si, aux «comment vas-tu», j'évoque mon épuisement, cela
n'étonne plus personne. Si, certaines fois, je précise que la fatigue
s'explique par quelque recrudescence d'angoisse, cela ne surprend plus.
Quant à moi, je suis pourtant chaque fois surprise de constater combien
l'anxiété peut être corrosif à mes états. Ce
sont des maux, un dos qui part en miettes, le sommeil inexistant, une horloge
biologique disloquée, une humeur irritable et lunatique, des larmes aussi
fortuites qu'incontrôlées et des ecchymoses, stigmates d'une maladresse
à son comble.
Le second trimestre s'achève sur un boycott professoral du seul bac blanc
de l'année, et je glisserai d'ici peu mon dossier de candidature dans la
boîte aux lettres de l'école de mon premier choix. J'ai du mal à
évoquer mes démarches et mes doutes à ce sujet, tant mon
admission me semble chimérique.
Hier, j'ai appelé ladite école pour de plus amples informations.
Étourdie, une fois de plus, et nerveuse, je n'ai pas vu les heures passer.
On en comptait 19 et le concierge (probablement importuné en plein match
de foot), sur un ton des plus délicats, m'a fait comprendre que j'étais
folle à lier parce qu'«on n'est pas aux États-Unis ni au Canada,
mademoiselle». J'ai presque eu la larmichette et je n'ai su rétorquer
qu'un balbultiant «d'accord... merci... au revoir», avant qu'il ne
me raccroche au nez, oh oh oh!. Si cette fichue école m'accepte, j'irai
cracher sur sa tombejeter des poissons morts sur son paillasson.
Il y a mille extrémités à mon pêle-mêle, mille
composantes qui papillonnent dans cet amalgame capricieux et versatile. En bonne
pelotte de laine, je veille, sans même y penser, à ce que la surface
apparente demeure cependant inexorablement lisse et douce au toucher, soyeuse
à vos yeux. Somme toute, agréable. Complaisante. Il n'est
cependant pas question de faire table rase des démesures, et là
réside toute la subtilité de la besogne; l'usage est de les recouvrer,
de ramasser l'éparpillement exhalé et d'embrasser en soi et pour
soi les excès.
Les excès qui, à l'usure, religieusement emmitouflés et tus,
s'aiguisent et blessent. Mais, pourvu que les éclats n'écorchent
que les entrailles, là où les tressaillements peuvent encore être
asservis parfois, au début.
À défaut d'avoir toujours été incapable de gérer
au grand jour mes émotions, parce que j'ai détesté qu'elles
apparaissent immodérément aux yeux de tous, parce que cela faisait
de moi une bête curieuse et étiquetée comme telle, j'ai choisi
non, je n'ai pas choisi, je me suis résolue à apprendre à
refouler, à passer sous silence. La complaisance aura-t-elle fait de moi
une chose apathie, amorphe et vulnérable? Je pleure un peu, en écrivant
ces mots.
---
et voilà que je raconte ma vie, en
images.
Devinez qui est partie skier en oubliant malencontreusement son blouson
sur le porte-manteau? Dévalant, de fait, les pistes, avec un air de Bibendum
faute de 4 pulls dont 2 cols roulés superposés – non sans grelotter
tout de même au-delà de 2000 mètres d'altitude? Tic tac, un
indice:




Les portes ouvertes, c'était la troisième année consécutive
mais cette fois-ci, l'enjeu n'était pas seulement de s'émoustiller
les yeux: il s'agissait aussi de retirer les dossiers Candidature en classe de
MANAA session 2007. Alors, vite – trop vite –, il va falloir solliciter
chaque professeur, un à un, leur demander de bien vouloir remplir les petites
cases roses, noter de 1 à 5 mes: capacités d'analyse, de synthèse,
ma curiosité d'esprit, ma détermination, mes expressions écrite
(salu asv?) et orale, ma méthode (bordélique), mes sens critique
(tout est potentiellement beau et relativement moche) et de l'organisation (cf.
méthode).
Ensuite, sélectionner trois de mes pratiques péri ou extra-scolaires
d'expression artistique (intermitante du spectacle au Palais de Tokyo? réalisation
de prospectus pour une galerie d'art à Paris? de sites internets pour un
groupe de jazz? pour une société de repas hyperprotéinés?
d'affiches pour un stand de karting – sans s à karts?). Et
puis écrire une lettre de motivation.
Mais avant tout, hiérarchiser mes choix d'écoles, sachant que cette
rubrique ne comporte qu'un petit 1, suivi d'un petit 2, point final fermez les
guillemets. Pour ce faire, il faudra prendre en compte les témoignages
d'anciens élèves pas tout à fait objectifs, ceux d'actuels
élèves totalement subjectifs, les conseils avisés –
ou pas – du professeur d'arts plastiques du lycée, ceux d'artistes,
ou encore de très proches. Et puis faire ce qu'on appelle la part des
choses parmi cet amoncellement de données qui, en certains points m'indique
tout et son contraire (' lorsqu'une école a été placée
en second choix, elle ne regarde même pas le dossier concerné ' versus
' j'ai été pris dans l'école de mon second choix ' ou encore
' cette école t'est complètement accessible ' versus ' là-bas,
c'est l'élite '). Sans oublier un dernier élément, last but
not least et qui doit être impérativement réfléchi
sans jamais prendre en compte ses confrères: ce que je veux. Ah! ma foi,
bonne question.
Autre chose: l'épreuve facultative d'arts plastiques, pour laquelle il
faut constituer un dossier d'une dizaine de planches, d'un format demi-raisin minimum,
avec un thème, une recherche appuyée sur l'étude d'œuvres
précises, etc. Le mieux serait de l'avoir fini pour Pâcques. Je ne
me suis pas encore salie les mains à la tâche, pas même un
auriculaire. En revanche, j'ai fait travailler mes méninges, j'ai même
noirci quelques coins de pages. En fait, je crois qu'à force d'y avoir
cogité, d'avoir ordonné des idées récoltées
çà et là dans un sens, puis dans l'autre, j'ai tant peaufiné
mon 'projet', que c'est exactement cela qui inhibe mon potentiel passage à
l'acte. C'est-à-dire que je me suis forgée une idée si bien
lustrée que concrètement, il n'en demeure que l'appréhension
d'une inévitable déception. Car il est bien sûr évident
qu'en créant, ces idées, si précises soient-elles, ne me
brideront jamais. Et qu'hélas en rêve, ce que je vise se trouve toujours
atrocement au-delà de mes capacités.
J'ai eu tellement mal (...). Lorsqu'il était là, je me débattais
de toutes mes forces pour garder la tête hors de l'eau; sombrer, il n'en
était pas question. Je me l'étais interdit, ce en tout état
de cause, quelles qu'eussent été les épreuves qu'il eût
fallu supporter pour cela. Et ça n'avait rigoureusement rien d'un acte
de courage, ce n'était que pure nécessité, c'était
un devoir et plus encore : il ne pouvait simplement pas en être autrement.
Mais, dès l'instant où cette nuit-là, j'ai su que je pourrais
pleurer de toutes mes tripes et avec toute l'intensité de mon déchirement
puisqu'il ne pourrait plus l'entendre, j'ai cru mourir. C'était bien plus
qu'une absence qui m'arrachait ces larmes : j'ai ressenti la pesanteur d'un vide
sans pareille, comme une amputation irréversible, opérée
sans que j'aie pu y changer quoique ce soit et en dépit de toute ma rage.
Il me semblait que tous mes acharnements n'avaient été que pacotille,
grotesques et misérables efforts vains, ridicule foutaise, une farce, ineptie
de la lutte. Je crevais de culpabilité et de remords, d'impuissance et
d'incompréhension comment se pouvait-il que la vie ait été
aussi injuste ?
Mais ce matin, c'étaient ces larmes-là que je gommais du bout des
doigts, séchées sur mes joues. Et mon seul soulagement est d'avoir
pu écrire ces quelques verbes au passé, bien que la peur
demeure.

Si de nouveau les pages de mes cahiers maculés gondolent, c'est qu'aujourd'hui
je n'ai plus la force de contenir les larmes lorsqu'elles affleurent à
mes yeux. Autant dire que cette décharge d'angoisses consume à une
vitesse extraordinaire le peu de force dont je suis pourvue. À dire vrai,
je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà ressenti ça auparavant:
à mes angoisses, à ma perpétuelle oppression s'ajoute une
incertitude dévastatrice. J'ai beau tenter de me convaincre par tous les
moyens que tout finira par s'arranger, le fait d'errer parmi les limbes,
de n'avoir strictement aucun recours tangible sur lequel je puisse me reposer,
annihile l'effet de tout effort de persuasion. Et pourtant, j'y crois. Au fond
de moi, j'ai la conviction qu'on (qu'Il) s'en sortira, que la vie ne peut pas
être aussi injuste... Alors il faut tenir, et je tiendrai, coûte
que coûte et quoiqu'il advienne l'enjeu n'est pas là. Ce qu'il
y a, c'est qu'aujourd'hui, il faut savoir quoi faire en ayant pour une fois la
force de passer sous silence la petite voix qui, dans chaque instant hurle au
dedans Tu n'es vraiment pas à la hauteur. De celle-ci, j'essaie d'ignorer
chaque réprobation car ce n'est plus de ma tête qu'il s'agit
et je n'ai plus le droit d'être aussi lâche ni, comme à l'accoutumée,
de trouver refuge dans mes idées morbides.
Mais avant tout, il faut qu'Il tienne, lui aussi... Il le fera (je
t'en prie).
(et, après relecture, on admettra la maladresse de l'écriture sur
le compte de l'épuisement.)
Je découvre l'incroyable capacité contenante de mes sinus paranasaux
et je ne sirote plus un verre d'eau sans y avoir dissous un demi gramme d'aspirine,
parfois couplé à ces pilules qui réduisent mes influx nerveux,
parce que moi yana être d'un naturel très nerveux oh oui, sapristi!,
et que ladite nervosité culmine à des extrema que ma petite tête
et mon petit corps ne s u p p o r t e n t p l u s. Et lorsque j'ouvre
la bouche j'entends Vincent Delerm, ça fait bien rire mes petites sœurs
– moi aussi au début, maintenant moins.
Et puis j'ai peur peur PEUR pour lui, tous les jours et même la nuit, j'en
fais des cauchemars vraiment trop étranges et sûrement très
riches. D'ailleurs en ce moment – sûrement le fruit de cette recrudescence
d'anxiété – je ne peux pas m'empêcher d'essayer de tout
décortier. Les moindres faits et gestes (les miens, en fait), comme si
des vérités inavouées, inconscientes, que sais-je encore,
s'y terraient furtivement, silencieusement. Et que pour moi, puisque trop paumée
en ce moment, trop démunie, dépourvue de toute accroche à
quelque repère stable ou tout au moins stabilisant, découvrir l'une
de ces vérités serait une sorte de soulagement. Ou, si ce n'en est
un, un palliatif, même éphémère. Mais la vérité,
c'est qu'à force d'épluchage aussi absurde qu'inutile, je me noie
parmi ces choses minutieusement mises en lambeaux, évidées de leur
sens.

Pis qu'une môme, j'ai régulièrement l'amère sensation
que mes bêtises d'aujourd'hui ont comme un arrière-goût de
déjà-vu (de deï-jah-voo, dirait beyoncé*).
Comme si je n'avais su tirer aucun profit de mes «étourderies»,
parfois lourdes, d'autrefois, je ne suis bonne qu'à réitérer
les mêmes erreurs et, le plus souvent, la réplique est pire encore
que son modèle.
En réalité, ça ne peut être que pire, ça
ne peut qu'avoir plus d'impact dans la mesure où ce n'est, en somme, qu'une
seule et même épine enlisée dans ma chair, et dont le stigmate
est à chaque fois plus approfondi. Léthargie de l'assimilation,
de l'expérience elle-même! Ça m'exaspère je
m'exaspère, moi qui prétends couver une soif insatiable d'apprendre
encore, toujours et qui suis pourtant, de toute évidence incapable d'intégrer
des choses les plus simples, des leçons d'enfant.
Et même en ayant conscience de ce défaut, jamais le leitmotiv ne
s'altère d'une seule note: aussi bien dans les moindres situations que
dans celles qui pourraient avoir d'irrévocables conséquences, lorsque
l'interstice de la bévue se présentera, aveuglée par je ne
sais quoi, j'y sauterai et à pieds joints, si je le pouvais.
Ce qui est sûr, c'est que 2006 fut riche. Il y a eu plein, plein de choses,
de découvertes, de déceptions, d'espoirs, d'espoirs vains, perdus,
caressés, désespérés ou déchus, de regrets,
inédits, entretenus, et d'autres apaisés, peut-être; et peu
de rencontres finalement, mais des liens, inexorablement approfondis, amplifiés,
attisés, voire transcendés, tandis que d'autres furent aussi désabusés,
étiolés par la macule de l'amertume.
J'aurais pu m'appliquer au pieux remplissage de l'un de ces questionnaires qui
prolifèrent ci et là: en bonne brebis, je m'y suis même passablement
essayée. Cependant mes réponses, lorsqu'il y en eut, étaient
confuses et incertaines; à dire vrai, je demeurais incapable de répondre
à la plupart des questions, trop sélectives pour que je puisse déverser
dans chaque case le fruit d'une réflexion stratégiquement ciblée.
Je ne peux pas dire ce que j'ai fait d'original et sans précédent
en 2006, ni même affirmer avec certitude que j'aie effectué quelque
chose de ce rang-là. Je ne peux pas énoncer machinalement quelques
dates choisies et chargées de sens qui auraient pu et/ou dû marquer
le cours cette année; non pas qu'il ne soit rien arrivé d'exceptionnel
(non, non, vraiment pas), mais le fait est que je serais incapable de resituer
les évènements d'une manière ordonnée. Je pourrais
dire quelles ont été les émotions que j'ai ressenties, décrire
le plus justement possible leur intensité, tenter d'expliquer leurs origines
et singularités respectives. Mais les choses, en elles-mêmes, m'échappent
totalement. Tout est, comme à son habitude, emmêlé et diffus
– mais ce n'est pas ça l'important.
Alors, à l'accoutumée question Comment pourriez-vous résumer 2006
?, ma réponse serait Pas; je ne le pourrais définitivement pas.
Car 2006 ne fait «que» s'incrire dans le prolongement des années
qui précédèrent, et je ne saurais l'en détacher, pas même
ponctuellement – cela n'aurait d'ailleurs, pour moi, aucun sens.
C'est que dès l'instant où tu deviens cet être singulier,
celui à qui j'ose montrer ce qu'il y a de plus profond – et, par cela
même, de plus déchirant –, je ne sais plus qu'être
devant toi. Car sous tes yeux, le fard de mon paraître s'estompe
comme une traînée de poussière, et malgré moi révèle
des traits authentiques. Je veux parler de ces expressions marquées de
langueur, dépouillées de leurs déguisements coutumiers. Ainsi
mise à nue, c'est de mes forteresses que tu me démunis et je ne
peux qu'essayer de freiner cette débâcle à laquelle je ne
me sentirai jamais prête. Car ce sont des émotions à vif que
tu décèles derrière ces cloisons, c'est ce qui est latent
et qui bouillonne; ce sont ces émotions languissantes qui prospèrent
tandis que je les tais.
--
J'ai eu la chance de voir et d'entendre – surtout – Le
Chevalier à la Rose, opéra de Richard Strauss. Je crois
qu'ici le sens des expressions « une expérience unique »
ou encore « riche en émotions » est à son paroxysme.
J'avais juste du mal à réaliser que les morceaux que j'écoutais
étaient réellement produits par l'orchestre qui s'animait sous mes
yeux et ce à l'instant même où ils arrivaient à mes
oreilles... En tout, 4 heures de spectacle: lorsqu'à mon arrivée
j'ai lu ça sur le programme, je n'aurais pu m'imaginer qu'elles seraient
si courtes.
--
Récemment, il y a aussi eu:
Ceci, notamment
suite à quoi le professeur m'a fait remplir un formulaire inscriptionauconcoursgénéraldephilosophiesession2007-outch
;
Et puis le faisage de cadeaux qui, cette année, comprenait (entre autres)
barbouillage de porcelaine
pour grands-parents & gribouillage
d'un carnet de recettes pour maman, ce par les six petites mains de mes deux
petites surs et moi-même. Ça, c'était chouette.
En vous souhaitant de joyeuses fêtes.
la violence de ce que je m'efforçais de contenir était telle que
mon corps tout entier trésaillait, crispé par la douleur. j'ai senti
les suffocations s'intensifier et puis j'étais si faible, j'étais
trop faible pour affronter ça. je me suis misérablement recroquevillée,
tentant d'étouffer dans mes draps déjà trempés ces
foutus cris que je n'avais plus la force de réprimer. je ne voulais pas
que tu saches, que tu assistes à ça. il y a un tel fossé
entre ce que je veux bien avouer de ces moments-là, entre les vestiges épars
qu'on en lit sur mon visage des lendemains et ce qu'ils sont réellement.
lama monstruosité est passée sous silence, la violence
ne se sait pas. j'ai gémi, j'ai caché cet horrible visage entre
mes mains glacées, j'ai ressenti une telle haine, une telle rage contre
moi et tant de peine aussi; je me suis détestée, plus que jamais,
il y avait ma chair qui s'enfonçait sous mes ongles et j'aurais voulu crever
mes yeux aussi, pour ne jamais voir les tiens posés sur l'immondice que
j'étaise suis.
Puisqu'il faut bien, parfois, remettre les pieds sur terre. Les mois cavalent
et je sens mes angoisses primitives s'intensifier tandis que d'autres accourent,
naturellement.
Je caressais l'espoir candide d'avoir comme une longueur d'avance et c'était
si rassurant pour moi de pouvoir dire, avant tout le monde – ou presque :
je veux faire ça. Et puis bien sûr, en fin de compte, ça ne
pouvait pas être aussi simple.
Alors, peu à peu, ces familières interrogations articulées
d'« Et si » émergent et s'amoncèlent. Je ne cesse de
remettre en question mon ' potentiel ' si tant est qu'il y en ait un – et
si ce ne sont mes envies elles-même.
Sans aucun doute, un syndrome commun à la majeure partie de la population
lycéenne à l'approche du bac... Le fait est que ce choix m'apparaissait
comme une évidence, étant tout simplement incapable de concevoir
mon avenir proche autrement que dans cet univers. Cependant, bien que cela n'ait
pas changé, je cherche aussi, aujourd'hui, à m'imaginer ce qui viendra
plus tard encore, à vainement chercher des réponses possibles à
« Et après ? ». Et c'est là, précisément,
que les illusions se désagrègent soudain. Faire une école
d'arts appliqués : oui, d'accord, mais ensuite ? Et, [déjà,]
encore faut-il que l'on veuille bien de toi là-bas – pour ne pas dire
que tu y aies ta place. Car, tu le sais bien, ils ne prendront pas n'importe
qui.
Finalement, c'est la même soupe grumeleuse que je ressasse sans arrêt.
Alors on peut dire que j'ai retourné la question dans tous les sens. Pourtant,
j'ai l'impression que les éventuelles réponses ne font que s'éloigner
de moi à mesure que le temps passe, à mesure que j'aie besoin
d'elles.

Écouter Léo-chante-Baudelaire au réveil, ce n'était
peut-être pas ma plus brillante idée pour commencer la journée.
(du bon pied, entends-je)
Ce qui m'apaise,
c'est qu'enfin, je parvienne à m'octroyer quelques rares moments – si prompts,
et si fragiles soient-ils – sans être écrasée par le poids
de la honte qui colle à ma peau ;
c'est de pouvoir constater et me dire, sans mentir, qu'à certains niveaux
j'ai quand même fait du chemin ;
c'est qu'elles soient là, que l'on parle en années maintenant, et
de pouvoir affirmer sans niaiserie quelconque : « et pour longtemps, encore » ;
c'est que cette fois-ci, il n'y ait plus d'interrogations, ni d'appréhensions
malsaines – c'est goûter au sentiment d'une certaine quiétude légitime
;
c'est qu'en voyant les luminaires se mettre en place, je ne détourne pas
les yeux avec angoisse ;
c'est aussi (mais simplement) d'avoir des esquisses d'idées relativement
précises sur le dossier d'arts plastiques ;
c'est enfin d'avoir, hier, foulé du bout du pied les galets du port de
Dieppe sous l'immensité du coucher de soleil ;
ce sont les vagues qui venaient s'affaler sur les parois du phare, si puissamment
que certaines remontaient jusqu'à nous. nous qui pourtant, depuis la rembarde du pont,
élevés des mètres au-dessus de la mer, nous
sentions naïvement à l'abri ;
c'est d'avoir fait deux heures de route avec papa, sans savoir où nous
allions, et surtout sans savoir ce qui nous y attendait ;
c'est d'être finalement arrivés dans ce nulle part isolé de
tout, où des musiciens partageaient leur passion sans compter les heures
;
c'est d'avoir partagé cette improbable journée avec lui, avec eux,
et le fait que, jusqu'à la dernière minute, elle fut totalement impromptue.
il y a des instants, de minuscules instants dont ma tête fait perdurer l'image
indéfiniement. malgré les secondes qui, une à une, approfondissent
le fossé qui se creuse entre ce mirage et le moment éthéré
(ce fossé, que l'on pourrait, je crois, appeler réalité).
à partir d'un léger flottement, j'imagine la continuation sublimée
que j'aurais pu leur donner si j'en avais eu les capacités, si je n'avais
pas été lâche, si j'avais pour une fois renoncé à
ma carapassivité. je deviens spectatrice : le film que je regarde et que
j'envie, c'est celui de mes heures – mais je n'en fais pas partie.
et la personne qui se meut pour moi tient tellement mieux son/mon rôle,
semble tellement plus à sa/ma place que je ne le suis, si bien que sa spontanéité
crève l'écran. ses gestes, ses décisions sont exempts de
toute maladresse, ses mots de toute ma bêtise. elle a l'air d'avoir été
faite pour s'introduire à cet endroit précis ; mieux encore : comme
une robe faite sur mesure, le rôle lui-même avait dû être
conçu pour elle, seulement elle, personne d'autre – et certainement pas
moi.
Tu me réclames la vraie vérité et je te réponds
que, de toutes façons, je ne sais pas dire autre chose. Et tu me
parles de ma vraie fausse vérité, ma vérité
atténuée. Ma façon de ne parler qu'à demi-mots seulement
: toutes les images, les euphémismes sans lesquels je ne sais plus m'exprimer.
Puisque m'exprimer consiste, souvent, à dire les choses sans en
prononcer les termes exacts. Tergiversation : il faudra que tu creuses un peu,
voire beaucoup, si tu le peux, pour tenter de démêler ce que j'ai
volontairement – ou pas – obscurci, assombri afin de le rendre plus discret.
Et ce qu'il y a, avec toi, c'est que justement, mieux que quiconque – ou presque
–, tu creuseras au fond des choses par toi-même. Tu feras cet effort, tu
ne me demanderas pas de formuler les mots les plus vrais, ceux qu'une personne
normale attendrait, mais qui sont aussi – et tu le sais – les plus déchirants
pour moi. Ou bien, si je ne parviens à délivrer suffisamment d'éléments
pour que tu puisses approfondir, tu reprendras de ton mieux mes propres détours
autour desquels nous broderons. Et nos conversations atténuées n'auront
de sens que pour nous, à base d'images de plus en plus sinueuses, de louvoiements
de plus en plus corsés. Et je n'aurais plus peur. Non, ma peur disparaîtra.
Le fait d'avoir pu l'écrire a permis d'y voir un peu plus clair –
et cela ne m'étonne pas vraiment. Ou disons que l'écriture, si confuse
et maladroite fut-elle, a rendu discernables certaines idées mouvantes,
détourant les prémisses d'une éventuelle réflexion.
En fait, les productions, les objectivations, seraient trop imprégnées
de moi pour que je puisse les considérer avec détachement.
Et je me suis dit que ce pourrait bien être ça qui condamnait tout
aboutissement... Parce que voir se déployer devant mes yeux ces choses,
comme des stigmates de ce que je suis – voire de ce que je ne suis et/ou
ne peux pas être ? – est trop pénible. Ce sont des miroirs!
Chaque production se trouvant être inexorablement empreinte d'un certain
reflet, un reflet déplaisant... Et pour me distancer de toute création,
je suis allée jusqu'à trouver des feintes, tellement ridicules.
Être incapable de se munir d'une plume et d'un papier pour voir s'y profiler
mon écriture, faite de mes mots, arabesques de lettres et
idées. Alors recourir à la dactylographie, la solution de facilité,
et se défaire ainsi des images qui se rapportent à ma personne:
apparaîssent alors des lettres quelconques, un Times New Roman anonyme pour
ne maintenir que le fond, les idées.
Toutes ces idées qui chancèlent dans ma caboche, ça y met
un foutoir formidable. C'est presque, sûrement pire que d'être indécise
ou désorientée: il n'y a là-dedans aucune orientation qui
soit tangible et avec l'impression que, de toutes parts, ça ne peut que
s'affaler dans du vide.
Je suis incapable de faire quoique ce soit parce que toute forme de matérialisation
ou de... d'objectivation de ce qu'il y a à l'intérieur, ça
me fout une trouille effroyable. La feuille, par exemple. Voir – ou même,
ne serait-ce qu'imaginer ! – ces mots – mes mots – s'y étaler
mollement, ça me rebute. Comme si, je sais pas, je n'étais
pas à la hauteur ? Et c'est juste... frustrant. Parce qu'au-delà
de ça, il y a bien des choses que j'aimerais exprimer... extérioriser...
exorciser. Et ça ne se produit pas uniquement dans ce qu'ils appelleraient
«mon monde», car même dans un certain contexte scolaire, une
dissertation de philosophie “le progrès de la culture conduit-il logiquement
à une vision pessimiste du monde?”. Ah! ben oui, bien sûr...
Mais non.
Enfin, sinon, j'ai quand même réussi à faire ça, la
version, et complètement: crayonner, scanner, photoshoper, agencer, je
n'ai rien pris d'ailleurs.
L'autre jour – mais ça commence à dater –, elle m'a parlé
un peu après m'avoir trouvée toute tremblotante. Et je me suis sentie
si minuscule, parce qu'elle savait tout ce que je n'avais pas su lui dire.
Ces choses que j'avais écrites – et que j'écris encore –,
si souvent. Et là, ma carapace s'est sacrément fissurée:
j'ai eu l'impression de n'être qu'une coquille, vide et insipide. Et d'être
transparente, aussi, que tous mes efforts de camouflage étaient absurdes
et, surtout, stériles.
Même si les réminiscences de ces derniers automnes ont souvent d'âcres effluves,
cette saison est comme douée d'un quelque chose chaleureux, et dont ses semblables
sont dépourvues.
il y a ces larmes latentes et ça
palpite, en-dedans.
l'impression d'être usée,
Depuis cet été, on fait quelques travaux dans la maison et les petits
doigts de chacun sont mis à contribution.
Au temps jadis, l'entrée du foyer arborait en sa façade une plaque
de contre-plaqué. Un jour, tandis qu'une joute opposait mon frère
Louis et quelque pubère camarade, l'un des antagonistes – dont l'Histoire
a toujours tu le nom –, se trouva soudainement propulsé devers notre susnommée
plaque. Prise au dépourvu, icelle ne put esquiver le coup, et de fait,
l'adolescent s'y affaissa de tout son être. La rudesse du heurt fut telle
que la plaque, anéantie, y succomba.
Tout ça pour dire que depuis lors, une plaque de contre-plaqué trouée
accueillait nos hôtes jusqu'il y a quelques jours, car nous y avons remédié.
Par des rubans miroités qui, du sol au plafond, longent sinueusement les
murs vert d'eau. Et la lumière de la véranda s'y reflète
de part et d'autre du couloir, selon l'inclinaison des rayons. Ailleurs, il y
a eu d'autres miroirs, des carrés de mosaïque irisée, et puis
du blanc sur les murs jaunis par le temps. Pour tout ça, Elle me,
Elle nous (!) demande notre avis, requiet nos conseils et notre aide, surtout.
Et c'est bête, mais cette chose toute simple me fait foutrement plaisir
et je crois que lorsque l'on discute de ces nombreux projets (car il semblerait
– tout du moins je l'espère – que ce n'est qu'un début),
je m'enthousiasme peut-être un peu trop, inconsciemment, juste pour pouvoir
prolonger ce contact et cet élan – car pour moi, vraiment,
c'en est un.
J'ai commencé à écrire et très vite, je me suis aperçue
que j'aurais pu ne pas m'arrêter. Ce n'était pas réfléchi,
ni prémédité : j'avais l'impression de découvrir mes
propres mots au moment où, un à un, ils s'inscrivaient d'eux-mêmes
devant mes yeux. Et ces phrases alignées n'avaient pour la plupart aucune
cohérence. Des perles, fugitives, fragiles, lacuneuses et dépareillées,
butinées çà et là, pour être négligemment
enfilées le long du fil de tes pensées encombrées.
C'était ça, et rien d'autre, ce qui s'affichait devant moi. Comme
si ça s'était amoncelé peu à peu, sans qu'on ne se
doute de rien ou bien tandis que l'on occultait plus ou moins le tout.
Et que, tout à coup, c'en était trop. Surabondance, le déferlement
mû par une très légère impulsion, simple et fugace
désir ou besoin ? de se décharger de quelques idées
vagabondes qui taraudaient l'esprit juste là, en cet instant si prompt.
Ces chères idées qui ah, douce ritournelle !
sont sans nul doute la cause du soudain renouveau de nos céphalées
par l'oppression qu'elles provoquent, comme un étau dont mon crâne
sent le joug se resserrer un peu plus à chaque crecendo d'adrénaline.
Ce n'était pas réfléchi du tout, c'était un exorcisme,
mais le démon est toujours là.
Les vacances ont filé à une allure folle et jeudi, ils affichaient
les listes des classes au lycée. La simple idée d'y remettre les
pieds m'a noué l'estomac. Peur de retrouver cet espace et l'atmosphère
qui y réside, sans trop pouvoir définir laquelle. Juste savoir y
être mal à l'aise – c'est un euphémisme.
J'ai fini par y aller, au bout d'une heure de tâtonnements ; je m'attendais
à retrouver des noms qui m'étaient devenus familiers à côté
du mien – c'était du moins ce qu'ils avaient l'habitude de faire chaque
année, de la première à la terminale. Mais pas cette fois.
Cette année, innovons ! Cette année, cassons les classes et regroupons
les élèves selon leurs options. Et il se trouve qu'en juin dernier
j'ai coché la case « Arts Plastiques ». J'ai donc retrouvé
les noms familiers, mais le mien n'en faisait plus partie. Il fallait regarder
un peu plus loin, sur une autre page, dans une autre classe, avec d'autres noms,
tous plus inconnus les uns que les autres. Ça n'a rien de dramatique, bien
sûr. C'est juste décevant. Dérouant aussi – surtout –,
parce que l'appréhension quant à cette fameuse rentrée s'est
soudainement décuplée. C'est dur, pour l'handicapé social
de s'établir des semblants de repères au sein d'une communauté.
C'est encore plus dur lorsque cesdits embryons de repères sont inopinément
balayés... Tout recommencer ? Toutes les angoisses, une fois de plus ?
L'impression d'une chute. Chute intemporelle. Chute infinie et douloureuse, chute
infiniment douloureuse et qui ravage tout. Tout se brise, tout s'émiette
peu à peu, si bien que tu te perds dans tes propres lambeaux. Tu t'y emmêles,
tes débris colmatent les quelques issues ébréchées
vers lesquelles tu t'efforces d'avancer – ou pas. Tout s'affaisse en dedans.
Tu t'écroules de l'intérieur, tu t'écroules sur toi-même.
Tu t'écroules par toi-même : nul n'a déclenché ce mouvement,
tu es la seule à l'avoir impulsé comme tu es la seule à le
subir. Tu t'écrases sous le poids de ta propre pesanteur. Il suffirait
d'un mot pour suspendre ça mais tu ne peux pas t'empêcher de te tordre
et de reculer. Reculer parce que tu ne sais faire que ça, tu n'as jamais
agi autrement. Et altérer le mécanisme, c'est prendre des risques,
compromettre le familier pour tendre vers l'incertain. Alors si tu crains tant
l'incertain, c'est que tu te résignes à croupir là, confortablement,
juste ici, parmi tes décombres.
(ce n'est pas ça.)
Et j'ai enfin mis à jour les 20 questions & photographic answers,
ici-même.
je suis rentrée, pas très bronzée mais on dira que les couleurs,
je ne les ai pas prises sur moi, mais en images&dans la tête, un peu.
on a passé deux semaines à opio (alpes-maritimes), puis quelques
jours à samoëns (haute-savoie). j'essaie de faire quelques montages
vidéos et j'ai commencé un
diaporama. j'ai grabouillé pas mal de pages, aussi. alors, fait néante
que je suis, je vais me contenter d'en recopier quelques unes ici. mais comme
y'en a beaucoup, on va faire ça par à-coups si tu veux bien, dans
un ordre approximant (oui.) la chronologie parce que j'ai la sale habitude de
ne pas dater ce que j'écris et, de surcroît, d'écrire sur la première
page vierge trouvée. premier jet.
Je lui donne tant de raisons de n'éprouver que du mépris, de parachever
son dépit. Sève de la déception. Et, la gorge nouée
par les sanglots qui affluent, je murmure ces mots encore vacillants J'aimerais, avant
tout, qu'elle soit fière Je sais que je ne pourrais pas être fière
de moi-même sans qu'elle ne le soit. Comment peux-tu prétendre à
de telles ambitions en t'en donnant si peu les moyens, si ce n'est pis encore :
en n'ayant cesse d'agir dans le sens contraire.
Peut-on atteindre l'inaccessible ? Et si je lui courrais après, depuis
tout ce temps, en vain. Je ne sais pas me résoudre à changer d'itinéraire,
à prendre, choisir, décider du mien par exemple. Et si je ne sais
pas où aller ? Et si, là où j'allais, elle (ils) n'y était
(étaient) plus ? À quoi bon lutter dans cette voie-là si
c'est pour y demeurer seul, astiquant son petit orgueil. Mais puisqu'on te dit que tout ce que tu as à
faire, c'est d'être heu.reuse. Que cette chose simple, fugace, fragile,
suffirait pour des sourires. Le tiens d'abord, le reste ensuite. C'est promis
?
19h32. C'est grand, je suis presque à l'heure. En déclenchant l'ouverture de la porte, Monsieur A. a d'emblée précisé par l'interphone qu'il avait du retard sur ses rendez-vous. J'entre dans l'immeuble et, fainéante qui se respecte, appelle l'ascenceur, demande le premier étage. Pourquoi il y a-t-il toujours des miroirs dans les ascenceurs ? Avec mon kit frange qui rebique et poches bleuâtres qui soulignent mes yeux battus, je fais pour ainsi dire peur à voir. La faute à ces nuits perturbées qui, les jours de fête, m'accordent tout au plus dans un excès de bonté cinq heures de répit. Il a du retard sur ses rendez-vous. Tant mieux, ça me permettra de lire un peu Boulgakov. Il y a quatre fauteuils dans la salle d'attente mais généralement, pour ce genre de rendez-vous, le docteur se débrouille pour qu'on y soit toujours seul. Souvent, mon ineffable esprit tordu m'amène à me demander si le fait de choisir tel ou tel fauteuil est remarqué par le psychiatre quand il vient appeler le patient suivant. Et si ce choix peut lui permettre de déduire certains caractères sous-jacents. Mais c'est mon ineffable esprit tordu qui me fait me dire ça, et si je change inconsciemment de fauteuil à chaque séance, c'est sans aucun rapport. Il y a un grand placard. Dans ce grand placard il y a une radio qui, inexorablement diffuse TSF, la radio Jazz 24 heures sur 24. Chet Baker chante My Funny Valentine. Sa voix douce et fragile. Sa voix résonne dans ma tête. My funny valentine Sweet comic valentine You make me smile with my heart. Impossible de fixer ma concentration dans les lignes du Maître et Marguerite, je relis les phrases machinalement sans qu'elles ne m'atteignent. Ce n'est pas que le livre soit mauvais ou le passage dénué d'intêret. Ce sont juste ces vilaines larmes douceâtres qui gagnent progressivement mes yeux. Ce n'est pas que le livre soit triste. C'est juste moi, qui ai tendance à pleurer pour tout et n'importe quoi depuis quelques temps. Stay little valentine stay Each day is Valentine's Day.
#Don't change a hair for me Not if you care for me, écrit par Kim.À 11 jours de l'oral, le seul fait de compter ces jours qui défilent
trop vite accroît mon inquiètude. Je m'étais naïvement
préparé un programme de révisions intensives : “ Bon allez,
une fois l'écrit passé, tu révises deux textes par jour à
fond les bananes. ” J'arrivais presque à penser que d'une part j'allais
m'y tenir et qu'en cela je pouvais croire les pronostics de ma prof et viser le
14. Quelle idée saugrenue et quelle touchante candeur, pleine de bonne
volonté !
Et je me lamente, je me culpabilise, me répétant sans cesse que
je suis vraiment trop stupide et pitoyable. Malgré ça, je ne m'y suis
toujours pas mise. Je sais que je suis loin, très loin d'être la
seule dans cette situation mais ce genre de petite compensation ne me rassure
absolument pas.
Et j'en entends d'autres, dont bon nombre sont ceux qui peinaient à avoir
la moyenne cette année en français, ceux-là signifient depuis
déjà plusieurs jours combien ils s'investissent dans leurs révisions,
on me demande même mes cours !
Je sais pourtant que réviser son oral de français ne représente
pas un travail considérable. Ce n'est – presque – que du par
cœur, mais justement, le par cœur et moi on a jamais été
très proches. Généralement, je m'en sors pas mal. J'ai bien
souvent l'impression d'avoir une mémoire d'huître, mais pourtant
je crois que j'enregistre assez bien ce que j'entends ou lis, ce qu'on m'apprend.
Même si parfois je suis convaincue de ne plus être sûre, de
ne plus savoir. Mais là, je doute que je m'en tire aussi bien avec le stress
des exams, tout ça. Et ce n'est plus une séquence de textes, mais
plus d'une vingtaine qu'il serait préférable de connaître
sur le bout des doigts.
Il y a autre chose qui m'ennuie assez. C'est la case 'spécialité'
que je suis censée avoir cochée depuis un bout de temps déjà
et que je dois avoir impérativement choisie pour le 19, date de la remise
des dossiers d'inscriptions en Terminale.
Il se trouve que non, j'hésite encore entre SVT et Physique-Chimie. Je
n'ai absolument rien compris aux vagues explications des professeurs sur le programme
de chacune des spécialités. Il paraît que Physique-Chimie
c'est plus facile, qu'on grappille plus aisément des points au bac, que
le programme sert au tronc commun. Seulement j'ai toujours été intéressée
par la biologie, seulement j'arrive facilement à me concentrer 2 heures sur un
TP de SVT, chose qui me paraît moins évidente dans l'autre matière,
cela dit il est vrai que je suis quand même un peu à côté
de la plaque en géologie et qu'en fin d'année j'arrivais à
ne plus déccrocher des cours de Physique-Chimie.
Alors la case reste désespérément vide, tout comme ma tête.
Je crois que je n'ai jamais été particulièrement curieuse.
J'entends par là d'une manière générale : je n'ai
jamais fouillé dans la chambre de quique ce soit, pas même celles
de mon frère ou de mes surs, je ne suis absolument pas friande de
rumeurs, de ragots, de ouï-dire.
Mais je reconnais qu'il y a des fois où, trop suspicieuse sur des affaires
qui me concernent et qui me touchent profondément, je peux plus. Je peux
plus, ça me taraude, ça obsède continuellement mon esprit
et il se trouve que j'ai une singulière capacité à me prendre
la tête pour des foutaises, alors sur de pareils sujets, ça peut
atteindre une ampleur phénoménale et bien souvent disproportionnée.
Et dans ces cas-là, même en y mettant toute ma volonté, je
suis incapable de « penser/passer à autre chose ».
Dans de nombreux cas, j'ai en fait tellement de mal à imaginer qu'on puisse
mentir, tromper les gens avec autant de facilité et sans éprouver
le moindre remord, que je suis incapable d'aller me confronter à la personne
et de lui demander sans détours si j'ai raison ou pas d'avoir
des doutes. Alors, j'ai beau savoir sur le bout des doigts par exéprience
et par les conseils avisés qui m'ont été donnés
que ce n'est jamais une bonne solution, je mène mon enquête. Et,
la plupart du temps, sans avoir à soudoyer/tuer/menacer/torturer quique
ce soit, je parviens à mes fins. Parfois les fins surprennent. Parfois
les fins font mal. Et tu ne peux finalement t'en prendre qu'à toi-même
puisque c'est toi qui, comme une grande, est allée chercher ce qu'on appelle
communément la merde.
Est-ce qu'il vaut mieux être une conne leurrée mais confiante ou
bien s'avouer être une chercheuse de merde culpabilisée et
malheureuse mais lucide ? Parfois, je me demande.

On est allés jeter un œil ou deux à l'exposition NivéaUltra
Peau du Palais de Tokyo. Même en ayant par moments tendance à
trop sentir le poids du sponsoring, on y fait quand même de belles rencontres.
Il y avait notamment un tas de petits bonshommes, des Monsieur tout le monde
en tissu qui avaient tous été faits sur le même patron mais
cousus dans différents textiles, qui apprenaient à apprécier
la diversité cutanée. Trois combinaisons aux silhouettes humaines
qui étaient cousues entre elles par différents endroits, pour proximiser
contiguiser rapprocher les gens qui les revêtaient. Un écarteur de
nombril. Et puis aussi dans l'un des petits chapiteaux, des tampons qui n'apparaissaient
qu'à la lumière
blanchenoire. Et puis même sortis du musée, on zieute encore puisque
tous les samedis soirs des gens font de jolies
choses
avec le feu sur l'esplanade. Et pour finir une boule vanille/noix de macadamia
©Häagen Dazs rue de la Huchette.
Paris la nuit, c'est bien. Surtout en ce moment, où le temps est complètement
déglingué dans le coin. Les journées auraient décidé
de prolonger la phase giboulées du mois de mars et les soirées ont
déjà un semblant d'été.
C'est-à-dire que dans très exactement 3 semaines, j'aurais
dix-huit, serais majeure, pourrais voter, conduire – offre soumise à
conditions –, me marier, m'acheter un godemichet en alliage hypoallergénique
doré pailleté avec des éclairs roses sur les côtés
dans un sexshop, faire le tapin, me présenter au conseil municipal de ma
commune ou que sais-je encore, et tout cela lé-ga-le-ment ! Je sens que
tant de changements vont boulverser ma vie. Dans 23 jours, écrit
du bac de français, dans 28 - 13 + 23 = 38 jours, l'oral. Demain,
j'ai un exposé d'ECJS sur le chômage au sein de l'Union européenne
(...). Dans 17 jours, c'est la fin des cours et dans 109 jours,
c'est la rentrée. Tout va bien. et depuis plus d'une
semaine, je chiale (à nouveau?) quotidiennement.
Le psychiatre a longuement discuté avec l'une des psychologues que j'avais
vue et revue plusieurs fois ces dernières années. Apparemment, même
avec le temps qui passe, je suis toujours aussi hésitante, floue.
Visiblement, le terme de dépression est toujours d'actualité.
Vraisemblablement, un traitement serait approprié, bénéfique,
requis, nécessaire ?. Mais sans urgence toutefois. Et si j'ai de
si gros problèmes relationnels c'est obviously parce qu'en plus
d'être démesurément trop exigeante avec moi-même, je
le serais également avec mes proches à cause de ce manque, de cette
énorme demande affective. Je tâcherais de m'arranger, de me
soigner, même si le mal est fait. Pardon.
J'aipasenvied'êtregrande parce que je pourrais plus justifier toutes mes
conneries, mon comportement niais, puérile, irresponsable, par mon âge.
Je sais que ça tient pas debout, parce que souffler 18 bougies &plus
si affinités, ça n'a jamais empêché les cons de s'opiniârer
dans leur rôle de prédilection, mais je dois être une conne
lucide et ça me fait bizarre parce que dans ma tête, c'est comme
si j'avais encore 16 ans. J'ai pas du tout l'impression d'avoir évolué
– au contraire – et ça me fait foutrement peur.

Et en fait plus le temps passe, plus les expériences s'accumulent et plus
je suis confortée dans cette idée de. D'échec. De perpétuelle
insuffisance. Je suis toujours et infiniment « pas assez ». À
jamais incapable de quoique ce soit. Et même au delà de ça,
c'est plus que d'être nulle en tout ou bonne à rien, c'est que je
me sens que je suis (!) bête. Tout porte à croire que
le problème vient de moi, de mes raisonnements, de la façon dont
je ' réfléchis ' et dont je finis par agir. Je sais pas. Je suis
persuadée que tôt ou tard on se rendra bien compte que le prétendu
potentiel qu'on me concède est totalement chimérique, si ce n'est
une farce ! Et que s'il y a encore des gens suffisamment aveuglés pour
s'obstiner à prétendre le contraire, ce malgré les faits
qui m'apparaissent comme des preuves on ne peut plus éloquentes de ma profonde
connerie, c'est que je dois encore parvenir à cacher mon jeu plus ou moins
habilement. Occasionnellement.
Ces larmes au coin des yeux que l'on retient maladroitement, ces migraines qui
martelent le crâne continuellement, ces piteux échecs récurrents,
et puis ce ras-le bol du coup, merde.
Au bout de quelques séances, j'ai l'impression que ma démarche est
d'ores et déjà vaine, que je n'arriverais jamais à m'exprimer
correctement parce que je suis incapable de poser des mots justes pour décrire
ce que je ressens. Je suis on ne peut plus confuse, mes pensées s'emmêlent
et mon discours me semble trop décousu pour avoir le moindre intêret,
ne se résumant qu'à un enchevêtrement insensé de bribes
inutiles. Et je me sens profondément ridicule en face de mon interlocuteur.
Nulle de ne pas parvenir à construire quelque chose. Déçue
de cette inaptitude qui me tiraille comme un échec. Pourtant, je sais très
bien que ce travail ne se fait que sur le long terme. Je sais très bien
que l'on ne va pas réaliser à tout bout de champ de méticuleuses
analyses de tel ou tel événement qui aboutiront à des conclusions
révélatrices sur mon comportement, mon état, mon caractère.
Quel qu'ait été ledit interlocuteur, cette sensation m'a envahie
à chaque fois. Et aujourd'hui non plus, je n'y ai pas échappé.
Sauf qu'auparavant, je n'en avais, ce me semble, pas pris conscience. Et puisque
cette fois-ci j'ai senti venir cette familière réticence vis-à-vis
des entretiens, après maintes hésitations, j'ai choisi d'aborder
le sujet – plutôt que de fuir une nouvelle fois. Et je pense que ça
a été important. J'en ai assez, j'ai envie de me sentir libérée.
J'ai envie de pouvoir tout dire, et ce quelles que soient les tournures, si confuses
soient-elles.
J'ai eu le temps de faire un aller-retour chez moi-Paris depuis que la phrase
précédente a été tapée. La magie d'internet.
J'ai rencontré une soi-disant clocharde céleste avec des yeux vairons
vert et bleu, j'ai essayé des robes estivales vaporeuses superbes mais
trop larges pour moi, je suis morte des pieds au moins dix-huit fois à
cause de mes escarpins que je pensais plus confortables, j'ai fini The catcher
in the rye dans le RER, j'ai eu trop chaud, puis froid, puis été
saucée par la pluie. J'ai vu une môme qui avait ces pompes qu'on
a tous voulu du temps des bacs à sable mais qu'on a jamais eues (?), avec
des lumières qui scintillent en bleu, blanc et rose dans la semelle. J'avais
juste envie de me dire ça.
Je sais même plus où me réfugier, ça cogne de partout,
je tourne en rond. Je me sens complètement vide. Vide vide vide, néant,
il n'y a que ça. Je vacille de toutes parts. Où est ce foutu équilibre
? Si seulement je savais au moins ce dont j'ai besoin ou ne serait-ce que ce que
je veux, mais même ça je sais pas, ça me paraît tellement
distant, hors de portée. Je suis dégueulasse, je me répugne.
Je sais pas... je sais plus du tout quoi faire et tout de suite, je serai prête
à n'importe quoi – je voudrais seulement savoir pourquoi il faut le
faire. Je me sens fébrile et amère. Donnez-moi quelque chose à
quoi m'accrocher, une toute petite chose à grignotter jusqu'à la
moelle – ou bien je deviens folle. Un petit rien, mais qui soit palpable,
qui existe ailleurs que dans mes rêves ! Je veux pas sombrer comme ça,
j'en peux plus, j'en peux plus. Il n'y a plus que la confusion qui s'embrase en
moi et c'est tout, rien d'autre, ce mot me résume toute entière.
Et ça émane de moi si grossièrement, je suis grotesque, ridicule.
Avouez que ma lacheté, ma médiocrité vous saute au visage,
agresse vos yeux sensibles dès qu'ils sont posés sur moi et que
j'ouvre la bouche. Mais faites la taire !
RANGER VOS ÉMOTIONS ET EN FAIRE QUELQUE CHOSE. Mais que voulez-vous faire
de moi, docteur ? Il n'y a rien à tirer de tout ce que je pourrais débiter.
Du vent, des foutaises. On finira tôt ou tard par s'en rendre compte. Alors
on prendra un air grave et solennel pour dire qu'on a le regret de vous d'annoncer
que le seul problème, c'est vous.
Je voudrais qu'il y ait quelque chose d'intense qui me transcende pour pouvoir
vivre et j'ai peur de finir par (re)faire des conneries.
Qu'est-ce que tu fiches ? Et qu'est-ce que ce sera, cette fois-ci ? Que vas-tu
prétexter ? Tu te sens d'humeur taciturne et tu vas doucement te délasser
dans cet état végétatif bien malgré toi ? Oh, ça
va, juste un tout petit peu, tu sais bien que ça me ressemble, je suis
comme ça. C'est bien facile de prendre cet air-là, quand vas-tu
enfin arrêter de faire semblant et t'extirper de cette langueur monotone
? Ça ne tient qu'à toi. Oui mais... Mais quoi ? Tu joues la neurasthénique,
tu finiras par tous les désespérer et tu finiras seule avec ton
entêtement. C'est que tu n'as aucune idée des véritables valeurs.
Toi, tu préfères te laisser aller, c'est agréable au moins
? C'est douloureux... Sèche tes grosses larmes, ça ne t'arrange
pas.
Je sais bien que d'ordinaire, on ne juge pas de façon si prompte. Mais
je pense que la situation est assez particulière et que, dans de pareils
cas seulement, on doit très vite pouvoir ressentir si ça risque
de marcher – ou pas. Et puis, si finalement ça n'allait plus, maintenant
que la première démarche a été ébauchée
– si tortueuse fût-elle – il suffirait de ne pas tâtonner
et de changer. « Facile à dire », murmure la petite voix, mais
j'ai du soutien.
Ça s'est bien passé, et deux rendez-vous ont d'ores
et déjà été fixés prochainement. Il compte
aussi contacter celle que j'avais vue quelques fois ces dernières années,
même si elle n'a pas eu les derniers évènements. Et
il a dit, répété, que c'était important que je sois
là. Comme s'« il était temps ».
Je crois qu'en effet, il est vraiment temps de poser ces mots, ces émotions
qui étranglent. Et, surtout, de bien le faire – et non pas d'une
manière autodestructrice, jetés ci et là n'importe où,
n'importe comment. J'ai grand besoin de rangement dans ces douloureux limbes que
j'ai fait de ma tête.
Je voudrais, avant qu'ils disparaissent... laisse-moi...

Comme si les jours avaient tendance à défiler trop vite dès
que tu les chargeais un peu trop de plein. Parce que, même si l'effet est
éphémère, en ce moment tout s'accélère. On
a pourtant le temps de respirer presque autant qu'on le souhaite. Cette chambre
déjà : de l'acrylique plein les doigts et jusque dans les anglaises.
On a même dévalé quelques pistes sous la pluie et on ressemblait
à rien, emmitouflés dans nos grosses écharpes et derrière
les verres fumés. Mais en avril, la montagne c'est quand même bien.
Foutez aussi trois connasses et un Jungle Speed sur un petit tapis, ça
fait travailler abdominos&méninges et sortez le mercurochrome ça
va faire mal. Tu vas voir comment on élimine vite fait bien fait un Giant
et ses vieilles frites champêtres.
Demain j'ai psychiatre et je dois t'avouer que ça me fait un peu peur de
reprendre ces choses-là. J'ai déjà l'impression que j'y arriverai
pas jusqu'au bout, que je finirai par tout foutre en l'air encore une fois. Mais
on en est plus là et non, mon amour, ça va pas.
Lorsque je décide de ranger une pièce, il m'est nécessaire de procéder par phases,
méthodiquement élaborées. Visiblement, l'une d'entre elles – la première – consiste
à sortir tous les livres de leurs étagères, tous les vêtements de leurs tiroirs,
les bijoux de leurs boîtes, etc. Et à étaler l'ensemble sur toute la surface disponible
: chaises, tabourets, lit, bureau, parquet éventuellement. Ce afin de pouvoir
effectuer un tri rigoureux.
Ayant entrepris de refaire ma chambre, c'est l'étape à laquelle je me trouve depuis
samedi. Je me suis fait violence et j'ai jeté l'équivalent de quatre sacs taille
XXL débordants (au choix) d'autres sacs (je me suis décelé une passion saugrenue
(ah, depuis le temps que je voulais le caser celui-là) pour la collection de sacs
plastiques : je devais avoir en entassé une cinquantaine de H&M/Mango/Kookaï/Etam
au fond de mon placard) ou bien de papiers en tous genres, tickets de caisse,
brouillons de bacs blancs, traces de révisions diverses et variées, mais également
des cours ! Jusqu'ici, j'avais été incapable de me séparer de mes anciens cours
: de la maternelle au lycée, j'avais tout gardé.
Et là, prise d'un soudain élan de bravoure, je me suis dis allez kim, t'arrives
vraiment à croire que dans soixante ans tu reliras tes copies de Troisième avec
la larmichette au coin de l'œil, repensant à cette folle jeunesse où tu ne savais
pas accorder tes participes passés ?
Alors voilà, j'ai quand même gardé deux-trois cahiers de coloriages de la petite
école parce que bon (ainsi que ceux d'addition parce que c'est vraiment trop choupinou
d'écrire les chiffres à chaque intersection de ligne, et puis celui d'histoire
parce que j'avais quand même super bien dessiné Vercingétorix).
J'ai aussi enlevé toutes les affiches de mes murs, ça fait terriblement vide,
ce qui contraste pas mal avec le sol (ahah, j'espère que je n'ai laissé traîner aucun objet compromettant) sur lequel on ne peut circuler qu'en jouant à Ford Boyard.
Mes émotions jouent aux montagnes russes en ce moment, mais après
tout je crois que ça fait un peu partie de moi. Il n'empêche que.
Ces rayons de soleil qui innondent la maison toute la journée durant
ou presque , ces rayons qui le matin, surprennent lorsqu'ils éblouissent
les petits yeux encore endoloris par des nuits écourtées. Immanquablement,
ces douceurs-là égayent les jours. D'autant plus qu'elles seront,
dès samedi, couplées aux deux semaines de vacances.
Et plein d'idées, de projets divers s'emmêlent dans ma tête.
Des envies de créer, de respirer. D'aller à Giverny avec papa, de
pouvoir passer du temps avec 3lles, de couleurs sur mes murs, de bois blanc sous
mes pieds, des mots à lire, d'autres à écrire, ...


Il y a sûrement toujours différentes façons d'annoncer les
choses. Et puis moi, souvent, je cherche tellement à peser mes mots qu'ils
en perdent leur sens, que je m'emmêle aussi et ce que je finis par débiter
sonne faux. Les mots, maladroitement choisis, sont creux. Mais tu m'imagines prendre
un air sentencieux et dire les choses droitement ? Sans à chaque instant
recourir aux sinuosités, sans serpenter entre les phrases, placer ci et
là quelques euphémismes hasardeux, avec un sourire nerveux en coin.
Poser quelques questions pour palper le chemin dans lequel il faudrait que je
m'engage. C'est agaçant, je sais oui.
Mais voilà, non, je ne sais pas faire autrement. Et puis tu sais je ne
dis pas tout ce que je pense ; mais je pense au moins tout ce que je dis, même
si c'est toujours plus tortueux quand ça sort de ma bouche.
J'aurais aimé, moi aussi, avoir quelque chose bien à moi. Tu vois,
un truc dont je puisse être fière et dire pompeusement : Ah ah, ben
vois-tu, très cher, ça, c'est bien du moi !. Mais non. C'est une
crise existentielle. Oui, j'ai de toute évidence besoin, besoin, besoin
d'attention, toujours. J'en réclame à la pelle, s'il vous plaît,
encore un peu, rassure-moi, je t'en prie.
Mais il n'y a pas que ça. J'ai aussi besoin de vivre, un peu, s'il vous
plaît je t'en prie. Et ce n'était pas inopiné cette fois,
parce que je t'avais prévenu. Il fallait que ça arrive, parce qu'on
ne peut pas accumuler comme ça. On ne peut pas. Je ne peux pas –
ça suffit, les tristes mesures de distanciation – encaisser sans broncher,
incessamment. Non non, ça fait des mois que j'ai déjà atteint
le trop, ça fait des mois qu'il y a ces expressions qui reviennent
: (s')éparpiller / inconstance / disperser / déborder / saturer.
Et les chutes, ça fait toujours mal – surtout quand il n'y a personne
pour te rattraper.
Je
nage dans la peur. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, dans
un avenir proche. J'ai peur de ne pas savoir pas tirer profit de ce que je vis
actuellement, que ça ne me confère aucune force dans le futur, mais qu'au contraire,
cela demeure une tare, une faiblesse handicapante. Je voudrais que ça me soit
utile, que ça ne soit pas arrivé pour rien malgré tout. Faire en sorte que ça
ne puisse plus remonter à la surface à tout moment. J'ai peur de ne pas (être
?) devenir quelqu'un de bien. J'ai la crainte perpétuelle de gêner. J'ai cette
addiction à la culpabilité qui me bouffe continuellement.
Ça me fatigue. C'est toujours
la même chose. Sauf que plus le temps passe, plus les strates s'accumulent,
sans qu'aucune des précédentes couches n'ait été réglée au préalable. On se dit
que ça finira bien par se tasser, on fait semblant d'avoir oublié et un jour tout
ressurgit. Et Avec
le temps Avec le temps Avec le temps.
Pourquoi cette manie, comme une inévitable nécessité de s'épancher n'importe comment,
n'importe où, avec n'importe qui ? Sans ces confidences minables tu te sens vide,
n'est-ce pas ? C'est-à-dire que sans ça, tu n'as plus d'intêret. Sans ça, tu n'existes
tout simplement pas. Tu n'es bonne qu'à répéter inlassablement la même petite
ritournelle, agrémentée d'un bain de larmes ou, au choix de rires nerveux. Oh
! la triste petite histoire, sortez les mouchoirs. On la connaît par cœur, bon
sang. Trouve autre chose, il doit bien il y avoir un bon fond, si on gratte bien
profondément, non ? Serais-tu réellement inintéressante, réellement plate, fade ? Arrête, arrête, ravale tes mots, garde ça pour toi, t'es dégoulinante
de crasse. Tu n'inspires qu'un profond dépit.
Je m'excuse d'avance pour les petites connexions, mais vraiment, j'étais
obligée. Ce film me touche profondément, me colle aux lèvres
un sourire niais tout en laissant échapper quelques larmes (oui bon ça
va, j'ai toujours été très (trop) bon public). L'histoire
qu'il raconte est pourtant assez banale, le thème abordé vu et revu,
mais ce sont ces images baignées de lumière, c'est l'élégance
des paysages anglais et toute l'atmosphère de l'Angleterre du XIXème
siècle. Ce sont ces dialogues recherchés, ces liens qui unissent
les différents personnages, l'ambiguité et la subtilité des
sentiments, la maladresse de Darcy. Et puis la musique ! Donald Sutherland est
fabuleux. Keira Knightley naturellement rayonnante malgré sa prognathie
poussée (dridri ?). Est-il nécessaire de préciser que
la version originale est de rigueur ?















Dans tes réflexions nombrilistes tu abouties régulièrement
à la conclusion que t'es quand même sacrément tordue. Au vu
de toutes ces manies, ces bizarreries que tu exécutes sans y penser et
d'une manière aussi bien sporadique que constante selon les cas. De temps
à autres, tu oses impunément évoquer certaines de ces obsessions.
Et puis on s'aperçoit que l'on est apparemment pas le seul tordu et ça
rassure tout de même. Peut-être même qu'il n'y a rien de si
incongru dans cette attitude, que ça fait partie de la palette d'inepties
humaine, mais que peu d'individus sont assez sots pour s'avouer publiquement.
Je ne suis pas la seule à avoir perpétuellement en tête cette
résonnance qui commente et juge à la troisième personne mes
actes, voire même mes moindres pensées. Comme s'il y avait toujours
une assemblée prétenduement impartiale, embrassant l'ensemble de
la situation, qui était occupée à critiquer tout ce que je
fais. Elle est folle de faire ça, complètement. Elle devrait pas.
Elle va encore se planter. Elle est vraiment ridicule. Elle se complaît
dans son petit lot d'infortunes. On dirait qu'elle voudrait. Mais elle ne pourra
pas. Elle n'y arrivera pas. Elle est encore en train de scander ses petits problèmes,
elle va s'en vouloir, elle a tort. Elle se détestera un peu plus après
ça. Elle le sait très bien mais elle le fait tout de même.
Elle ne tient vraiment pas la route. Elle le fait exprès.
Il y en a plein d'autres comme ça.
T'as vraiment un don pour te mettre dans des situations qui gênent, mais
particulières. Pourquoi ces trois paires d'yeux sur ces grosses larmes
qui roulent sur tes joues. J'ai honte. Une main qui s'appuie sur l'épaule
gauche pendant que tu tournes lâchement la tête de l'autre côté
en essayant de cacher tes suffocations, d'échapper à ces foutus
regards. Faible. Et ton corps n'en peut plus de trembler comme ça. Les
doigts pressent ta peau pour signifier quelque chose comme « j'aimerais
pouvoir te transmettre un peu de ma force », c'est ce qu'il avait dit une
fois. Qui murmure au creux de l'oreille un « courage... ». De la honte
et une profonde culpabilité, voilà ce qui s'amoncele en toi. Et
puis pourquoi tu t'obstines à employer la seconde personne dans ces cas-là,
comme si ça allait t'en distancer ? Tes efforts sont vains, c'est toi.
C'est moi.
Incapable, lâche et laide, en tout. T'es qu'une incapable, ça n'a
jamais été plus vrai.

Depuis septembre, je tiens une sorte de journal dont on a d'ailleurs déjà
eu un aperçu ici.
Enfin ce carnet fait à
la fois office de journal quand je ne trouve rien d'autre pour exorciser, de carnet
de dessins et de collages quand ça me chante, voire même de bloc-notes
pour mes révisions de physique. On y trouve un peu de tout, en somme, et
ça doit avoir l'air d'un gros foutoir. J'y liste même des mots qui
me plaisent, rencontrés au fil de mes lectures...
Il y a quelques semaines, je suis allée à Nature et Découverte
et je suis tombée amoureuse d'un – je cite – « carnet
de voyage Amulette composé de 320 pages de papier de coton et d'une
couverture de cuir épais ». Mais son prix a vite fait de calmer mon
enthousiasme. Toutefois une bonne âme, ayant sûrement eu pitié
de ma profonde déception, a finalement décidé de m'en faire
cadeau (merci merci merci).
À peine fut-il entre mes mains que je me projetais déjà en
train de le barbouiller. Mais une fois fin prête à en inaugurer les
premières pages, j'ai renoncé. C'est étrange et probablement
stupide, mais j'ai eu le sentiment de ne pas être à la hauteur d'un
si bel objet et j'avais peur de le souiller avec mes vilains doigts maladroits.
Ça a duré deux semaines, jusqu'à hier. Mais pour limiter
les dégats, j'ai juste osé broder « Carnets » sur du
papier de soie en guise de page de garde.
Au fait. Une toute petite mini mise à jour sur la
page qui me concerne. Vous arrivez bien mieux à cerner qui je suis
ainsi, je sais.

Vendredi soir, je suis allée écouter&voir mon oncle jouer au
New Morning.
Si ma montre dit vrai, le concert a dû s'étendre sur trois heures.
Trois heures qui ont pour ainsi dire filé incroyablement vite.
Mon tonton, c'est lui.
Référez-vous donc à la présentation d'Evene, car je
ne saurais pas faire de meilleur résumé. Je regrette de n'avoir
pas pris d'appareil photo, voire même de caméra. Néanmoins,
j'ai, telle une groupie dégénérée, pu enregistrer
quelques bribes du concerts
avec mon portable. La qualité du son est des plus mauvaises, mais les extraits
sont, je pense, assez représentatifs de l'ambiance qui était présente
ce soir-là.
À dire vrai, j'ai bien du mal à trouver mes mots pour raconter ces
instants. Mais je peux en revanche tenter de décrire mon émotion
qui se résume à ce sourire, qui n'a pas quitté mes lèvres
de la soirée et au fait que ce matin, les premiers accords de Voodoo Child
résonnaient encore dans ma boîte crânienne.

Des envies d'ailleurs et de souffler un peu aussi. On vient à peine de
sortir de deux semaines de vacances et j'ai déjà derechef les yeux
d'un vieux panda. Je ne sais pas à quoi je gâche mes journées
: je recommence à être très douteuse vis-à-vis du lycée,
il y a quelques plantages qui fleurissent ci et là, des larmes tièdes
qu'on dissimule derrière une grosse écharpe de saison. Je sors tout
juste de quatre heures de dissertation sur l'autobiographique. En lisant Sarraute,
je me suis souvenue...

La neige, c'est toujours pareil finalement. Le télésiège
qui met suffisament de temps à arriver en haut de la montage à cheval
de façon à ce qu'au moment où t'as de nouveau les skis sur
la piste, t'as l'impression que jamais plus t'arriveras à faire du macramé
avec tellement ils sont ankylosés. En plus y'a trop de monde.



C'est l'heure du ski. Je reviens dans quelques jours avec une nouvelle version
d'ores et déjà fin prête, des photos et, je l'espère,
l'esprit apaisé.
Bonnes vacances à la zone C !
Je m'accusais d'être épineuse ; de m'attacher aux gens si maladroitement
que je finissais toujours par leur faire du mal, beaucoup de mal, et ce inévitablement.
A chaque fois, je n'y manquais pas : je provoquais larmes, confusion, déchirement,
avec tous. Et même si, bien sûr, aucune de ces souffrances n'était
préméditée, c'était comme si la monstruosité
était encrée en moi, comme si j'étais strictement, uniquement
et immanquablement vouée à la démolition de ceux que j'approchais
d'un peu trop près.
Mais peut-être qu'en fait, ce n'est pas moi qui suis si terrible, si venimeuse
auprès des gens. Peut-être qu'en fait, il n'y a rien de monstrueux
: c'est juste que les gens auxquels je me lie ont simplement tendance à
être sensibles, tout comme moi. Et que c'est pour ça qu'à
chaque fois, tout est toujours plus tortueux... Ça m'a l'air fondamental.
Sans transition bonsoir.
Le 28 janvier fut une journée chargée : les quatre grandes Ecoles
supérieures d'Arts Appliqués de Paris et le Salon des Formations
Artistiques ouvraient leurs portes.
De fait, après nos deux heures de cours hebdomadaires du samedi matin,
Anh et moi nous sommes pressées de prendre le RER pour visiter les écoles
Estienne et Olivier de Serres. L'année dernière, nous avions d'ores
et déjà découvert l'école Boulle et l'école
Estienne et la journée était passée très vite... Elle
nous avait même paru trop courte, tant il y avait de choses à voir.
Cette fois-ci, nous avons donc dû sélectionner les sections à
visiter impérativement (à savoir les MANAA et BTS en communication
visuelle) et laisser de côté les autres, non sans une once de regret.
J'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée aborder une
élève de MANAA d'Estienne en arborant mon plus beau sourire. Ainsi,
dans cette prestigieuse école, il n'y a qu'une seule classe de MANAA ;
et cette prestigieuse école est bien entendu très cotée il
est donc très difficile d'y être accepté. Elle m'a expliqué
le coup du dossier scolaire (très bonnes appréciations, bons résultats,
de la constance dans le travail, pas d'absences injustifiées, etc.) et
du concours. En fait, je savais déjà tout ce qu'elle m'a dit mais
il fallait que je le ré-entende, l'histoire d'être sûre de
moi. Ou pas : en fait, j'ai plutôt ressenti une profonde panique. J'ai,
comme à mon habitude, commencé (continué ?) à avoir
de sérieux doute sur mes capacités, sur mon avenir, tout ça.
Ce qu'ils font là-bas, à Estienne tout comme à Olivier de
Serres, c'est beau. Pas seulement d'un point de vue esthétique. C'est...
beau¹, c'est tout. Le BTS CV option multimédia d'Estienne est tout simplement
bluffant.
Mais bon, remballe tes rêves de môme ma cocotte.
Au Salon, j'ai discuté avec quelques personnes, des enseignants, d'anciens
élèves... Mais j'ai surtout chopé un bon tas de brochures,
et ai laissé mes coordonnées un peu partout pour en recevoir d'autres.
Enfin bref. Maintenant il faudrait que j'essaie de rencontrer des gens, que je
prenne des rendez-vous, etc.
J'espère. Je suis pleine d'espoir et de doutes, de craintes, enchevêtrés
les uns aux autres.

la faute à Stellou
!
chanson pour la route
rolling stones - miss you et/ou canned heat - on the road again,
carrément trop, avec les ray-ban étou étou.
chanson pour chialer dans sa bière
léo ferré - avec le temps, sans aucun doute.
chanson de coquinou
nine inch nails - closer, un peu classique, mais bon, quand même.
chanson hommage à un défunt
le poco allegretto de la troisième symphonie de brahms
chanson pour déclencher une baston
alors là, j'ai beau chercher, franchement je trouve pas. si jamais
j'ai une idée j'édite.
chanson décadente
euh ben euh... mOBSCENE de manson ? bang, we want it /bang bang bang
bang/ you came to see the mobscene /i know it isn't your scene /it's better than
a sex scene /and it's so fucking obscene blablabla.
chanson sexy
cardigans - love fool (toi même tu sais)
chanson propice à la percussion sur bouteille de Kro
daft punk - make love : tululu, tu, tululu, tu, tululu tululu tululu tululu.
chanson berceuse
i monster - heaven, parce que l'autre jour je l'ai entendue en faisant
ma sieste chez clem et je l'ai trouvée reposante.
chanson qui vous rappelle votre enfance
la traviata de verdi. surtout ' libiamo, libiamo ', parce que quand
j'étais môme, avec anh, on l'écoutait dans le salon et on
répétait nos chorégraphies de danse classique dessus. ou
alors the beatles - love me do, parce que c'est le premier titre du premier
volume de l'album past masters que papa mettait (et met) toujours dans
la voiture quand on partait en vacances.
chanson que vous admettez aimer (presque) honteusement
outrageous de britney. mais c'est pas " presque " : j'ai honte.
chanson que vous auriez aimé écrire
léo ferré - avec le temps, justement...
chanson nostalgique
massive attack - tear drop, je l'écoutais en boucle à une
certaine période... pas une très jolie période, mais je repense
systématiquement au passé en l'écoutant. ah et puis aussi
sebastien tellier - la ritournelle...
chanson pour faire danser
beach boys - surf in usa, uhuh.
chanson pour quand on tombe amoureux
al green - let's stay together, parce que forcément hein. ou
alors hooverphonic - mad about you, elle a quelque chose d'envoûtant.
chanson que ça fait mal parce qu'il/elle est parti(e)
scorpions - still loving you (...)
chanson pour un dimanche matin pluvieux
je dirais gilbert o'sullivan - alone again, naturally, elle me rend toute
chose.
chanson que vous détestez par-dessus tout
c'est dur cette question... pourtant y'en a, mais elles me paraissent tellement
évidentes (genre tout le répertoire de willy denzey et tous ses
coupains du même gabarit) que je me dis qu'il faudrait que je trouve autre
chose. mais du coup je vois pas.
NEW chanson pour se réveiller le matin (ahahah, non mais
j'étais obligée)
the beatles - here comes the sun ou alors peut-être bien hal - don't
come running. essayez donc, je vous assure que votre réveil sera plus
doux.
et je passe le relais à tous ceux que ça intéresse.
Je commencerai par inciser proprement, méticuleusement. Lorsque j'aurais
fait tout le tour, je l'ouvrirai avec précaution. À l'intérieur,
il y aurait un ramassis de merde. De la merde partout. Des trucs qui traineraient
là depuis des années et qu'on aurait poncé un coup de temps
en temps, l'histoire d'entretenir la merde. Faudrait pas qu'elle s'use, qu'elle
s'abîme, qu'elle perde de son éclat ! Surtout pas : c'est un forfait
merdique intégral.
Faiseuse de merde qui ressasse sans cesse les mêmes conneries. Qui retourne
tout dans tous les sens possibles et imaginables, trouvant des failles partout.
Ça passe son temps à recycler, incessamment. De temps en temps,
on trouve de nouveaux sujets sensibles à exploiter, mais globalement, c'est
toujours la même matière qui tourne encore et encore. Ça mènera
jamais à rien, mais c'est pas grave, on continue quand même, sans
trop savoir pourquoi. De toutes façons, on saurait pas faire autrement.
On est bon qu'à ça, faire de la merde. De la merde qui fait mal,
de surcroît. Jackpot.
Souvent, par périodes, il me prend une profonde boulimie d'informations.
J'ai besoin d'en savoir un maximum sur un personnage, un concept, un événement,
une pratique, ... Quoique ce soit. Ça me prend, comme ça, paf, d'un
coup.
À ce moment-là, les encyclopédies, dictionnaires et autres
sources d'informations en tous genres deviennent mes amis.
J'explique ce phénomène par le fait que j'ai souvent le sentiment
de ne pas être cultivée (ou si peu). Alors je cherche, je lis, je
regarde, j'écoute, je pose des questions et quand les réponses ne
me satisfont pas, je me débrouille pour en savoir plus jusqu'à ce
que je me sente rassasiée. Même si en fin de compte, je ne le serai
jamais complètement puisqu'il y aura toujours des choses à apprendre.
Ce qui est, en soi, assez frustrant mais je peux éventuellement rassurer
ma conscience en lui assurant avec un air convaincu que personne ne pourra jamais
connaître tout sur tout, que la science infuse n'existe pas, que rien n'est
acquis, tout ça.
J'ai l'impression d'être à la masse, que j'aurais dû m'intéresser
aux choses plus tôt.
Finalement, c'est toujours la même histoire, c'te p'tit complexe d'infériorité,
là.
Faire un bilan de ces derniers temps pourrait éventuellement être
dans mes capacités mais faire un bilan de l'année 2005, j'en suis
incapable. J'ai l'impression que tout est confus, insensé ; l'année
est passée si vite : je me souviens du réveillon 2005 comme s'il
avait eu lieu il y a à peine quelques mois.
Les évènements importants qui ont marqué ma vie dernièrement
sont hors du temps ; je n'arrive pas à savoir s'ils se sont produits cette
année ou bien durant 2004... Et je crois que si je n'arrive pas à
dater les faits, c'est que je n'ai plus vraiment de repères stables depuis
un certain temps. J'ai la sensation d'avoir souvent été spectatrice
plutôt qu'actrice de ma propre vie et c'est plutôt frustrant et pas
franchement rassurant. De subir. Encore.
En tout cas, pour bien commencer l'année, le 30 décembre 2005 est
une date que je retiendrais. Assurément.
Apparemment, les billes et la corde à sauter sont has been et dorénavant,
l'idole des jeunes, c'est Diddl. Si tu connais pas Diddl c'est que t'es né
il y a trop longtemps, parce que Diddl c'est vachement connu.
Minh, ma plus jeune sur de neuf ans, a un classeur où elle range
moult specimens de papeterie fantaisie à l'effigie de la bestiole (cartes
postales, post-its, papiers à lettres, pages de bloc-notes, etc.) précieusement
collectionnés et échangés avec ses camarades.
Moi aussi, dans ma folle jeunesse, j'avais quelques accessoires Diddl que Minh
a récupérés non sans avoir mené une expédition
dans mon ancien secrétaire et grâce auxquels elle a un franc
succès auprès de ses copines parce que... ces modèles-là
sont ultra vintages et ne se font plus.
Je me sens vieille. D'ailleurs en parlant de ça, je me suis rendue compte
qu'à mon prochain anniversaire, soit dans un peu plus de six mois, je serai
majeure. Et, sans trop savoir pourquoi, j'en ai pas du tout envie. Et puis dans
trois semaines, Louis aura treize ans. Ça aussi ça fait bizarre
à entendre parce que l'année de mes treize ans a définitivement
marqué ma vie.
Enfin bon. Finalement, on ne part pas parce que ça ne branche plus maman,
la météo ayant annoncé des chutes de neige jusqu'à
vendredi...
Malgré mes appréhensions annuelles, les noëls d'hier et d'aujourd'hui
se sont je crois bien passés. J'ai rencontré Anaëlle, la fille
de ma cousine Katia. De grands, de très grands yeux, et des doigts minuscules.
Une adorable petite crevette de trois mois. On a aussi regardé des films
où parents, grands parents, oncles&tantes ont eu jusqu'à 40 ans
de moins, avec une pellicule qu'on voit brûler à la fin.
Comme le ciel de Paris ne semble pas décidé à restituer une
véritable ambiance hivernale de fêtes de fin d'années, c'est
nous qui allons dès demain chercher la neige dans les Alpes. On revient
le 29, un court séjour car le 30, je fête un troisième noël
avec Elles. Et puis plein (trop) de choses à faire ici.
Bon, cette année je fais sobre...
Je suis en vrac. Tout est émietté en moi : les pensées fusent
et puis s'emmêlent aussitôt. Et mon cœur aussi. J'essaie de réfléchir
différemment, en faisant abstraction de cequepeuventbienpenserlesautres
mais ça bloque, comme si je savais vraiment pas m'y prendre.
J'ai l'impression de gaspiller mon temps à foutre un pareil bordel dans
mon cerveau alors qu'il y a tellement de choses à faire. Je pense trop
au conditionnel et c'est aboslument frustrant. Je voudrais être à
nouveau spontanée, en sachant prendre une décision sur le vif sans
me demander qui pourquoi comment et si ?. Je stagne. Lamentablement, je stagne
et je [me] déteste [aussi pour] ça.
Tu réfléchis trop. T'arrives jamais à profiter du bonheur
présent. Ca doit pas être simple à vivre.


En ce moment c'est très simple : soit je ressasse, je ressasse, je ressasse.
Je ressasse incessamment. Soit c'est trop et je n'en peux plus, vraiment, et y'a
les larmes qui roulent doucement, qui ne s'arrêteront que lorsque, trop
épuisée, je finirai par m'endormir au bout de quelques heures.
Une fois endormie, ça fonctionne pareil : ça peut être le
corps désarticulé d'un homme qui s'est ouvert les poignets qui me
tombe dessus et je sens le sang chaud qui coule sur ma peau. Ou bien alors pendant
mon sommeil je sens mes jambes me démanger mais, puisqu'endormie, je ne
sens absolument pas la douleur et je me réveille avec des mollets brulants,
rougis par de nombreuses griffures.
Ou encore, grande nouveauté : c'est fredxxx@hotsex.net qui me réveille
vers 3, puis 4, puis 5 heures du matin, saturant ma boîte e-mail @orange.fr
à coups de " ENLARGE YOUR PENIS " & autres réjouissances
spamesques sachant qu'à chaque mail reçu, je reçois
un sms de "1077".
De la part de Stellou
qui a le sens du juste retour des choses (uhuh) :
Sept choses que vous voulez faire avant de mourir :
+ retourner au viêt-nam
+ parler avec maman
+ vivre sans retenue, sans mes démons
+ lire beaucoup
+ apprendre beaucoup
+ être artiste !
+ les jours londoniens qu'on s'était promis
Sept choses que vous faîtes bien :
+ écouter
+ observer
+ me passionner
+ me faire des nuds dans la tête, toute seule comme une grande
+ l'auto-dérision
+ admirer
+ me rabaisser
Sept choses que vous ne pouvez/savez pas faire :
+ avoir confiance en moi
+ mentir
+ prendre des décisions
+ raconter les histoires drôles de papa aussi bien que papa
+ m'empêcher de pleurer
+ prendre soin de moi
+ ignorer les gens/choses qui m'énervent
Sept choses qui vous attirent dans le sexe opposé :
+ la sensibilité
+ la culture
+ l'humour
+ la hauteur j'aime bien les grands
+ le parfum
+ le charme
+ le côté rassurant
Sept choses que vous dîtes souvent :
+ j'imagine, oui...
+ le mot : souci
+ oui mais non
+ c'est vrai ?
+ certes
+ ça m'saoule
+ j'aurais pas dû
Sept béguins pour des célébrités :
+ Scarlett Johansson
+ Sienna Miller
+ Natalie Portman
+ Amanda Palmer
+ Shu Qi
+ Maria Carla Boscono
+ Asia Argento ; tiens, y'a que d'la meuf.
Sept personnes dont vous aimeriez qu'elles répondent aussi à ce questionnaire
(à condition qu'ils passent tous ici, ce dont je doute) :
+ Andrio
+ narrator
+ Electron
+ Orah
+ mllevie
+ RoseCassis
+ et à qui le voudra. Pis si t'es pas haïpe, que t'as pas de blog,
tu peux même répondre en commentaire mon ami.
Tu étais à mi-chemin entre le conscient et le rêve. Tu sentais
les idées se confondre dans ton esprit : elles s'amassaient, allaient et
venaient, se cognaient parfois entre elles ou sur les parois de ton encéphale.
Il t'était impossible de les distinguer les unes des autres, ce n'était
pour toi qu'une masse grasse dénuée de sens qui tourbillonnait et
martellait ta tête. Mais parfois, tu ressentais la présence de certaines
vérités inavouées, de certains mots que tu cachais d'ordinaire
dans un coin de ton cerveau. La réalité se hurtait fugacement à
ta conscience. Tu t'imaginais déjà déglutissant réellement
cette vérité puante aux oreilles des personnes concernées.
Et puis d'un coup, c'en était trop : tu décidais d'arrêter
ce délire d'un geste brusque. Tu as voulu écrire ce qui encombrait
ton esprit pour garder une trace de cette sensation intense et nouvelle, sachant
d'ores et déjà que le lendemain matin, tout se serait très
certainement en grande partie évaporé. Mais la main crispée
ne répondait plus : comme ankylosée, tu étais incapable de
tendre le bras vers les carnets, incapable de saisir les choses qui t'entouraient.
Ce matin tu ne te souvenais de rien. Jusqu'à ce qu'une phrase émerge
doucement : j'étais. j'étais à mi-chemin entre le conscient
et le rêve. je. sentais les idées se confondre. dans mon esprit.
Elle redonna subrepticement naissance à tout le reste et tu t'es trouvée
gravement folle. Mais il fallait quand même garder une trace.
« – [...] C'étaient des situations qui avaient une qualité
tout à fait rare et précieuse, du style, si tu veux. Être
roi, par exemple, quand j'avais huit ans, ça me paraissait une situation
privilégiée. Ou bien mourir. Tu ris, mais il y avait tant de gens
dessinés au moment de leur mort, et il y en a tant qui ont prononcé
des paroles sublimes à ce moment-là, que moi, je croyais de bonne
foi... enfin je pensais qu'en entrant dans l'agonie on était transporté
au-dessus de soi-même. D'ailleurs, il suffisait d'être dans la chambre
d'un mort : la mort étant une situation privilégiée, quelque
chose émanait d'elle et se communiquait à toutes les personnes
présentes. Une espèce de grandeur. [...] Plus tard, j'ai
élargi tout ça ; j'y ai ajouté d'abord une situation nouvelle,
l'amour (je veux dire l'acte de faire l'amour). Tiens, si tu n'as jamais compris,
pourquoi je me refusais à... à certaines de tes demandes, c'est
une occasion de le comprendre : pour moi, il y avait quelque chose à
sauver. Et puis alors je me suis dit qu'il devait y avoir beaucoup plus
de situations privilégiées que je pourrais compter, finalement
j'en ai admis une infinité.
– Oui, mais enfin qu'est-ce que c'était ?
– Eh bien, mais je te l'ai dit, dit-elle avec étonnement, voilà
un quart d'heure que je te l'explique.
– Enfin est-ce qu'il fallait surtout que les gens soient très
passionnés, transportés de haine ou d'amour, par exemple ;
ou bien fallait-il que l'aspect extérieur de l'événement
soit grand, je veux dire : ce qu'on peut voir...
– Les deux... ça dépendait, répond-elle de mauvaise
grâce.
– Et les moments parfaits ? Qu'est-ce qu'ils viennent faire là-dedans
?
– Ils viennent après. Il y a d'abord des signes annonciateurs. Puis
la situation privilégiée, lentement, majestueusement, entre
dans la vie des gens. Alors la question se pose de savoir si on veut en faire
un moment parfait.
– Oui, dis-je, j'ai compris. Dans chacune des situations privilégiées,
il y a certains actes qu'il faut faire, des attitudes qu'il faut prendre, des
paroles qu'il faut dire – et d'autres attitudes, d'autres paroles sont
strictement défendues. Est-ce que c'est cela ?
– Si tu veux...
– En somme, la situation c'est de la matière : cela demande à
être traité.
– C'est cela, dit-elle : il fallait d'abord être plongé
dans quelque chose d'exceptionnel et sentir qu'on y mettait de l'ordre. Si toutes
ces conditions avaient été réalisées, le moment
aurait été parfait. »
Toujours Sartre, La nausée.
les larmes me fatiguent.
la tristesse me déchire.
les insomnies me pèsent.
la solitude m'achève.
c'est un cercle vicieux ; ça ne s'arrêtera donc jamais ?...
Souvent je dis : cette fille est une éponge. En un sens, c'est vrai. Elle se
joint à des gens qui lui paraissent beaux, qui suscitent son intêret pour diverses
raisons aux prémisses plus ou moins fondées, s'applique ensuite à les connaître
profondément et, s'ils plaisent vraiment, s'en imprègne. Elle s'imprègne des
gens, de leurs personnalités, de leurs goûts, de leurs envies et parfois même
de leurs idées. Souvent je dis : cette fille est une éponge, c'est dommage.
Parce qu'on ne sait plus vraiment où elle se trouve, elle. Elle renonce à son
authenticité. Elle n'existe qu'à moitié, qu'à travers eux. C'est en cela que
c'est regrettable.
Mais finalement on fonctionne tous un peu de cette manière-là. On s'épanouit
à travers les choses qui nous touchent, les choses palpitantes qui nous prennent
aux tripes, que l'on découvre et que l'on vit. Des choses qui marquent tellement
qu'en fermant les yeux, ce ne sont pas de simples souvenirs visuels qui apparaissent
: on ressent véritablement ces moments-là. Ces moments-là qui constituent, pièce
par pièce, un ensemble. Qui nous constituent. On les puise un peu partout :
dans l'éducation que l'on a reçue, dans les rencontres que l'on a faites, dans
les évènements que l'on a vécus, des livres qu'on a lus, ... Partout, en toute
chose, il y a mille manières de s'éparpiller, de s'enrichir. Je pense. Encore
faut-il savoir s'ouvrir à ces choses. Encore faut-il prendre le temps de les
saisir, de les comprendre, de les apprécier et, enfin, de les savourer. Et c'est
là qu'on s'en imprègne. Parce que ça marque : dans le cœur, dans l'esprit, et
jusque dans la chair.
Tiens, 'faudrait que je médite là-dessus.
Comme je suis un mouton, je vais révéler sur moi vingt[-deux !]
choses incroyables sans qu'on m'y ait conviée. C'est parti.
[edit]- Quand je commence un nouveau livre, après avoir lu les quelques
premiers paragraphes, je lis systématiquement la toute dernière
phrase ou bien, si jamais la phrase est longue, les derniers mots seulement pour
ne pas risquer de deviner la fin.[/edit]
[edit2]- Je ne mets jamais de majuscule à mon prénom. Parce que.
[/edit2]
- J'ai déjà liquéfié des limaces en les saupoudrant
de sel de cuisine. J'ai même pris des photos, une fois.
- Dans la rue, je regarde beaucoup les filles et ne remarque quasiment pas les
garçons. Et pas que pour leurs fringues.
- Très (vraiment très très) peu de gens savent tout ce qui
peut se savoir sur moi. Mais en revanche, beaucoup croient faire partie de ceux-là.
- Je me fascine souvent pour des choses qui, aux yeux des autres, n'ont absolument
rien de remarquable.
- J'aime quand on me dit que je suis mystérieuse. Et j'aime faire croire
que je le suis.
- Oui, hier soir c'était bien moi qui applaudissait (un grand merci à Yann pour la capture d'écran !) sur le plateau de Julien Courbet (et même que la bonnasse à ma gauche,
c'est elle ! ("
Daria, Daria ! regarde le monsieur on dirait trop Obélix ! ") –
et les mains qui s'agitent à droite, ce sont les
siennes).
- Il m'arrive de rentrer mon jean dans mes bottes vintage super haïpe.
- Petite, j'avais pris la décision de ne plus jamais boire de coca quand
j'ai su qu'il y avait de la caféïne dedans, ce parce que je confondais
cocaïne et caféïne et qu'on m'avait appris que la coke, c'était
mal.
- J'arrive à trouver des défauts à chaque partie de mon corps,
si petite soit elle.
- Je DETESTE avoir à mentir, à quique ce soit. Sauf moi-même,
peut-être.
- J'ai beaucoup de mal à trouver vingt révélations incroyables
révélables à mon sujet.
- Mon téléphone est (également) allumé 24h/24, même
s'il sonne très rarement.
- Ca va bientôt faire quatre ans que je n'ai pas passé deux semaines
sans pleurer vraiment beaucoup au moins une fois.
- Souvent, j'ai dans ma trousse et sur mon bureau des stylos qui ne marchent plus
simplement parce que j'attache trop d'importance aux objets et que je n'arrive
pas à les *abandonner* et encore moins à les jeter.
- J'ai aujourd'hui accumulé sur mon pc près de 600 de photos de
femmes, connues ou pas.
- Quand j'y pense, je me tartine de crème nivéa body avant de voir
mon chéri et lorsqu'il me dit que j'ai la peau douce, je fais comme si
j'étais pas au courant.
- L'idée de décevoir les personnes à qui je tiens m'est insupportable.
- J'attache une certaine importance (voire une importance certaine) aux fringues.
Ce qui ne veut pas forcément dire que je sois toujours bien fringuée
(bien que si j'en avais les moyens je crois que je...).
- Il m'arrive de lire des skyblogs.
- Quand j'étais môme, il m'arrivait d'avoir les larmes aux yeux quand
j'inventais une chanson tellement je trouvais ça beau et émouvant
(...).
Même si personne ne m'avait invitée à participer à
ce truc, je passe le relais à Stellou
parce que ça l'obligera p'têt à re-poster et que j'aime quand
elle poste. Et puis aussi à qui le voudra !
On traîne tous derrière nous on certain nombre de casseroles, comme
le dit si bien l'expression... J'en ai quelques unes, moi aussi. Des bien crasseuses,
des qui sont là depuis un moment et que je m'applique à entretenir
quand y faut (ou pas), et d'autres moins. Et j'ai une particulière capacité
à toutes les saisir d'un coup et à me taper sur la djeule avec.
Je crois que j'ai ce besoin de me foutre des claques un peu de temps en temps,
de remuer les couteaux dans la plaie. Non pas que je me complaise là-dedans
comme certains l'ont parfois cru ou analysé, mais juste parce que je sais
pas, j'y peux rien, c'est comme ça et puis c'est tout. Il faut que
je me fasse du mal. Il faut que je me souvienne jusqu'où je peux
creuser, que je me remémore que ah ouais, quand même, voilà
à quel point je peux pousser le mépris du moi. Y'a même
pas à réfléchir.
C'est malgré moi et croyez bien que ça m'emmerde de pas pouvoir
m'en empêcher, de même pas le sentir quand ça arrive pour tenter
une esquive. Parce que sur le coup j'en suis pas consciente, hein. Là je
fais genre je la connais bien la p'tite kim, hin hin, p'tite chenapine ! Alors
qu'en fait tout ça je m'en rends compte – et je l'admets – que
très progressivement et depuis peu, pourtant ça fait un bon bout
de temps que je fais ça, j'le sais.
Alors voilà : quand j'avance, quand je vis, un beau jour on va me tendre
une perche – ou même, mieux encore : je vais m'en tendre une toute
seule – j'ai fait des études de contorsionnisme dans ma folle jeunesse.
Un truc bidon mais bien tortueux sur lequel je vais pouvoir stagner un p'tit moment,
comme ça, l'histoire de bien se prendre la tête comme je sais si
bien le faire. Je vais prendre la perche et je vais la machouiller, la ruminer,
même. Jusqu'à ce que j'aie retourné le truc dans tous les
sens, que j'aie imaginé tous les schémas les plus pessimistes possibles
et imaginables... Pour finalement décider de ne rien faire parce que pas
assez sûre de moi pour tenter quoique ce soit au risque de tout foutre en
l'air, douée comme je suis. Alors je reste là, les bras croisés,
et je dis ça : tant pis pour moi. Once again.

- vas-y on refait la peur ! mais je fais le voleur et toi la volée
- ok ! * ... * merde y'a plus ma soeur pour appuyer sur la touche de screen !
- appelle-la !
- non elle est en bas ça va l'embêter de venir ! * ... * bon attends j'essaie
d'appuyer avec mon coude

Aujourd'hui je me suis coupé environ 25 centimètres de cheveux,
deux fois. Deux misérables petites mèches, une sorte de pro-frange
quoi.
Comme j'ai très confiance en moi et en ma légendaire adresse, je
paniquais un peu. Du coup j'ai demandé conseil à Anh.
« bah chais pas essaie tu verras bien.
- nan mais t'es folle là c'est pas ESSAYER là, c'est IRREVERSIBLE TU VOIS
!
- bin vas-y alors.
- non mais attends je peux pas le faire comme ça, ça doit être une décision
mûrement réfléchie !
- oh tu m'saoules hein ! j'me casse !
- noon resttee Aaaanhhh jle fais ou pas ?!
- mais j'm'en fous moi !
- bon allez, courage kim, courage.
- ...
- j'l'ai fait !!!!!!!!
- ouais super ! \o/
- mais c'est trop moche ! bouhouhouuuu je suis défigurée à
vie !
- pff mais non regarde 'suffit de mouiller.
- ah ouais ça va mieux là ! merci ma sur ! »


Tu murmures à mon oreille que tout ira bien et si tu savais combien j'ai
envie de te croire...
J'essaie de m'apprendre à ne plus mettre systématiquement ma vie
au conditionnel, d'apprendre à vivre le moment présent, là,
tout de suite : à le saisir, que je puisse le sentir palpiter au creux
de mes mains et pouvoir me laisser m'enivrer de sa douceur, sans réfléchir
une seule seconde aux conséquences, sans chercher une seule fois à
savoir si je le mérite ou pas, si j'en ai le droit. Mais c'est difficile,
car encore une fois, ça fait un bout de temps que je trimballe avec moi
ces craintes qui, à chaque instant, me poussent à poser des «
si » un peu partout. C'est devenu un réflexe, quelle que soit la
situation, je martelle ma tête de « Et si je fais ça, qu'est-ce
qu'ils vont en penser ? Qu'est-ce qu'il va se passer, ensuite ? Et si j'y arrivais
pas ? Et si j'étais pas à la hauteur ? Et si ça ne marchait
pas ? »
Je voudrais tant me sentir apaisée, enfin. Et je crois que j'y travaille
sérieusement, en ce moment. Ça va marcher (?).
« Il y a vingt ans je ne soupçonnais même pas votre existence prochaine – à l'époque, vous n'étiez qu'un éclair lubrique au fond de mon œil. Aujourd'hui j'ai l'impression que vous avez toujours été là à me casser les burnes ! »
#Mon père, ce poète, écrit par Kim.Sur le fil de mon présent j'avance d'un pas hésitant. Au moindre faux pas les
démons du passé me rattrapent et me noient sous le poids de leur noirceur. J'essaie
de me frayer un chemin entre les gens, les évènements, toutes ces choses qui défilent
devant mes yeux tristes. Je me sens tellement inférieure, les belles choses me
paraissent inaccessibles, bien qu'en tendant un peu la main j'y parvienne. Mais
cette once de bonheur que j'effleure du bout des doigts a quelque chose d'onirique...
D'un onirique éphémère, de surcroît, et l'appréhension d'un réveil douloureux
me fait douter. Je retrouve alors cette particulière capacité que j'ai à mettre
ma vie entre parenthèses lorsque celle-ci m'effraie un peu.
Je tais le désir qui ère secrètement en moi de m'éparpiller dans cette
vie. Je redoute l'effet papillon : d'un battement d'aile ici provoquer une tempête
là-bas, surtout si ce sont les autres qu'elle risque d'atteindre au lieu de moi.
J'essaie toujours d'enrober les choses délicates dans du papier de soie. Je cherche
perpétuellement des mots à poser sur les différentes émotions que je ressens.
C'est ce que je fais en ce moment même.
Il est difficile de cueillir des mots justes pour décrire une émotion car il est
nécessaire de poser le mot qui correspond exactement à ce que l'on souhaite exprimer.
Les émotions sont si abstraites. Choisir des expressions pour les décrire, c'est
un peu comme essayer de les concrétiser.
Je cherche pas à être claire. Je cherche à poser les mots qui correspondent
à ce que je ressens. Or ce que je ressens est confus.
Je ne sais pas trop où je vais, mais j'y vais quand même.
Je retrouve cette spontanéité dont je raffole. Des journées,
voire soirées impromptues. Ca me paraît tellement plus vrai, tellement
plus vivant... Bien sûr, c'est aussi parce que les vacances le permettent,
alors c'est temporaire, mais bon, profitons-en.
Dimanche matin, on décide d'aller au Salon du Chocolat. Quelques heures plus tard on goûte
aux ganaches japonaises au thé vert, qui fondent dans la bouche. J'aurais dû emmener l'appareil photo. On en
achète une boîte pour Papi et Mamie. Et puis on décide de
passer chez eux la-leur donner. Ils viennent de rentrer du Pérou. Mamie
nous gâte. Elle m'offre une parure de bijoux achetée là-bas,
entre deux visites : un collier orné d'une véritable pierre turquoise
et de longues boucles d'oreilles assorties, comme j'aime. Elle nous propose, à
moi et Anh, de revenir dès mercredi midi pour peindre avec elle. On est
donc venues. On a essayé d'imiter les techniques abstraites de Zao Wou
Ki ou encore les orchidées de Shan Sa – que j'aime vraiment vraiment
beaucoup.
On a dormi chez eux car ce matin Papi faisait une conférence à laquelle
j'ai voulu assister, au Musée
Guimet à propos des « rapports culturels entre les Viêts et les
Chams dans l’histoire », et ce dans le contexte de l'exposition qui s'y
déroule actuellement : Trésors d’art du Vietnam, la sculpture du Champa.
C'était... impressionnant et plutôt enrichissant.
Quant à mardi, on assistait à une émission sur les troubles
du sommeil avec mes copines, sur un plateau de TF1, placées au premier
rang derrière les invités. Starlettes.

Essayons de formuler un avis plus ou moins objectif sur ce début d'année.
Par où commencer ?
Le lycée, bien sûr ! Eh bien, à ma grande surprise, je crois
que ça commence pas trop mal. Pour l'instant. Du point de vue des notes,
ça va, imhotep, je vais pas me plaindre, même si j'ai toujours cette
sale-mais-tout-à-fait-justifiée impression de n'avoir aucun mérite.
Mais bon, c'est tout moi ça hein : jamais contente, éternellement
insatisfaite & compagnie, tout ça. Passons. Et attardons-nous plutôt
sur le corps enseignant. Hin hin hin.
En Maths, c'est le jour et la nuit. Madame G., qui s'est appliquée à
ruiner ma précédente année scolaire (avec ma modeste contribution,
il faut l'avouer), peut aller se faire petite souris ! D'ailleurs, cette nuit,
j'ai *rêvé* qu'une classe faisait grève pour ne pas l'avoir
pour professeur et de ce fait risquer d'être définitivement dégoûté
par la matière qu'elle tente d'enseigner.
En Français, aux premiers abords, elle avait l'air super méchante,
désagréable, cassante, hautaine. Je ne sais pas d'où m'est
venue cet apriori, peut-être était-ce la façon dont elle parle,
ses intonations assez particulières, ou peut-être était-ce
simplement le fruit de ma paranoïa... Enfin bon, l'important est qu'en fait,
cette première impression s'est avérée fausse puisqu'elle
est gentille, voire même souriante. Hm. Aujourd'hui, elle a rendu notre
second devoir, à savoir un commenaire d'une Fable de La Fontaine (original,
n'est-ce pas.) et elle nous a fait un petit résumé oral des *perles*
relevées pendant sa correction. Il y avait le « prétentionnisme », l'« hérotisme » (pour héroïsme, pas évident), ou encore l'« anifaction », terme pour lequel l'élève
a eu l'aimabilité de préciser entre parenthèses que « c'est quand on fait parler un animal au lieu d'un homme ».
Bon, voilà, j'ai fait fait le tour en ce qui concerne l'univers lycéen (pour le reste,
euh ben euh... mh... plus tard bel enfant, plus tard !). Enfin en fait non, mais
disons que mes révisions m'attendent et qu'on va pas s'arrêter en
si *bon* chemin. Ahahaha elle est bien bonne.
- Un visiteur ! - Venu d'ailleurs
! - OoooOoooh ! (c'qu'on s'amuse entre soeurs :')
Comment fait-on pour dormir ? Il doit manquer des étapes au mode d'emploi
qu'on m'a donné.
On me dit quand vient la nuit, mets-toi sous ta couette, bien au chaud, ferme
les yeux et ça vient tout seul.
J'attends. Des heures durant j'attends. Le marchand de sable me boycotte ! Il
y a une infinité de moutons et ces gros malins me fouttent une migraine terrible.
J'attends encore et ne dors toujours pas. Alors forcément je commence à
cogiter et là c'est foutu, parce que quand je commence à cogiter
il est clair que je clos difinitivement l'entrée de ma p'tite tête
à DameM. (tx jib's !) Morphée.
Ca fait des semainesmois que ça dure. Y'a qu'à
voir comment je radote ici. J'en peux plus, vraiment, là. 'Puis regardez-moi
cette tête mh. Pas franchement glam'.
En ce moment ça se bouscule énormément dans ma p'tite têtevie.
J'ai plus l'impression de contrôler quoique ce soit, ni même de me
rendre compte des évènements qui se produisent. C'est un peu...
étrange, comme sensation. Enfin j'ai déjà expliqué
plus ou moins brièvement tout ça, mais ça dure, ça
s'amplifie même.
Mais bon. On verra, tout ce que j'espère c'est de ne pas faire trop de
dégats derrière moi...
J'ai du mal à me faire une idée de la situation actuelle au Lycée.
Là aussi, je suis un peu perdue. Les premières notes sont arrivées
et ça semble pas trop mal s'annoncer, il y a notamment eu cette grande
surprise en Français avec l'impression de ne pas mériter ma note,
du coup.
Socialement parlant. Je fais des rencontres. Je me permets des sorties impromptues
(« ça te dit on fait ça ? – ok, ça marche »
ou, variante « allez viens j't'invite – ok, j'arrive ») sans
ressentir le besoin de me justifier, un peu comme un sentiment de liberté.
Je me rends compte que putain quand on me dit que je passe mon temps à
me dévaloriser c'est pas des conneries. Je me rends compte que je refuserejette
toute forme de compliment, quelqu'il soit, comme si je ne voulais surtout pas qu'ils m'atteignent,
comme si je refusais qu'ils me touchent, que j'essayais à tout prix de
faire en sorte qu'ils ne me désignent pas.
Je suis heureuse de pouvoir partager mes émotions avec des gens qui, en
face de moi, m'écoutent vraiment, même si, ça aussi, j'ai
du mal à le concevoir voire à l'accepter.
Le 17 septembre,
j'écrivais « On trouvera une psychiatre... ». Aujourd'hui,
soit après trois semaines, on ne l'a toujours pas trouvé, ce docteur
de l'âme. Pourtant, j'ai fait l'effort. J'ai fait l'énorme effort
d'aller expliquer la situation à papa, et surtout, à maman. De leur
rapporter les propos de la psychologue du Relais qui a bien précisé
qu'un suivi psychiatrique règulier était aujourd'hui vraiment nécessaire.
Mais on dirait qu'ils ont pris ça à la légère. Enfin
j'en sais trop rien... Quoiqu'il en soit je suis toujours là, avec ces
foutues migraines qui empirent, ces foutues insomnies qui me crèvent chaque
jour un peu plus, ces douleurs physiques, ces larmes qui coulent, encore... Et
c'est comme si parfois elle me voyait encore comme une p'tite conne d'adolescente
en crise, comme elle le disait si bien il y a pas si longtemps. Pourtant je
lui ai dit. Je lui ai dit, vaguement, peut-être, mais je lui ai dit ce qu'il
y avait, ce qu'il s'était passé. Pourquoi ce manque d'assurance
handicapant au quotidien, pourquoi ces larmes, pourquoi ces lames, peut-être,
un peu, aussi, pourquoi tout. Presque tout. Mais même si je suis pas allée
jusqu'au bout, elle sait, je sais qu'elle sait. Et on en est toujours là.
J'ai peur d'elle. J'ai peur des hommes. J'ai peur de moi. J'ai peur de mes choix.
J'ai peur d'avancer. J'ai peur de tout.
Ca a recommencé. C'est comme les années précédentes,
mais en pire. Depuis ce matin ça ne s'arrête plus. Il est 22h30. Mon cerveau est
en miettes.
Au début, c'est juste sur les tempes, l'impression d'avoir la tête
dans un étau serré très fort, de plus en plus fort. Jusqu'à
ce que ça te foute la nausée. Et puis ensuite on voit trouble, on
commence à avoir la tête qui tourne. Aucun médicament n'y
change rien. Aucun. Ca vient d'ailleurs... C'est dans ta tête. C'est l'angoisse,
c'est la déprime, en somme. Et toutes ces conneries.
Le remède ? Antidépresseurs. Mais ce serait bien de ne pas
en arriver là. Alors on va essayer toutes sortes de choses pour y échapper.
Tisanes, cours de relaxation, que sais-je encore. Et puis on verra bien... Mais
quand même, il faudrait que ça cesse, et vite, parce qu'autrement
ça va vraiment plus être possible de tenir. Et les insomnies non
plus, ça aide pas.
Y'a plein de choses qui arrivent en ce moment, pour ne pas dire qui me tombent
dessus. Parce que l'expression est assez péjorative or ce qui arrive,
en ce moment, a l'air plutôt bon même si j'ai du mal à gérer
ça. J'ai pas l'habitude d'aller de l'avant, je suis plutôt du genre
à sans cesse hésiter lorsqu'il s'agit de prendre une décision
jusqu'à, finalement, choisir de ne rien faire par crainte, entre autres,
de causer du tort à quelqu'un si je décidais de m'imposer dans une
certaine direction. Réfléchir en faisant passer les autres en premier
complique forcément la tâche parce que beaucoup d'autres contraintes
entrent alors en compte en fonction de chacun... En ce moment j'essaie d'être
plus spontanée, de ne plus conditionner mes choix en fonctions des autres,
c'est-à-dire sans trop chercher à savoir ce qu'un tel va penser
si jamais je. J'essaie. En vain, mais j'essaie quand même, c'est déjà
pas mal.
Ceux qui lisent depuis un moment se souviendront peut-être de ce peintre
qui, il y a un ou deux ans, tandis que je flânais le long des rues
parisiennes m'apprêtais à faire du shopping du côté
de Montparnasse, m'aborda en je ne sais plus trop quels termes... J'avais d'abord
cru à une plaisanterie, mais, après avoir entré ses coordonnées
sur google, je m'étais rendue compte qu'il avait vraiment ce statut d'artiste,
qu'il y avait certaines de ses uvres sur la toile, sa biographie, etc. Mais
je n'ai jamais osé rappeler, à l'époque. L'autre jour, je
suis retombée sur le papier qu'il m'avait donné avec son nom, l'adresse
de son atelier et son numéro. J'ai raconté cette histoire à
mamie, qui peint elle aussi, et qui m'a dit d'appeler parce qu'« un artiste,
ça change pas d'avis ! ». J'ai donc suivi son conseil...
Il va peut-être il y avoir quelque chose, mais je n'en sais pas plus et
je ne préfère pas m'enthousiasmer prématurément alors
on verra.
Cette
chanson qui (re)passe en boucle.
Alors voilà, c'est tout neuf. Y'a peut-être quelques trucs bizarres
qui trainent çà et là et, dans le cas échéant,
n'hésitez pas à m'envoyer un
mail pour me le signaler parce que là, je suis vraiment trop fatiguée
pour faire la chasse aux petits défauts. Je n'ai même pas pris le
temps de vérifier la versions sous les autres navigateurs que celui que
j'utilise (à savoir IE, quel travail bâclé mh). Je suis quasiment
certaine que l'effet que j'ai mis sur la camshot ne fonctionne pas ailleurs, mais
bon...
Enfin bon, j'éditerai ce message plus tard parce que j'ai peut-être
des trucs plus intéressants à dire... D'autre part je pense que
les commentaires vont bientôt disparaître alors profitez-en
!
Petit édit à propos de la version :
J'ai utilisé une texture de labirynth,
la photo utilisée pour la réalisation du vector vient d'un magazine
italien (Vogue ?) d'après une
source pas très sûre, et j'ai dessiné le dragon avec ma
main gauche et un stylo d'encrage emprunté à ma sur... Je
crois que ce sera tout à propos des diverses ressources !
D'autre part, les plus observateurs ont peut-être remarqué que ce
n'est plus ' des fleurs & des mots ' qui est écrit sur le montage,
mais à nouveau ' dear sadness '. Ce n'est pas vraiment une erreur de ma
part... En préparant la version, j'avais écrit ' dear sadness ',
sans trop réfléchir. Et puis quand j'ai vu la faute, je me suis
aperçue que dans ma tête ce nom-là était resté.
Et comme je suis un peu superstitieuse avec ce genre de choses, avec les mots,
ben voilà.
(si, sous votre navigateur vous voyez toujours le texte en rose comme sur la version
précédente, je ne peux que vous conseiller d'actualiser la page...)
Je pourrais décrire de milles autres façons cette fatigue-là.
La même, bien sûr. Je pourrais décrire chaque conséquence
qu'elle a sur moi, au quotidien, qui, telle une loque me traîne toute la
journée.
Des yeux qui ne tiennent plus ouverts et au creux desquels perlent des larmes à tout moment. Commençant à prendre l'habitude on se surprend à anticiper en fixant parfois le ciel pour calmer le jeu, ça a l'air presque joli de dire
ça, mais qu'est-ce que c'est laid au fond. Quand on sait. Mais personne
ne sait...
J'ai l'impression de perdre mon temps à stagner lamentablement ici alors
qu'il y a tant de choses à faire. Si j'arrivais à voir un peu plus
loin que mon nombril, ce pourrait être intéressant. Regarder
tout autour, ouvrir grand les yeux, se défaire de toutes ces craintes,
de ces regrets, de ce dégoût, de cette honte, de ce regard-là.
S'en détacher, une bonne fois pour toute, comme on laisserait derrière
soi, sur le quai d'une gare, une grosse valise qu'on aurait traînée
derrière soi quatre années durant et dans laquelle se seraient accumulés
toute la crasse, toutes les choses dures et douloureuses, tout ce qui a blessé
et qui n'a jamais cicatrisé – même Avec le temps –
parce qu'on s'y est vraiment mal prise mais c'était pas ma faute.
Parce qu'autrement, à force de se tuer à essayer d'avancer sans
parvenir à s'en décharger, on finirait par rater vraiment beaucoup
de trains de vie et de se retrouver perdue. Plus que jamais perdue. Sans aucun
repère qui se présenterait timidement mais sûrement pour pouvoir
essayer de repartir, cette fois-ci.
Exorciser n'est pas forcément la bonne solution. Du moins pas quand on
s'y prend aussi maladroitement. Mais ma maladresse, ça, je crois que malgré
tous mes efforts, je pourrais jamais m'en défaire. Déglutir toutes
ces histoires à n'importe qui comme pour s'en purger n'est certainement
pas la bonne solution. Surtout lorsqu'on en est quand même un peu conscient
et que l'on regrette amèrement sitôt après coup.
Tout ce que je vais réussir à faire, si je continue sur ma lancée,
c'est à devenir folle et à faire en sorte que tout le monde le sache.
Repères, repères, où êtes-vous donc passés ?
La routine du lycée reprend peu à peu son cours, mais, encore une
fois, cette année est particulière alors ça ne sera sûrement
pas pire qu'avant.
Je me sens extrêmement fatiguée, ce qui est probablement lié
au fait que, depuis plus d'un mois, je ne passe plus de vraies nuits. J'entends
par là qu'étant perpétuellement dans un état d'angoisse
(mêlée à...), je mets un temps fou avant de m'endormir...
C'est-à-dire que, quelle que soit l'heure à laquelle je me suis
couchée, je m'endors rarement avant deux heures du matin, au mieux. L'ennui
est que les vacances sont finies depuis deux semaines et que par conséquent,
il faut être debout 5h30 plus tard alors forcément, au bout d'un
certain temps ça commence à peser lourdement et à réellement
se ressentir physiquement, au quotidien. Courbaturée, cernée, et
tout et tout. Je me fais peur tous les matins.
Mais bon, c'est une chose...
Le rendez-vous que j'ai pris l'autre jour a eu lieu mardi après-midi. Ca
devait faire trois mois que je n'y étais pas retournée et elle a finalement dit qu'il faudrait que je sois suivie bien plus règulièrement.
Qu'il fallait donc en parler à papa & maman parce que minorité
oblige.
Pour papa, ça ne posait pas vraiment de problème mais j'appréhendais
maman, bien sûr. Alors après lui en avoir parlé, je
lui ai demandé ce qu'il en pensait et il m'a dit que maman ne réagirait
pas comme l'année dernière ou comme celle d'avant encore, vis-à-vis
de tout ça.
J'ai donc " pris mon courage à deux mains " (j'arrête pas,
en ce moment, les actes courageux, mais je ne peux pas/n'ai pas pu expliquer ici
où quand comment) (parce que oui, pour aller voir maman à ce sujet,
il s'agissait bien de courage... et comprenne qui pourra) et, en fin de compte,
soulagement : j'ai bien fait. On trouvera une psychiatre... Une, parce qu'étudier
toutes ces histoires avec un homme serait sûrement plus délicat.
Une dernière chose. C'est que, franchement, allez chez
Diane.
La vingt-neuvième version arrive très prochainement.

Il y a des choses bien qui arrivent on sait pas trop comment mais cette fois on
décide d'en profiter quand on nous tend la main. C'est différent.
Peut-être la tête hors de l'eau maintenant, mais tout ça ne
tient qu'à un fil. Il suffit que, comme ça, tu décides de
taper là où ça fait mal et je me noie de plus belle. Et si
seulement il n'y avait que toi.
J'appréhende j'angoisse je crains je redoute.
Il suffit d'un rien pour que tout soit comme avant. Comme si on faisait, en l'espace
de quelques secondes, un bon en arrière de plusieurs mois. Voire d'années.
Quatre ans c'est rien finalement mais quand on y repense c'est vraiment dur. Tout
ce par quoi on a pu passer. Mais ça aurait pu être pire. Y'a
toujours pire.
Je sais que j'ai bien avancé depuis, même si ce n'est pas pour autant
que la tâche est plus facile, que tout ça est plus simple. Au contraire.
Il y a des mots que des gens vont laisser traîner çà et là,
sans trop savoir, mais on les reçoit différemment parce que. Des
petites choses qui sont simples à dire mais qui font tellement de bien
à entendre parfois.
En ce moment c'est une période étrange. C'est comme si tout ce que
j'avais laissé derrière moi, toute cette crasse, cette saleté
revenait pointer le bout de son nez l'air de rien. J'avais l'impression d'avoir
tout oublié et en fait tout est là, il suffit de creuser un peu. Détail
par détail. Je sais qu'il faudra tôt ou tard revenir là-dessus,
décortiquer toute cette merde, autrement ça ne guérira pas.
Ca ne cicatrisera probablement jamais, parce qu'il y a des choses comme ça
qui sont vraiment trop lourdes, mais on peut faire en sorte que ça ne soit
pas aussi douloureux qu'en ce moment ou que ça ne l'a été. Peut-être.
Dans ma tête tout est en vrac il faudrait que j'arrive à mettre tout
ça en ordre pour pouvoir m'exprimer. J'ai quand même réussi
à prendre rendez-vous, toute seule, comme une grande, avec la psy. J'ai
fait cette démarche. Ca paraît con, mais avant on m'y traînait
parce que je refaisais le carlage du lycée avec mes larmes.
Ca s'appelle grandir, on m'a dit ça.
Même si la situation est assez peu commune (peut-être l'expliquerai-je
prochainement, lorsque je l'aurai acceptée), ça s'est bien
passé, globalement.
Ce matin, on a eu _ entre autres _ deux heures de maths.
Bon sang, ce que ça peut changer de mon ancienne professeure, ça
n'a strictement rien à voir. Je l'imaginais encore plantée comme
un piquet avec son triple menton à nous considèrer gravement, faisant
la grève de la craie parce que deux pauvres mômes étaient
en train de chuchoter au fond de la classe. A sortir aux élèves
en difficulté : " non, vous n'avez pas le droit de poser d'autres
question : votre crédit est dépassé " et tout le tintouin.
Ca doit pas vous parler, tout ça, mais moi ça me fait encore frémir
d'horreur (j'exagère un peu, peut-être).
Ce professeur-ci a très bonne réputation dans l'enceinte du lycée.
On dit même que c'est le meilleur et je veux bien le croire.
Le même professeur de SVT que les deux années précédentes.
J'aime également.
Ensuite il y a l'emploi du temps. Incroyable emploi du temps, du jamais vu dans
cette section, je crois. On ne fini [EDIT] à 18 heures qu'une seule fois dans
la semaine _ pour l'instant, car il risque d'il y avoir des modifications _ et
le reste du temps, c'est 16 ou 17 heures [/EDIT], et puis on commence à 9h30 le lundi.
Je suis encore en panique (" même si c'est pas la peine
", private joke). Je mets toujours au minimum 3 heures à m'endormir.
Et tout et tout. Mais bon, ça passera. Je pense. J'espère.
Les migraines chroniques sont revenues peut-être une semaine avant la pré-rentrée
et ne sont, je pense, pas prêtes de s'arrêter. Mais bon. L'habitude
d'avoir mal (même si ça ne devrait pas exister).
Il y a d'autres choses.
J'ai passé de bons moments dernièrement. Avec des amies. Comme j'en
ai jamais eu au lycée. C'est-à-dire des personnes matures qui m'écoutent, me comprennent
même, qui ne me jugeront pas. Et ça c'est capital. Et c'est
difficile, aussi.
Je fais des rencontres. J'essaie de réapprendre à avoir une vie
sociale dite " normale ", en fait. Je l'ai expliqué l'autre
jour. Jai peur des gens, tout le temps. J'ai eu, j'ai tellement peur que je n'ai
plus aucune spontanéité lorsque des gens sont là, sauf exceptions
lorsque le contexte est disons particulier. Je ne suis plus moi. Je deviens
on ne peut plus maladroite, nerveuse, paniquée... terrifiée. Autrement
dit tout ce que je redoutais. Alors c'est un cercle vicieux parce que j'ai tellement
peur de me planter... Que je me plante. Et m'être effectivement plantée
est un argument pour me m'aider à me mépriser un peu plus, à
craindre un peu plus la prochaine fois qu'il y aura ces gens. Ainsi de suite.
Et ça fait des années que ça dure, ça s'est terriblement
amplifié alors aujourd'hui c'est vraiment dur d'y mettre un terme.
Ca y est, j'ai accompli ma tâche annuelle de pré-rentrée :
le retapage d'agenda (ou " customisation, pour faire haïpe – on
est une nunuche ou on l'est pas, hein). o/
Il y a cinq ans, ce travail consistait à acheter un Star Club et à
coller les autocollants de Buffy & ses coupains sur une feuille blanche qui
faisait alors office de couverture.
Puis, avec la découverte d'Internet, je passais une ou deux journées
sur la Recherche d'images Google avec ma cousine et on arborait nos agendas de
dessins imprimés pour la plupart signés Luis Royo (notons que nous avions
bon goût).
L'année dernière, c'est Photoshop qui est entré dans ma vie.
J'ai acheté ceci,
j'ai monté un collage
de différents bidules réalisés dernièrement, j'ai
imprimé, puis collé et voilà ce que ça donne.

Je sais pas trop comment ça s'est passé pour maman au début.
Je crois qu'elle avait commencé le piano quand elle était môme,
un peu comme moi. Et puis il y a eu un problème (d'argent, sûrement)
et, adolescente, elle a dû arrêter de prendre des cours. Ensuite
elle a repris, dès qu'elle l'a pu.
Donc, quand j'étais gamine, elle jouait - entre autres - les variations
d'Ah ! vous dirai-je maman, de Mozart. Elle m'avait appris à jouer la
première, je crois, et j'adorais ça.
On m'a mise à l'éveil musical à 5 ans, ou 4, je sais plus,
et à 6 ans j'ai choisi de faire du piano tout en continuant le solfège
et la chorale. Au conservatoire, la première fois que j'ai rencontré
un soupir sur une partition, je ne savais pas comment il fallait le faire
alors le professeur m'a expliqué - à l'époque maman assistait à
mes cours - " un soupir, le petit symbole là, ça signifie
que tu dois délicatement lever le poignet pour lâcher la note "
alors j'ai fait un geste, tout ce qu'il y a de plus gracieux, majestueux, et
tous les adjectifs en -eux dans le style : j'ai, telle une libellule prenant
son envol, soulevé mon poignet à 50 centimètres au dessus
des touches. Maman et le professeur ont rit et il m'a dit que c'était
presque ça, mais qu'il ne fallait pas aller si haut avec ma main.
A la naissance de Minh on a dû déménager et j'ai eu une
nouvelle professeur. Un peu tarée. Elle me claquait les mains dès
que je faisais une fausse note ou quoi, etc. Ca m'a un peu blasée, je
ne travaillais plus mon piano et ne progressais forcément pas beaucoup.
J'avais dix ans. Ensuite, maman a dit ras le bol, tu changes de professeur.
Je devais avoir 12 ans alors. J'ai toujours la même prof' actuellement,
Madame S.. Elle est très perfectionniste. Je l'aimais bien mais je ne
faisais toujours pas de piano par plaisir personnel : je continuais surtout
parce que maman m'y forcait un peu. Madame S. donc, me laissait choisir mes
morceaux. Elle m'en présentait plusieurs abordables à mon niveau
et je choisissais celui qui me plaisait le plus.
Et un jour il y a eu le Moment Musical N°3 de Schubert. Ca a été
le " morceau-déclic ", la révélation en quelques
sortes, pour moi. C'était magique, il me paraîssait complètement hors d'atteinte à mon faible niveau avec ses quatre menaçants bémols à la clef, mais je l'ai déchiffré en
un rien de temps et on l'a peaufiné ensuite... Et puis j'ai commencé
à progresser à partir de ce moment là, je crois. Aujourd'hui
j'ai atteint un niveau disons " convenable ". Je regrette tellement
de ne pas m'être mise à travailler règulièrement
plus tôt mais... Tant pis. Aujourd'hui c'est un réel plaisir. Mieux
encore, c'est une passion dont je ne peux pas me passer. Je joue pour moi. Je
le disais l'autre jour à un ami au téléphone qui se reconnaîtra
sûrement : quand on part en vacances dans un lieu quelconque, ma première
question n'est pas de savoir s'il y a une piscine ou la mer à proximité
ou quelque chose comme ça... Ma question est : il y a-t-il un piano là-bas
?
Avant de partir en vacances cette année j'ai demandé à
avoir un " cours spécial " avec Madame S., j'ai ramené
plusieurs partitions et je lui ai demandé ce qui était abordable
pour moi, à travailler seule pendant les vacances. Elle m'a montré
un mouvement de la Sonate Pathétique de Beethov, deux ou trois Nocturnes
de Chopin et une Sonate de Mozart... Et puis elle m'a dit qu'en fait, le Beethoven
serait le mieux parce que les autres étaient un peu délicats pour
moi. Mais j'ai eu un coup de coeur, vraiment, pour le Mozart. Je l'ai bien avancé
aujourd'hui et j'ai hâte de le travailler avec elle. Si j'arrive à
bien le jouer, un jour, je ferai une petite vidéo hinhin !

J'étais heureuse de rentrer. Je sais pas trop pourquoi, plusieurs fois
j'ai chialé, beaucoup, et j'avais envie de rentrer en pensant que ce serait
mieux ainsi.
C'est pire.
J'avais préparé plein de petites anecdotes de vacances sur papier
pour ne pas les oublier. De jolies choses, joyeuses. Je vais les poster, mais
ça ne veut plus rien dire actuellement. Bien sûr, ça va passer,
comme d'habitude. Et puis je me dirai : cette fois c'est la bonne. Suivi d'une
" rechute ", comme ils disent. Tant pis.
" Anecdotes de vacances...
Vers 20 ans, papa avait des canaris en liberté dans sa chambre – car
il ne supportait pas les voir en cage – et, une fois, en rentrant de week-end,
il a trouvé sa chambre dans un état pas possible parce que les oiseaux
avaient déroulé des bobines de fil à travers toute la pièce
pour faire leur nid.
(papa était, est, a toujours été un grand passionné
d'oiseaux... et de tout ce qui vole en général)
Pendant un moment, il a travaillé pour l'INSERM (institut national de la
santé et de la recherche médicale). Un soir, un canari est tombé sur son
bureau, tout essouflé, juste devant lui. Il était entré par
la fenêtre et avait dû s'enfuir de chez lui. Papa l'a regardé
et lui a dit " ah ben tiens, tu pouvais pas mieux tomber, toi ! " parce
que, quelques mois auparavant, une saleté de chat avait réussi à
déchiqueter le grillage de la grande volière qu'il avait construité
et avait zigouillé cinq ou six oiseaux. Papa a ramené le canari
chez lui et l'a mis dans la volière qu'il avait pris soin de sécuriser
après le drame en fabriquant, à l'aide d'une bobine de fil et de
piles, une petite clôture éléctrique.
(je classe ces récits dans les ' anecdotes de vacances ' parce qu'il nous
a appris tout ça au cours des dîners)
On est allés voir des étoiles, un soir. J'en avais jamais vu autant.
On pouvait nettement distinguer la voie lactée, comme une longue et dense
traînée de lumières de toutest ailles, ce même avec
mes yeux de viêt donc de myope. C'était, paraît-il, le début
des nuits d'étoiles filantes. Alors on s'est tous (Louis, Minh, Anh, Laura
– la fille de notre hôte –, papa et moi) assis à même
le goudron, au milieu de cette route de campagne (presque) déserte, la
tête dans les étoiles.
J'en ai compté six.
Retourné, l'ongle du pouce gauche. Avec une dose de sang.
Ecorché, le pied droit, sanglante blessure elle aussi et toujours pas totalement
guérie après deux semaines.
Ecorché, lui aussi, le pied gauche, et deux fois ! Dont l'une qui toutefoies
– bien que douloureuse puisque s'étant infectée –, fait
sourire avec du recul, lorsqu'on repense à la manière un peu bête
dont on s'est fait mal.
Plusieurs bleus, et d'autres choses encore. Le tout en l'espace de deux petites
semaines.
Record battu ?
En Dordogne, où on a passé un peu moins d'une semaine, j'ai pu prendre
du temps pour lire parce que d'habitude, j'ai toujours d'autres choses disons
" prioritaires " à faire comme des lectures à titre purement
scolaires.
Une relation dangereuse, de Douglas Kennedy (pas mal) ; Hell, de
Lolita Pill ou Pille, je sais plus (nul) ; L'Herbe Bleue ; Le portrait
de Dorian Gray, d'Oscar Wilde ; La vie devant soi, de Romain Gary (fabuleux,
je ferai peut-être un article, quand j'aurai la tête à ça)
; Antéchrista d'Amélie Nothomb (j'ai aimé), ainsi
que les tombes 4 à 18 de Naruto (! si on peut appeler ça une ' lecture
'), empruntés à Anh & Louis. "
Il faudrait aussi que je rédige un petit résumé plus ou moins
daté, pour les souvenirs... Et que je mette quelques photos.
« J'avais toujours été seule, ce qui ne m'eût pas déplu
si cela avait été un choix. Ce ne l'avait jamais été.
Je rêvais d'être intégrée, ne fût-ce que pour
m'offrir le luxe de me désintégrer ensuite. » Antéchrista,
Amélie Nothomb.
je suis en dordogne, après avoir passé deux (plus ou moins agréables) semaines près de nice.
j'ai l'impression que quelque chose cloche dans ma tête en ce moment. je ne fais que des nuits de cauchemars depuis plus d'une semaine, je n'arrête pas de me blesser de partout... j'ai toujours été d'une maladresse terrible mais jamais autant. je n'ai plus vraiment d'appétit mais je me force à manger et je perds quand même un peu de poids.
papa se connecte une fois de temps en temps via la ligne téléphonique pour lire ses mails... je reviens le 14 au soir. à bientôt.
Billet rédigé dimanche 17 juillet :
En fait l'un des meilleurs amis de mon père a créé une boîte
il y a plusieurs années. Aujourd'hui, il possède une chaîne
de magasins qui vend des produits diététiques de haute gamme.
Une fois, au début de l'année en fait, papa avait ramené
une boîte de biscuits et puis j'ai dû dire un truc du style "
han il est nul leur emballage je vais lui en refaire un ! ", en plaisantant.
Et puis ensuite, il y a eu un projet. Si j'ai bien compris, son ami a vu mon site
et a bien aimé ce que j'en faisais et donc, finalement, là, et ce
depuis le 23 juin dernier, je suis en train de refaire entièrement leur
site web qui n'a pas été mis à jour depuis 2003 (c'est vous dire l'état des lieux hinhin).
A vrai dire je pensais que ça n'allait pas me poser de grandes difficultés
parce qu'on allait m'employer pour faire quelque chose qui me passionne et que
j'adore faire... Mais en fait, dès le premier jour passé dans le
bureau, je me suis aperçue que ce serait plus compliqué que ça.
Ca fait trois semaines que je passe mon temps sur Photoshop à produire
plein de maquettes, des " esquisses " de ce qui pourrait être,
s'ils le choisissent, un aperçu de leur futur site.
Comme à mon habitude, à un certain moment j'ai commencé à
croire que je n'étais pas à la hauteur de cette tâche, que
je n'aurai jamais fixé l'habillage du site dans les temps, etc. Heureusement,
on vient tout juste de déterminer laquelle de ces ébauches je vais
devoir peaufiner, améliorer, perfectionner... Donc je suis désormais un tantinet plus confiante.
J'ai vraiment de la chance qu'on m'ait confié ce boulot. Ca me donne une
expérience de plus, et puis même au niveau technique, j'essaie et
imagine de nouvelles choses tout en devant impérativement respecter une
charte graphique et tout cela ne peut m'être qu'utile...
Récemment (enfin depuis un petit moment maintenant), j'aide également
mon père à faire le site des NanoSciences d'Ile-de-France qui ont
également une charte graphique à respecter. J'ai fini l'habillage
depuis un certain temps, après plusieurs essais bien sûr. Je l'aide
aussi à mettre sous format HTML les documents que les membres du groupe
nous fournissent (et il y en a un sacré paquet *sig*). En fait papa est
professeur à l'Ecole Centrale Paris et l'un de ses collègues là-bas
travaille aussi pour les NanoSciences... donc voilà. On fait
le site sous Plone, pour ceux qui ont quelques notions.
Vacances dans une semaine !
Nouvelle version réalisée par le célébrissime Andria
(passez chez lui ça
vaut le détour). Merci !
J'ai des tas de trucs à bloguer dans ma tête, mais faudrait que je
fasse le tri avant parce que c'est un peu en vrac là, d'autant plus que ça fait un moment que je suis pas allée chez la psy et je commence à en avoir
grand besoin.
Mais d'abord mais d'abord mais d'abord...
J'ai récupéré mon sac ! Ah mais quel bordéliiiiiiiisme.
Enfin j'suis contente quand même, j'ai eu de la chance, beaucoup de chance. Surtout qu'il y avait TOUT dans le sac : porte-monnaie contenant CB, liquide et carte de famille nombreuse, le portable, le parapluie et le boîtier à lunettes !
Le soir où je l'ai perdu, le mercredi 29, on a fait tout de suite opposition
sur mon compte bancaire et sur mon forfait. Au guichet, la dame m'a donné
un papier intitulé ' Vous avez perdu un objet dans le métro ? '.
Dessus y'avait l'adresse de la Préfecture de Police, un numéro de
téléphone 0800 etc. à jesaispluscombiende centimes/min, un
site web et un mél. Ils disaient qu'il vallait mieux attendre 4 jours avant
de les contacter. J'ai donc attendu, puis, comme tout geek qui se respect, j'ai
essayé de me rendre sur le site... qui n'existait pas. Petite recherche
google, j'arrive à trouver la bonne adresse et le bon mél.
Je m'empresse d'en envoyer un avec la description du sac et ce qu'il contenait
ainsi que mes coordonnées. Papa appelle le numéro indiqué
sur le papier. Ils nous disent que si on a perdu quelque chose sur la ligne du
RER B, il faut se renseigner auprès de la Gare du Nord. La Gare du Nord
n'a pas de numéro de téléphone mais uniquement un fax. Papa
essaie donc de les contacter par fax mais préfère rappeler au numéro
0800 truc, autre standardiste, autre indication : il ou elle nous demande mes
nom et prénom (puisqu'il y avait mes papiers dans le sac) et nous répond
qu'ils n'ont toujours rien, et qu'a priori je peux dire adieu à mon sac
puisque généralement, s'ils n'ont rien au bout de 5 jours, c'est
qu'ils n'auront jamais rien.
Je m'insulte, puis j'encaisse, je commence à regarder les portables sur
orange.fr, les sacs sur ebay, la banque va me faire une nouvelle CB, orange une
nouvelle carte SIM...
Et puis jeudi matin, dans la boîte aux lettres, il y avait une enveloppe
orange provenant de la Préfecture de Police étant adressée
à Mlle Kim *****M, or mon nom à moi c'est *****N, ce qui explique
pourquoi le ou la standarsite ne m'a pas trouvée dans ses registres. "
Nous avons le plaisir de vous annoncer que... " Qu'en gros mon sac m'attend
36, rue des Morillons - 75015 Paris. Mais que pour le récupérer,
il faut que je puisse prouver mon identité donc que j'aie une pièce
d'identité or mon passeport est dans le sac. Ou bien. Que j'aie une déclaration
de perte et un standardiste du 0800 truc précise qu'on peut s'en procurer
au Commissariat. Celui de ma ville a fermé, on prend donc la tuture, on
va à celui de la commune voisine. Le policier met une bonne demi heure
à nous expliquer qu'il ne peut pas nous faire de déclaration de
perte et que c'est à la mairie que je dois aller. Re-tuture, on arrive
à la mairie à 12 heures 05, or la mairie ferme ses bureaux à
midi.
Finalement on pense qu'éventuellement, étant mineure, papa pourrait
se rendre au Service des Objets trouvés avec le Livret de Famille et son
passeport. Il appelle une nouvelle fois au 0800 truc et demande si cette éventualité
serait éventuellement envisageable, on nous répond que oui, en effet,
c'est tout à fait possible.
Cette fois, on prend la moto, on se rend à la Préfecture, ils nous
font patienter un peu le temps d'aller chercher mon sac dans leur entrepôt
et enfin ! Je l'ai. Tôh, quel soulagement. Je suis pas supersticieuse, mais
dans des cas comme ça, je me dis, forcément, le fait que je l'aie
récupéré... c'est un signe.
Et puis, dernière anecdote : ce matin, je reçois une nouvelle enveloppe
orange, adressée à mon véritable nom cette fois-ci "
Nous avons le regret de vous informer que l'objet n°************ dont vous
nous avez déclaré la perte n'a pas été retrouvé
". Huhu.
Ah j'ai d'autres trucs à dire, mais on va y aller progressivement. Là
c'est déjà trop.
Quelle superbe journée. Il en faudrait plus, des comme ça. Un peu
de temps en temps, c'est génial.
C'est marrant hein, y'a des gens avec qui tu sais que tu peux parler, dire tout
ce qui te passe par la tête et par le coeur, tu peux être sûr
que tu vas pas être jugé, mais qu'en revanche tu seras écouté.
Attentivement.
Des conseils, tout plein, se gaver d'optimisme et d'énergie. Tant pis si
on est que des bavardes, tant pis si on est rentrées bredouilles de notre
après-midi spécial soldes. On a pu se confier, papoter, parler de tout et de rien,
mais de choses profondes quand même.
Se faire ' engueuler ' à chaque fois qu'on se soucie du regard flinguant
des autres, à chaque fois qu'on manque d'assurance, de confiance en soi.
Coups de pieds au cul, allez, il faut aller de l'avant maintenant. On est sur
la bonne voie. Sur la voie de la guérison.
Il faut se donner les moyens, après tout. Il faut préparer ce travail
de guérison. Il faut réfléchir à la façon dont
on va gérer et règler les problèmes. Mettre le passé
derrière soi, aller de l'avant.
" Tu sais, le passé, on peut pas le réécrire. Ce que
tu peux écrire en revanche, c'est ton avenir. Faut se tourner vers l'avenir
pou faire en sorte d'être heureuse. "
Faut se bouger le boul', comme dirait Fab. Putain que c'est dur, que c'est éprouvant,
crevant, déchirant. Mais il faut. Il faut parce que ça vaut le coup,
finalement. Et puis faut voir le bon côté des choses.
Faut se relever quand on prend des claques dans la gueule, pas laisser les autres
nous enfoncer. Faut prendre ça pour des leçons de vie et pas recommencer
la même erreur.
Faut aller vers les gens, aussi " parce que les autres ne feront pas la démarche.
C'est à toi d'aller vers eux. " Oui mais. C'est difficile. Ca fait
mal. Et alors quoi. Il faut essayer. Qui ne tente rien n'a rien. Qu'est-ce que
t'as à perdre après tout.
Allez, viens. On va vivre maintenant. Et je suis pas toute seule, y'a elle "
tu sais que toujours dans un coin de ma tête je pense à toi ",
y'a elleS, que je vois demain (!), y'a mon homme, et y'a papa, surtout, Papa.
Mon pilier. Qui m'accompagne dans tout ce que je fais, qui s'inquiète pour
moi, qui prend soin de moi. Sans qui je serai perdue. Ca ira mieux. Ca prendra
du temps, de panser les blessures, tout ça, de se déculpabiliser
et peut-être d'envisager de reprendre confiance en soi, un jour qui sait
? et surtout de se dire, putain mais c'est lui. C'est pas de ma faute, j'étais
un bébé, lui un homme déjà. Que pouvais-je faire face
à lui ? J'avais peur. C'est pas de ma faute. C'est pas de ma faute. C'est
sa faute à lui, c'est lui le taré. C'est lui qui m'a ****ée.
Trop dur de poser le mot sur le fait. Tant pis, je suis peut-être pas encore prête, mais au moins je sais pourquoi...
C'est ce qui compte.
Pourvu que je tienne...


J'ai écrit une partie de ce post hier soir, mais mon PC a planté
et je n'ai pas pu ni le finir, ni le mettre en ligne...
Quand on a un chéri à la maison et un " job d'été
" qui commence, on a tout de suite moins de temps pour s'occuper de son blog...
Un passage éclair ce soir, avant un prochain post, très certainement
plus long et plus riche, parce qu'il s'en est passé des choses ces derniers
temps ! Le fait qu'il soit là depuis samedi, déjà... et puis
même bien avant ça !
La fête de la musique
avec Estelle, par exemple. A Montparnasse, tout comme l'année dernière.
On n'a en fait pas vraiment eu l'occasion de fêter la musique, mais ce fut
tout de même une soirée formidable et ça faisait un bout de
temps qu'il n'y en avait pas eu de telles.
Bien plut tôt que cela, il y a aussi eu mon audition de piano, le 18 juin.
J'avais préparé un quatre mains de Weber et tout s'est bien passé
hormis le fait que personne ne soit venu m'écouter jouer (enfin mon père
a bien essayé mais il est arrivé bien après mon passage).
Plus récemment, il y a eu la fête du cinéma, en sa compagnie
donc. On est juste allés voir Batman Begins (j'aiime) et Star Wars III
(lui l'avait déjà vu, mais pour moi il était grand temps
!). On avait préparé un programme beaucoup plus chargé, mais
bon...
En fait, on est pas mal sortis dernièrevement, entre les soldes (!!), le
ciné et... Cette journée : l'évènement tant attendu,
à savoir la " Rencontre MaB " ! Il s'en serait peut-être
volontiers passé, mais moi je ne pouvais pas manquer ça; C'était
génial, même si on est pas restés longtemps tout en étant
arrivés bien en retard (c'est parce que j'aime me faire désirer,
paraît-il), mais cet après-midi en votre compagnie a vraiment été
le rayon de soleil de ma journée qui s'est sacrément assombrie lorsque
je suis rentrée chez moi...
C'est entièrement de ma faute, j'ai tout gâché : j'ai oublié
mon sac à main dans le RER.
Ca va peut-être en faire sourire certains, mais moi pas. Même avec
du recul, j'y arrive pas. Je me suis aperçue que ce n'était pas
le joli-sac-que-ma-soeur-m'a-offert-à-Noël à mon épaule,
mais un sac plastique Mango. On a eu beau courir pour retourner dans la gare (on
était même pas à 100 mètres), le train était
déjà reparti précipitemment : le chauffeur n'a même
pas fait sa traditionnelle " ronde " dans les wagons pour vérifier
que rien n'avait été oublié. J'ai littéralement fondu
en larmes de colère, et de tristesse aussi. Pas pour le sac en lui-même,
mais par principe. Je me suis sentie, et je me sens toujours incroyablement, surréellement
conne. J'ai même du mal à réaliser que j'aie pu être
aussi idiote.
Généralement, quand je fais des gourdes de ce genre à petite
échelle, j'arrive à me prendre la tête pendant des semaines,
voire des mois. J'ai vraiment pas beaucoup d'espoir de retrouver mon sac, ma CB,
mon portable, mon passeport, ma carte de famille nombreuse, mon parapluie et mon
boîtier de lunettes... J'suis déjà sûre à 99%
qu'un kéké de merde l'a embarqué... J'ai bloqué mon
compte en banque ainsi que mon forfait, mais bon.
J'ai un don pour me foutre dans des situations pourries. Je passe mon temps à
m'insulter depuis que ça s'est produit, et ma mère a bien sûr
pris soin de m'offir son soutien dans cette tâche grâce à son
savoir faire en matière de remarques désobligeantes laissant entendre
que t'es qu'une naze ma fille, je me demande si t'es vraiment sortie de mon
utérus parfois, à moi ça me serait jamais arrivé,
je me demande comment on peut faire pour oublier un sac dans le RER, hahaha.
Parfois j'ai l'impression que finalement, notre relation n'a pas autant évolué
que je l'avais espéré.
Finalement, ce post est beaucoup trop long, je doute que vous parveniez tous à
le lire jusqu'ici, m'enfin merci à ceux qui en ont pris la peine.

C'est bon pour les yeux mais ça fait mal au cur.
5-tab : graphiste français
découvert sur deviantart. Encore un de ces déprimants spécialistes
du vector.
Audrey Kawasaki
: je me souviens plus comment j'ai découvert son portfolio, mais j'ai tout
de suite accroché, ses peintures sont époustouflantes.
BastardGraphics
: si à tout hasard tu passes par là sache que je te déteste
(mais il me semble m'être faite comprendre à ce sujet sur deviantart
:]).
Colonel Moutarte &
Dumez : incontournables, vous avez forcément déjà vu
ces illustrations dans un magazine.
Cali : on ne la présente
plus. :D
eôphora : même chose.
Lui et son talent m'exaspèrent chaque jour un peu plus. u_u
Institut Drahomira
: le site et le contenu sont absolument excellents.
Luan : l'abus de talent nuit
gravement à votre santé et à celle de votre entourage.
Raya : photographe
de mode.
Stéphane Tartelin
: il me semble que ce graphiste freelance avait exposé à la hypegallery...
J'aime beaucoup ('tain je vais finir par être à court d'idées
pour exprimer mon admiration).
the secret of 006 : clique,
ouvre grand les yeux et regarde petit scarabée.
Bon ça fait un moment que je veux faire cette liste qui est encore très
incomplete mais j'ai perdu pas mal de liens, j'essaierai de mettre à jour
plus ou moins règulièrement l'histoire de plus les perdre dorénavant.
:]


![]()
e vais faire un procès à Nestlé parce que les cadeaux qu'ils
donnent dans les boîtes de chocapic sont aussi dangereux pour les enfants
de 17-ans-dans-dix-jours que pour les moins-de-trois- ans auxquels ils sont déconseillés
(dans cette phrase se cache un message subliminal qui consiste à divulguer
ma date d'anniversaire pour vous inciter à me faire plein de cadeaux).
Voici
l'objet dont il est question. Il s'agit, pour les incultes de Chocapic, d'un bouclier
de chevalier qui a la capacité d'envoyer des mini disques en carton super
loin si on s'y prend bien. Si vous êtes observateurs, vous avez pu remarquer
sur la photo qu'il y a un petit propulseur à l'extrémité
du jouet. Ce propulseur s'utilise de la manière suivante : il faut le tirer,
puis le bloquer contre le rebord du bouciler grâce au petit cran qui se
trouve dessus (j'explique très mal mais je t'emmerde, t'avais qu'à
acheter des Chocapic).
Il se trouve que. Hier soir, j'avais bloqué le petit propulseur inter galactique.
Et j'ai voulu le débloquer ('suffit d'appuyer dessus pour que le cran se
décrante) avec mon menton. Seulement. Je ne sais par quel procédé
machiavélique la peau de mon menton s'est coincée dans le crantage.
Maintenant j'ai une cicatrice à la con sur le menton, pas franchement esthétique
et pas franchement discrète parce que je suis maladroite. Non pire que
ça, y'a pas de mot pour décrire ce que je suis.
Ah si tiens : conne.
Sin City dit :
t'as meme pas bloggué sur l'incident d'hier qui a failli te couter la vie.
°agoria --vtff dit :
non jai pas eu le temps
Sin City dit :
d'un côté ca aurait pu choquer beaucoup de gens
°agoria --vtff dit :
oui et l'hypothèse que je sois attardée mentale aurait été validée
C'est chose faite.
![]()
on commence à y'en avoir marre là (oui je sais c'est pas français).
Depuis plusieurs mois il y a trois à dix abrutis qui m'ajoutent à
leur liste MSN depuis le site camstory.net chaque semaine. Et à l'instant
où je vous parle nous venons d'atteindre un nouveau record : 3 adds en
une petite dizaine d'heure ! :') J'aime bien ce site, le concept d'un wall de
cam, toussa. Mais bordeil jamais j'aurais imaginé quand je me suis inscrite
que des mecs penseraient à faire leur marché là-bas.
Bien sûr il y en a certains qui sortent du lot, mais depuis le temps que
ça dure, il y en a eu... deux. Surtout que certains - la crème des
crèmes peut-être - se souviennent même plus m'avoir ajoutée
quand ils se connectent : il débarquent en demandant " salu t ki ?
". Ahem. Et puis finalement ils arrivent retrouver loin loin loin au fond
de leur petite têtête dans la toute petite boîboîte qui
leur sert de mémémoire que ' Ah ! Mais oui je me souviens, t'es
la meuf de camstory. ' T'es vachement trop fort mon p'tit gars mais maintenant
tu dégages.
Comme je suis une grosse conne et que je suis énervée je vais généraliser
: au choix, y'a les gros pervers de 32 ans comme le dernier en liste qui "
m'a trouvée charmante et qui avait envie de me connaître ",
dernièrement on a aussi eu un vieux connard qui se faisait passer pour
un " chef de diffusion " de chez TF1 et qui voulait faire de moi une
star de la télé réalité. Hélas son petit manège
si bien organisé n'a pas fonctionné, il avait pourtant fait des
efforts de présentation : en avatar, il avait un badge avec écrit
TF1 dessus. \o/ Mais je n'ai pas eu l'exclusivité puisqu'il est aussi allé
(notamment je suppose) chez Cerise
et Cyro. Y'a aussi eu
les racailleux à deux balles de skyblog (comment sont-ils arrivés
sur Camsto ? Je ne le sais guère, mais pourvu qu'ils ne l'envahissent pas)
et les relous avec des
gifs animés pour chaque syllabe.
J'ai bien pensé à envoyer un mail au webmaster du site pour changer
mon adresse MSN par une autre adresse quelle conque, mais il n'a pas répondu
à mon appel (cela dit je peux le comprendre, il doit avoir d'autres choses à faire, car il est, en l'occurence, un sacré webmaster). J'ai également songé à carrément changer de
mail, mais ça me fait grave chier.
Enfin bon, ayé, j'ai poussé mon coup de gueule je suis contente
youpi ça va mieux. :]

![]()
es oreilles sont décollées. Moins que Gainsbourg mais cela m'a inévitablement
valu de nombreux fins surnoms du type tête de chou, homme singe
(non, même pas femme), dumbo et compagnie.
Quand j'étais gamine et que mes maîtresses disaient « ouvrez
grands vos oreilles » pour qu'on soit attentifs, je pensais que c'était
pour se moquer de moi. Surtout que les plus malins de mes camarades, les fayots
pour la plupart, pincaient les extrémités de leurs oreilles, les
tirant de leur mieux en piaillant « uuuuiiii métraiiisse ».
Certains ont bien essayé de me rassurer, comme ma grand-mère qui
me disait que c'était un signe de beauté au Viêt Nam puisque
c'était avoir les oreilles de Bouddha. Des filles m'assuraient également
que j'avais de la chance d'avoir de pareilles oreilles car elles retenaient mieux
mes cheveux.
Mais leurs arguments ne m'ont jamais convaincue et lorsque j'appris qu'il était
possible de se faire recoller les oreilles par une opération chirurgicale,
je suppliais aussitôt mes parents de me faire arranger. Ils étaient
d'accords, mais finalement je ne l'ai jusqu'ici jamais fait. Je crois que ça
m'est passé avec le temps, même si ça « semble me revenir
» aujourd'hui parce que je pense que mine de rien, les railleries de mes
camarades de primaire (et même au delà à vrai dire) m'ont
marquée. J'ai d'ailleurs rarement les cheveux attachés, à
moins d'avoir un bandeau ou tout autre truc susceptible de cacher l'(un des)objet(s) de mes
tourments, ce même en été, sachant que j'ai une masse capillaire
assez imposante de par son volume et sa longueur (environ 80 cm de long, j'ai
mesuré en Histoire l'autre jour :]).
Même si je sais qu'aujourd'hui peu de gens seront assez fins pour me faire
des remarques sur mes oreilles (sauf peut-être les plus malins d'entre vous
suite à ce post super intéressant hahaha) je me sens mal à
l'aise quand je n'ai pas les cheveux détachés publiquement.
Enfin bon je sais plus où je voulais en venir. En fait je crois que je
n'avais même pas prévu de chute... Damned. Ah sinon pour les intéressés
y'a le vingtième épisode du Donjon
de Naheulbeuk qui est sorti.
![]()
près une longue nuit de larmes, à 10:30, papa me réveille
pour me demander si je suis toujours d'accord pour venir au brunch, je dis que
oui. Je me tire du lit, puis me prépare, on y va en moto. J'aime beaucoup
être à moto dans Paris, mon côté voyeuriste s'affirme
: j'aime observer les gens derrière la visière du casque car personne
ne me remarque.
On arrive au Musée des Arts et des Métiers vers 11:30 environ.
On demande des entrées pour le brunch. C'est un ticket spécial
qui comprend l'accès au café et la visite du musée, cette
dernière étant gratuite pour les mineurs. On arrive dans le café,
ils sont déjà quatre. Le couple manquant arrive ensuite, la femme
attend un bébé.
Pour ceux qui ne connaissent pas, un brunch, c'est un repas qui comprend petit-déjeuner
et déjeuner (abréviation de breakfeast & lunch). Mini pains
au chocolat, croissants et café à volonté. Des confitures
à la mangue, à la pétale de rose... Le buffet salé
est également ouvert à volonté. Des pâtes aux abricots
secs et aux cacahuètes, des tomates cerises à la mozarella, etc.
C'était délicieux.
Vers 14:30 on débute la visite du musée. Il est gigantesque, il
ya tellement de choses à voir... On a dû partir avant d'avoir fini.
J'ai vraiment pas le temps de détailler la visite, mais si vous n'y êtes
jamais allés et que vous avez un dimanche (ou en fait tout autre jour de
la semaine) de libre, foncez-y. 19€50 (plein tarif) pour l'entrée
& le brunch (réservation obligatoire). Plus d'infos
ici.
60 rue Réaumur
75003 Paris
Métro : Arts et Métiers, Réaumur-Sébastopol
![]()
ette nuit j'ai rêvé que mes parents m'apprenaient que si j'avais
une voix super grave (ou de travelo', dixit mon papa), c'était parce
que quand j'avais cinq ans, j'avais subi une opération de la gorge (...)
et qu'elle avait raté. Même que c'était mon parrain qui l'avait
faite (qui pourtant n'est pas chirurgien).
Il y a une ou deux semaines, j'ai rêvé que je rencontrais une ex
de mon chéri, qu'on appellera Chevaline pour conserver son anonymat. Je
rencontrais donc Chevaline et je lui matais les nichons pour voir si elle était
mieux que moi, ce qui s'avérait être le cas, et pas qu'un peu mon
n'veu.
Avant j'étais somnambule aussi. Une fois je me suis réveillée
en train de balayer mon lit avec ma peluche de Rouky.
Dans une autre crise de somnambulisme je suis allée chercher mon père
dans sa chambre pour lui dire que la lumière de l'aquarium des poissons
était cassée. Il m'a dit d'aller me coucher mais comme j'étais
en mode
pause, que mon système
neuronal ne répondait plus, il m'a refoutue lui-même au lit
et je me suis de suite rendormie. Après j'avais peur de moi et je voulais
qu'on me séquestre dans ma chambre le soir, mais ils ont refusé.
![]()
n moine tibétain marche sur une route glacée de montagne et entend un faible pépiement.
Il regarde autour de lui et aperçoit, au pied d'un arbre, un tout petit
moineau à moitié mort de froid.
Il le prend, le réchauffe dans ses mains et s'interroge « Que faire ? Si
je le garde avec moi, au couvent, le chat le mangera. Mais si je le laisse ici,
il va mourir de froid... ».
Soudain lui vint une idée : pour le protéger du gel, il place l'oisillon
dans une bouse fumante de vache sacrée, et poursuit son chemin, l'âme en paix.
L'oisillon réchauffé se sent mieux et se met à chanter à
plein gosier.
Un renard qui passe par la, entend la bouse chanter. Intrigué, il s'approche,
découvre l'oiseau et le croque.
Trois morales à cette histoire :
Celui qui te met dans la merde ne te veut pas forcement du mal.
Celui qui t'en sort ne te veut pas forcément du bien.
Enfin, quand tu es dans la merde, ferme ta gueule.
![]()
ujourd'hui, ou plutôt cet après-midi, j'ai passé deux ou trois
heures en compagnie de ma grand-mère afin de recadrer et/ou retoucher les
photos qu'elle avait prises lors de son voyage en Ethiopie. J'en ai profité
pour discuter avec elle, pour la questionner sur « son histoire » en quelques
sortes.
Elle a quitté le Viêt-Nam, seule, à 18 ans pour faire ses études
en France. Elle voulait au départ revenir au plus vite au pays pour venir
en aide au peuple car les conditions là-bas étaient extrêmement
rudes à l'époque, du fait de la guerre et du régime communiste.
Les japonais s'emparaient des récoltes de riz et beaucoup mourraient de
faim. Un jour, lorsqu'elle avait 12 ans seulement, en se rendant au collège
elle a vu une femme et son enfant, affamés, mendier dans la rue et à
son retour, ils étaient morts...
C'est en France qu'elle a rencontré mon grand-père, qui était
le fils de son professeur de viêtnamien. Il était déjà
très érudit et avait dores et déjà de nombreux diplômes
(il a été « professeur émérite d'éducation comparée et d'éducation
et développement à la Sorbonne » (dixit l'un de ses livres, Un Désir
de Beauté)) et sa famille avait jugé qu'il était temps
qu'il se marie. Ils lui ont donc présenté plusieurs jeunes femmes
viêtnamiennes, dont ma grand-mère. Elle m'a fait comprendre que ce
n'était pas vraiment un mariage forcé comme le pratiquent souvent
les familles viêtnamiennes dites traditionnelles, car ils avaient
eu le temps de se connaître avant le mariage. Lui, avait quitté le
Viêt Nam pour les mêmes raisons qu'elle, ainsi que pour éviter
de devoir faire la guerre car tous les jeunes hommes étaient envoyés.
Ils ne sont finalement revenus au Viêt Nam que la guerre finie il me semble,
car il leur aurait été impossible d'y vivre à nouveau, surtout
pour ma grand-mère qui était la fille de l'ancien maire de Hanoï,
capitale du Viêt Nam et que de ce fait, sa famille était surveillée
constamment. Son frère notamment, n'avait par exemple pas accès
à de nombreux métiers à cause des classes sociales puisqu'il
était « ancien bourgeois ».
Enfin, je doute que l'histoire de ma famille maternelle vous captive mais j'avais
besoin de l'écrire, pour ne pas l'oublier, même si j'ai encore beaucoup
à apprendre.
Voici l'une (en tout, 243 de revues aujourd'hui) de ses photos d'Ethiopie (désolée
pour la date pas belle en bas, mais j'ai la flemme de retoucher la photo finalement, je dois être trop perfectionniste :]) :
![]()
e viens de passer une semaine à Montpellier, c'était for-mi-da-bleu
!
Je suis arrivée dimanche à 13:24. On avait prévu d'aller
voir Garden State dans l'après-midi, mais finalement on a préféré
reporter ça à lundi pour je ne sais plus quelle raison. A la place,
on a maté des dividi chez lui. :)
Lundi donc, Garden State ! C'était absolument génial. Je suis fan
de Nathalie Portman qui m'avait déjà séduite il y a peu dans
Closer, je suis fan de ce film, j'ai même envie de retourner le voir ici,
à Paris, à 9 euros 60 l'entrée. En sortant de la salle, je
me sentais incroyablement bien, c'était bizarre, on aurait dit que le film
m'avait ravigorée, même si j'ai aussi pas mal pleuré (je pleure
tout le temps au ciné gni). Fabuleux.
Mardi (le jour de son anniversaire !) soir, nous avons pique-niqué sur
la plage avec des amis de Jb. J'ai énormément regretté d'avoir
oublié mon appareil photo, car nous avons assisté à un très
beau couché de soleil... Patrice, l'un des amis en question, avait pris
le sien, j'essaierai de me procurer ses photos. :] Il faisait assez frais à
cause du vent, mais c'était vraiment utopique d'être dans ses bras,
les pieds dans le sable fin... Bouhouhou nostalgie. Après la plage, on
est retournés en ville pour boire un verre au fameux Circus.
Mercredi, encore un ciné avec I Heart Huckabees. Apparemment, le film n'a
pas plu à tout le monde, trois personnes sont sorties de la salle. Moi,
j'ai aimé, c'était déjanté, amusant, et Jude Law est
sexy. Après la séance, on est allés prendre un verre au O
Carolan's, un pub irlandais.

Jeudi, restau' puis à nouveau un ciné : Million Dollar Baby, excellent.
C'était dans une toute petite salle du Gaumont Comédie et il y avait
peu de gens, on avait toute la dernière rangée pour nous. Petit
film sans autre intêret que de pouvoir se moquer de ma voix de trav'lo,
réalisé sur le chemin du ciné. :]
Vendredi, nous sommes allés au zoo. :] Ca va peut-être paraître
bête, mais les animaux m'ont fait de la peine, il faisait très chaud
et certains (comme les loups) avaient l'air écrasés par la chaleur.
Le temps est bizarre à Montpellier : à mon arrivée, il pleuvait
des cordes, ce au moins autant qu'à Paris lorsque j'ai quitté la
gare. Le lendemain, il y avait énormément de vent et à partir
de mardi, que du soleil (tandis qu'à Paris, la pluie n'avait toujours pas
cessé haha... quoiqu'aujourd'hui, bien que je ne soie arrivée qu'à
20:05, il fait sacrément chaud). Enfin bon, j'ai pris quelques photos (de
très mauvaise qualité hélas), voici les moins dégueu
:

![]()
e sors de l'oral du TPE, je sais pas trop si ça s'est bien passé,
j'ai pas l'impression d'avoir eu le nez dans mes papiers pendant mes passages,
mais on s'est un peu fait casser sur l'entretien de la fin. A propos, notre sujet
était : « Pourquoi (ou plutôt comment, par quel fabuleux moyen)
les pommes pourrissent-elles ? ». Je vous montrerai quelques uns de nos
clichés un de ces quatres ahah.
[EDIT] Chose promise, chose dûe.
Je n'ai pas vraiment le temps de poster en ce moment car mes semaines sont très
chargées :
demain DS de SVT, jeudi DS d'Anglais, samedi DS de Maths, lundi DS de physique,
mercredi oral du TPE, et jeudi, un autre DS d'Anglais... Je crois que je n'ai
oublié personne.
Enfin bon, cette version m'a peut-être pris un peu plus de temps que les
autres car je n'arrivais pas à faire un habillage qui collait avec les
zèbres. Zèbres qui d'ailleurs, m'ont pris pas mal de temps également
(s'appliquer sur le dessin de chaque petite rayure en zoom x500 pour obtenir un
résultat le plus fluide possible... ahem). Originellement, je ne suis pas
une fanatique du rose, mais bon, un professionnel en matière de photoshopage
(qui se reconaîtra... ou pas) m'a dit que ça rendait bien, parce
que ça donnait une ambiance exotique.
Y'a du changement dans les liens, notamment l'ajout de Touche
pas à mon blog que je viens de découvrir. Jetez-y un il car ça
risquerait de vous plaire, après quoi on tâchera de vous le rendre.
En cas de perte ou de vol, contactez le service clientèle.
Bon je crois qu'il est temps d'aller réviser. Chic chic chic.
Mauvaise
semaine, la suivante s'annonce pire encore, mais je vous épargne la rétrospective.
Je suis allée voir Mar
adentro avec ma sœur. J'ai encore plus pleuré qu'avec Ray.
A 15 heures (il est actuellement 14h35), j'irais voir De
battre mon coeur s'est arrêté avec papa. Je ne finirai probablement ce post
qu'après le film puisque je n'ai toujours pas commencé à
me préparer. On devait le voir hier soir, mais au vu de la file d'attente,
nous avons pensé qu'il n'y aurait certainement plus de place pour nous
: il devait il y avoir près de 50 mètres de queue, ce à 21
heures, c'est à dire à l'heure initiale du début du film
(et non pas de la séance, puisqu'il n'y a pas de publicités). D'habitude,
la salle est rarement remplie dans ce modeste cinéma municipal.
Je viens de rentrer du ciné (internet is magik), le film ne m'a pas déçue.
En parlant
de déception (admirez la finesse de la transition), l'autre jour on m'a
dit un truc du genre « quand on a la vie devant soi comme toi, on ne peut
pas être deçue ». Comme si le fait de n'avoir cotoyé
la vie que seize années ne suffisait pas pour la connaître
un tant soit peu. Mais il me semble qu'on est tous différents, qu'on rencontre
tous des... choses, des étapes ou des évènements différents
et ce à des moments différents. Et de ce fait, il ne me paraît
pas impossible qu'un type de trente ans en connaisse moins sur la vie que son
cadet de dix huit qui aurait, non pas en années mais en expériences,
plus vécu... Enfin je sais pas, il est fort possible que je me trompe car
de toutes façons on peut pas dire que j'aie assez de recul pour juger...
On est allés voir Ray. Bon sang c'que j'ai pleuré. Pour l'histoire,
pour la musique.
On est allés au restaurant des Gémeaux, c'était l'anniversaire
de Lucie. On est arrivés avec deux heures de retard (encore désolée
si tu passes par ici), mais c'était une très bonne soirée.
J'ai tendance à regretter d'être partie ' tôt ', mais je ne
tenais plus debout.
Ah zut, j'étais en train de me changer et en refermant ma commode de fringues,
j'ai fait tombé tout ce qui se trouvait dessus.
J'ai galéré dix minutes en tenue glam' (culotte-chaussettes zèbrées)
pour les rattraper et je me suis cognée la tête contre le mur en
me relevant. Mais bon, heureusement voilà, j'ai fini par feinter (je suis
passée par le côté plutôt que d'essayer en vain de me
prendre pour inspecteur gadjet à étendre mon bras pour les choper
depuis le dessus de la commode) (oui j'ai mis dix minutes avant de trouver cette
astuce). Ca me rappelle qu'à Samoëns, papa a mal calculé son
coup quand il a refait les cloisons de l'appart : les toilettes sont pas assez
grandes en longueur. Donc si t'es trop gros déjà tu passes pas,
mais aussi faut faire attention quand tu vas faire pipi (ou déféquer
si t'es un garçon), parce qu'il faut pas se relever trop penché
sinon tu te cognes la tête devant, et ça fait mal parce qu'en plus
c'est un mur avec du crépis. Je le sais parce que ça m'est déjà
arrivé. Mais apparemment je suis la seule pas douée à qui
c'est arrivé donc vous pouvez oublier cet avertissement.
Quelle vie trépidante.
Bon maintenant je viens de me casser la figure dans les escaliers (j'allais demander
à maman comment ça s'appele déjà le nom du truc qu'il
y a sur les murs de Samoëns). Un petit schéma pour vous décrire
la situation :
C'est difficile de poster en ce moment. Non pas que je manque de temps (enfin
si, je devrais avec tout le travail qu'on nous donne au lycée), mais parce
que tout ce que j'ai à dire, à part mes quelques illuminations en
matière de connerie (cf. ci-dessous), ce sont des plaintes, c'est sans
cesse répèter combien j'ai mal, c'est redire que ça ne va
pas. Ces choses là n'intéressent personne, et comme je ne suis pas
complètement une connasse, je préfère vous épargner
ça.
Autrefois, ce blog était une sorte d'exutoire, un véritable journal
intime. Je pleurais sur mon clavier en y écrivant encore et toujours ma
douleur, mes problèmes de grosse conne. Mais à l'époque,
quand on tapait kim sur google en recherche francophone, mon blog n'était
pas premier de la liste... A l'époque peu de gens lisaient. Et je ne m'attendais
vraiment pas à ce que ma vie trépidante suscite autant d'intêret.
Vous êtes en moyenne 200 visiteurs uniques chaque jour. Ce chiffre ne signifie
peut-être rien pour certains, mais moi je ne peux pas faire comme si vous
étiez une dizaine de proches ou de connaissances car certaines choses ne
passent pas.
Je ne suis pas en train de dire que des évènements hyper importants
à classer dans un dossier confidentiel se produisent dans ma vie , mais
bon, disons que je me suis imposée quelques limites, inconsciemment, au
fur et à mesure. D'où (notamment) la partie privée, sur laquelle
je ne poste que rarement en fait.
Mais bon, bordel, j'ai pas à me prendre la tête après tout.
Alors tenez, je vais jouer la connasse en fin de compte et vous emmerder un coup
avec ce qui me fait chier en ce moment.
Ce qui me fait chier, c'est que depuis quelques semaines mon moralomètre
est en chute libre.
Ce qui me fait chier, c'est que quand je suis pas légumée devant
mon écran à la con ou en train de taffer pour rien, je chiale, je
chiale tout le temps. Et ça me fatigue, j'en peux plus (ça aussi
ça me fait chier). Je consomme plus d'énergie que je n'en ai, parce
que j'ingurgite que dalle, parce que j'arrive pas à dormir normalement...
Ce qui me fait chier, c'est ce dégoût de tout ce que je peux être.
De ce corps et de ce qu'il contient. Et des conséquences que ça
peut avoir (...). Et, croyez le ou non _ça va faire des sceptiques mais
je ne le justifierai pas ici_, ce rejet ne se limite pas à une crise d'ado.
Ce qui me fait chier, c'est d'avoir l'impression d'en être au même
point depuis ces trois dernières années, pour x et y et w et z raisons.
Même si la psychiatre (car oui, je suis (re)suivie on m'a
(re)faite suivre par tout un collectif de médecins parce que je pète
tellement la forme en ce moment que ça inquiète) a dit que j'avais
acheminé depuis l'année dernière (surtout vis à vis
de ma mère) (j'avais été suivie un moment à la période
ou ça déconnait de trop avec elle) moi je me sens toujours pareille,
voire pire.
Ce qui me fait chier, c'est que jamais ni papa ni maman ne seront fiers de leur
putain de fille aînée parce que j'échoue partout, que je passe
mon temps à décevoir, que ça les emmerde que je soie mal
même si j'essaie tant bien que mal de le leur cacher, et parce que je suis
une incapable, tout simplement.
Ce qui me fait chier, c'est de me sentir seule tout le temps.
Ce qui me fait chier, c'est ce sentiment d'inutilité complète _ça,
en revanche, ça doit avoir un lien plus ou moins évident avec la
crise_.
Ce qui me fait chier aussi, c'est de pas être quelqu'un de bien.
Ce qui me fait chier, c'est d'être tout le temps cloîtrée ici,
dans cette chambre de merde à ressasser mes problèmes de merde et
combien je peux être merdique moi-même (c'est limite obsessionnel
hein). Parce que si je sors, c'est seule, et si t'as suivi mon p'tit gars, t'as
dû comprendre que cette solitude permanente commence à me gaver.
Et de toutes façons, même si on m'invite (rarement) quelque part,
je redoute d'y aller comme je pète règulièrement des crises
de merde dans les ambiances festives. Et de toutes façons², je suis
censée avoir trop de taff pour me permettre des saturday night fevers.
Bon voilà. Un post long et emmerdant, écrit d'une traite, comme
je savais si bien les faire y'a pas si longtemps finalement.
Je viens (enfin je suis arrivée à gare de lyon à 20:07 mais
bon) de faire 759 km. Je suis toujours étonnée de voir combien il
est crevant de passer 3h30 dans un TGV. C'est pas comme quand tu fais je sais
plus combien d'heures d'avion pour aller au Vietnam par exemple, c'est normal
d'être crevé, avec le décalage horaire itou itou. Enfin bon,
je vais aller me pieuter mais avant je voulais faire un coucou ici. Surtout que
je repars demain après-midi avec papa manman anh louis & minh pour
Samoëns. On va faire du 'ki, ça va être chouette. Mais bon,
il va me manquer l'autre là.
C'était trop bien. Mais trop court. Enfin bon, je vais pas radoter encore
et encore, j'ai juste à nouveau l'impression de pas avoir assez profité
de lui, etc. Ah et puis je me suis acheté un album de Lisa Ekdahl, trop
apaisant, je suis fan. Et l'amoureux m'a offert le premier d'Emilie Simon, maintenant
il faut que je me procure le tout nouveau, c'est-à-dire la superbe BO du
magnifique film La Marche de L'empereur, que nous sommes d'ailleurs allés
voir mardi.
J'ai fait plus ample connaissance avec son p'tit frère, Clément,
et sa p'tite sœur, Emma, jumeaux. Ils ont 6 ans. Emma m'aime bien j'ai l'impression
! Genre elle me prenait tout le temps la main pour qu'on aille faire des plans
avec Clément. Les plans ont pour objectif de foutre l'aîné
à terre et de lui taper dessus avec des tubes en plastique, originellement
composants d'un pied de micro. Mais vous inquiètez pas hein, moi je tape
pas, sinon je risquerait de lui casser quelque chose. Non non, moi je sers juste
d'appat pour l'entraîner dans la chambre des petits pendant qu'ils se cachent,
et dès qu'il arrive, bim dans sa tête. Puis je fais quelques habiles
suggèstions genre : ' il faudrait lui ligoter les mains avec la ceinture
de judo ', des trucs comme ça.
M'enfin, j'ai pas fait de photos, pas assez de temps ! A part dans le train, à
l'aller, j'ai pris des photos du paysage tellement je m'embêtais. C'était
marrant, j'avais l'impression de passer d'une saison à l'autre. D'abord
il faisait gris, puis ensuite il neigeait, ensuite soleil.

J'ai fait des p'tits films aussi, l'histoire d'inaugurer la fonction caméra
de mon appareil. Cliquez sur les photos pour les voir.
Douce. Puissante. Triste. Requiem de Mozart (Lacrimosa).
Violente. Transperçante. Supérieure. Carmina Burnana de Carl Orff
(O Furtuna).
Légères. Voluptueuses. Dansantes. Valse de Chopin (opus 70, no2
et opus 69 no2).
Brillante. Elancée. Majestueuse. Les Noces de Figaro de Mozart.
Agressive. Menaçante. Triste. Confuse... Requiem de Mozart (Confutatis).
Extatique. Jouissive. Magique. Lumineuse. Clair de Lune de Claude Debussy.
Menaçante. Puissante. Divine. Envoûtante. La Flûte Enchantée
de Mozart (air de la Reine de la Nuit).
Triste. Pâle. Intense. Surprenante. Sonate au Clair de Lune de Beethoven.
Vertigineuse. Apaisante. Intense. Deux Arabesques de Claude Debussy (no1).
Lente. Triste. Envoûtante. Majestueuse... Rappellerait un violoncelle. Valse
de Chopin (opus 34 n°2).
Elégantes. Puissantes. Extatiques. Suppliantes. Nocturnes de Chopin (no20,
opus posth. & opus 9, no2).
Majestueuse. Sensible. Grâcieuse. Imprévisible. Le Lac des Cygnes
de Tchaikovski (La Danse des Cygnes).
Terrible. Sensationnelle. Puissante. Requiem de Verdi (Dies Irae).
Voluptueuse. Pleine de grâce. Douce. Transportante. Lakmé de Léo
Delibes (duo Dôme épais le jasmin).
Depuis toute petite je baigne dans la musique classique, dans l'écoute
et dans la pratique ; c'est la seule musique que maman apprécie.
J'ai commencé le piano à l'âge de 5 ans, avec le solfège
et la chorale. J'aimais bien. Et puis j'ai eu une période rebelle (et aussi
une prof' de piano complètement barj') : j'ai voulu arrêter. Maman
m'a forcée à continuer. Puis, je n'étais pas particulièrement
passionnée par le piano, mais je ne voulais plus arrêter – peut-être
était-ce pour maman. Je progressais lentement (mais sûrement).
Aujourd'hui, j'ai atteint un niveau assez correct, je continue de prendre des
cours et je pense que je ne saurai jamais assez la remercier de m'avoir poussée
à continuer... C'est tellement jouissif. A l'écoute d'au moins tiers
des morceaux que j'ai cités plus haut (sauf peut-être quand je les
joue ;p), j'ai des frissons, la chaire de poule et les nénés qui
pointent.
Et dire que quand j'étais gosse, je refusais de la croire quand elle me
disait que je le regretterais si j'arrêtais.

Etre amoureuse, c'est aussi avoir envie de redécouvrir chaque lieu, odeur,
saveur, douceur, instant, ou quoique ce soit d'agréable, de plaisant, d'avoir
envie disais-je, de partager chacune de ces choses avec lui...
Je suis désolée d'être si loin, de pas pouvoir être
à côté de toi en ce moment...
Une fatigue constante me pèse depuis quelques temps, et devient assez handicapante.
Il suffit que je me mette sous une couette pour lire ou suivre vaguement une émission
sur le petit écran, pour que mes yeux tendent à se fermer peu à
peu.
La semaine dernière, et aujourd'hui encore, j'ai failli manquer mon cours
de piano à 18h, car je me suis endormie (assoupie) une petite heure après
m'être plongée dans la lecture de Phèdre. Non pas que
Racine soit ennuyeux, bien au contraire, mais disons que mes yeux, ma tête,
ne suivent plus. Je ne suis plus. Hier midi, c'était pareil, pendant la
pause déjeuner.
Pourtant je ne me couche pas plus tard que d'habitude, je ne me suis pas lancée
dans une activité épuissante, non, rien de ça. C'est juste
que.
... Que ça va pas.
Et je crois. Tout du moins il me semble. Que vraiment, cette putain de semaine
s'annonçant débordante de DS en tous genres n'arrangera rien. Mais
après cela. Le 19 à 12:25, après deux heures de contrôle
de Maths et une heure de Physique.
Vacances.
Et le lendemain, j'espère, toi. Et trois ans.
Vingt-sixième version donc (haha je dis ça à chaque fois
que j'en présente une), avec un pseudo-vector de Christina Ricci. Je la
dédicasse à ma sister, Anh. :x
Ca faisait un moment que je voulais changer de version, j'ai essayé de
faire plusieurs choses pour ce faire et puis finalement rien ne me satisfaisait,
ou bien je n'arrivais pas à imaginer un habillage pour transformer mon
truc en layout.
Y'a eu le vector de l'épisode ' People Are Strange ' (un peu plus bas pour
les infidèles) et ça :
Les anciens élèves de Première Scientifique ou les étudiants
en bio doivent connaître ça par cur mais bon... Vendredi, nous
avons fait de la cuisine en TP de SVT. Nous avons cuisiné de bons gros
foies de porc (non pas dans un intêret
gastronomique, mais afin de mettre en évidence ses capacités
de sécretion de glucose et de stockage de glycogène).
Nous avons donc découpé notre foie en petits cubes à l'aide
d'une paire de ciseaux, nous l'avons pesé : il en fallait 20 grammes, nous
l'avons fait bouillir dans 15mL d'eau distillée, nous l'avons passé
au mixeur, filtrée, mélangé à de l'acide, etc. Ca
puait la viande pourrie trop cuite dans toute la salle, mais c'était rigolo.
Certains ressemblaient à des bouchers avec leur blouse blanche tachée
de sang, so charming.
Bref, j'ai donc visité deux Ecoles aujourd'hui, nous (moi, ma sur
et une keupine de sa classe) sommes parties à 9:30 de la maison et avons
commencé par Boulle. On a vu des trucs superbes, genre la section art du
bijou et du joyau. Ils créent des choses vraiment magnifiques, j'ai eu
un coup de cur pour les broches qu'ils exposaient, dont certaines formes
étaient inspirées de scorpions, d'araignées ou de papillons.
Un bustier tout en bijoux et métaux était également exposé
et l'élève qui l'avait réalisé avait même remporté
un prix (peu étonnant cela dit). Les classes des métiers de l'ameublement
étaient aussi assez impressionantes (surtout leurs machines :|)...
J'ai quand même préféré Estienne, les salles où
exposaient les élèves de la classe de MANAA étaient excellentes
(pfou je galère pour trouver de nouveaux adjectifs à chaque description
!)... Ainsi que celles des classes d'arts appliqués (seconde, première
et terminale), j'ai bien aimé les différentes compos.
Enfin bon, tout ça, ça fait rêver... (les écoles, pas
le foie)
Samedi après-midi, direction Paris. J'achète un ticket jeunes 5
zones, passe chez N., joue la Moonlight Sonata et deux valses de Chopin, on regarde
le début du Voyage de Chihiro et Estelle
appelle. Je la rejoins, on reprend le RER B, puis le A et à 19 heures,
nous voici chez Daria.
Estelle la maquille, je la coiffe, elle me vole ma jupe et on se perd sur la route
de l'Agape Café – malgré le fait que Daria conduise très
bien : c'est à cause de la voiture qui n'a pas d'amortisseurs. Ou bien
peut-être était-ce son état second qui lui fit perdre ses
moyens à tel point que les vitres de la voiture étaient en buée,
et que de ce fait elle ne voyait plus la route correctement.
Vers 21 heures, nous sommes au Val d'Europe. Un coca et deux vodka orange plus
tard, le Pioupiou de Daria nous rejoint. Un autre coca, une kriska et une autre
vodka orange plus tard, je file mon collant (mais bordel comment tu fais maman
?!). Je (nous) passe (passons) une très bonne soirée, Daria luttant contre
son hystérie animale, Estelle contre ses maux de genoux et moi contre mes
collants (que d'émotions). A 2 heures, l'Agape ferme, Daria use de son
charme pour X raisons que nous ne citerons pas ici par bienséance, mais
la soirée est loin d'être terminée car de nouvelles péripéties
nous guettent. Sous une pluie torentielle et un froid canardesque, une intrigue
s'installe : Comment sortir du parking ? Nous errons donc dans le labyrinthe dédaléen
qu'est le parking du Val d'Europe plongé dans l'obscurité, affrontant
sens interdits et gyrophares interlopes à la recherche d'une sortie. Mais
les barrières closes se succèdent et nous désespérons
: « Ah ! Sordide dédale ! Nous sommes faites comme des rates
! », nous écrions nous.(je m'emballe). Mais enfin, Dieu
soit loué, nous parvenons enfin à nous échapper du piège
!
Une fois rentrées, je m'endors la première, après quelques
douloureuses putain decrampes pédestres, vers 5 heures.
Ca va pas terrible du tout, mais j'ai trouvé un truc qui me fait inévitablement
sourire (voire rire) :
Ajudui, dissertation d'Histoire
Demain, bac blanc de Français
Mercredi, DS de SVT
Jeudi, DS sur tout le vocabulaire d'Anglais ingurgité depuis septembre
Vendredi, les quatre heures de TP de Sciences hébdomadaire (et peut-être
même un TP contrôle en Chimie, je ne me souviens plus de la date exacte)
Samedi, DM de Maths à rendre
Dimanche, mh... Dodo ?
J'me sens comment dire ?... Déboussolée.
J'ai envie d'envier (certes) ces personnes dénuées de toute forme
de sensibilité qu'il soit. Ces gens qui pensent après avoir agit
et qui s'en contre-fichent de ce que peuvent bien en penser les autres. Ces gens
qui n'en ont strictement rien à faire de marcher sur les gens pour mieux
parvenir à leurs fins. Ces gens que ça ne touche pas de se faire
jeter puisqu'ils iront voir ailleurs sans regrets ni remords. Ces gens qui ne
se posent jamais de question, qui font du mal mais qui n'en souffrent pas.
Mais je ne les jalouse pas, car j'abhorre ce type de comportement... Mais quand
même, y'a des fois je me dis que ce serait mieux... Etre sensible, c'est
bien. Etre hyper-sensible, c'est moins bien.
Je pleure, je pleure, mais rien ne s'arrange pour autant... Fichtre, je ferais
mieux d'aller réviser ce devoir de Maths que j'irai rater demain matin.
Je ne dis rien, mais je pense très fort [pour toi].
En gage de reconnaissance pour la qualité du travail que j'ai fort bien
accompli au Palais de Tokyo, HP m'a offret...
Dans leur premier reportage, ils ont pris cinq minutes de leur précieux
temps afin de narrer l'histoire de cette gamine française, tristement
emportée par le raz-de-marrée, et l'information est tellement jouissive
qu'il vont jusqu'à interviewer le papy qui n'a pas pu rattraper sa petite
fille à temps. Bien sûr, c'est une histoire bouleversante. Mais ce
qui me bouleverse d'autant plus c'est qu'ils ont consacré autant de temps
pour parler des quelques dizaines de milliers de morts en Thaïlande, en Inde,
au Sri Lanka, aux Maldives, en Malaisie, en Indonésie, en Birmanie,
au Bangladesh et jusqu'en Afrique.
Mais je vais m'arrêter là, parce que ce ne sont pas des propos que
doivent tenir des adolescentes de seize ans, bien au chaud dans leur maison, en
France.
Chéri est à la maison depuis lundi, il repart dimanche, ce pourquoi
je ne poste pas beaucoup. Je vous souhaite à tous une très bonne
année.
Vincent était de ceux qui ne pouvaient compter ni sur leur matière grise,
et moins encore sur leur charisme pour réussir leur vie. Vincent n'était pas méchant,
il était même plutôt gentil. Vincent n'était pas un abruti fini non plus, il était
même potentiellement intelligent, mais cependant pratiquement con. Il ne ressemblait
pas non plus à Quasimodo, mais sa mère l'avait enfanté il y a quelques quinze
années, ce qui provoqua tout naturellement une excitation hormonale engendrant
elle une exponentielle apparition d'acné sur son minois. Minois qui n'était par
ailleurs d'une nature peu attrayante, ce même sans pustule.
En gros, la nature n'avait vraiment pas facilité les choses pour notre
Vincent. Toutefois, son déficit intellectuel lui permettait aussi de ne pas le
réaliser. Ses parents qui eux, étaient de brillantes personnes, acceptaient malgré
tout leur progéniture. Aussi supposaient-ils que Vincent avait peut-être été précoce
dans sa jeunesse et était entré dans ce qu'on appelle " l'âge bête " prématurément,
qu'il s'y était plu et avait décidé d'y demeurer quelques longues années. Mais
ces années passèrent, et Vincent atteignit bientôt sa majorité, n'exprimant hélas
aucun signe d'un quelconque développement intellectuel. Papa et Maman Vincent
songèrent à remettre en cause leur hypothèse d'un " rallongement d'âge bête ",
bien qu'un jour béni paru et notre adolescent prodige parvint à réaliser concrètement
de quelle manière il avait bien pu venir au monde.
En effet, il eut beau chercher plusieurs mois durant, sa maman cigogne
demeurait introuvable dans l'annuaire téléphonique de son patelin, c'est pourquoi
il dû se résigner à concevoir que celle qui lui donna le sein n'était pas une
mère adoptive, mais bel et bien sa véritable génitrice. Celle-ci s'éprit de joie,
invita sitôt toute sa proche famille à fêter cet événement miraculeux et remercia
Dieu Tout Puissant de cette bénédiction. Mais si c'en était bien une, elle fut
unique, car Vincent demeura cependant incapable de comprendre pourquoi " quand
il se tripotait le zizi, celui-ci devenait tout dur " (nous noterons cependant
la pertinence de cette question d'une importance primordiale pour un jeune homme
de son âge). Vincent se questionnait effectivement souvent sur la vie, les fleurs,
les excréments coliqueux de son chien Pouki, et bien d'autres interrogations existentielles.
Comme tous parents honorables, ceux de Vincent s'efforçaient tant bien que mal
d'y répondre le plus précisément possible, tout en employant un vocabulaire basique
du type " le caca de Pouki est liquide parce que Pouki a mangé beaucoup de légumes
cette semaine ", mais en vérité, cette réponse est un bien piètre exemple, puisque
cette révélation horrifia Vincent qui décida dès lors de n'ingurgiter que chocolat
et steak hachés. Il demanda alors pourquoi " son caca à lui était tout dur ",
et ses parents soupirèrent.
C'est à partir de ce jour que Monsieur et Madame Papa et Maman de Vincent
ne répondirent plus aux questions de leur fils et lui offrirent plutôt des ouvrages
dignes de tout érudit qui se respecte tels : Ma première encyclopédie et
l'indispensable Guide du zizi sexuel, que Vincent apprécia beaucoup, et
plus particulièrement ses illustrations. Papa Vincent, lui, apprécia de voir son
fils s'instruire sexuellement parlant, et lui offrit aussi le Kamasutra en
dix leçons. Vincent partit alors à la recherche d'une dulcinée avec qui s'essayer,
mais aucune n'accepta ses alléchantes propositions. Papa Vincent, homme d'une
générosité inégalable, ne voulut pas que son fils s'arrêta en si bon chemin et
lui prêta sa carte bleue, lui suggérant d'offrir son corps à l'une des jeunes
femmes du trottoir du centre ville, ce que Vincent fit. Il perdit ainsi sa virginité
à trente-cinq années, trouva cela plutôt amusant, et retourna voir les jeunes
femmes chaque semaine. Il s'épris d'amour pour Roxane, la plus sulfureuse d'entre
elles et la demanda en mariage. Elle accepta. Maman Vincent pleura beaucoup, Papa
Vincent fit d'indécentes propositions à sa future belle-fille qui refusa catégoriquement,
assurant être follement amoureuse.
On organisa donc un médiocre mariage, le couple se fit insulter en sortant
de l'Eglise, mais nul ne put ternir leur amour incandescent. Vincent trouva un
emploi, ils achetèrent une modeste bicoque, pratiquèrent souvent l'acte sexuel
et Roxane enfanta inévitablement Lili. Lili grandit, devint une jeune fille remarquablement
brillante, qui plus est magnifique. Mamie et Papi Lili l'adorèrent, tout comme
quiconque la connaissant un temps soit peu. Elle grandit encore, se fiança à Julien,
fit l'amour avec lui, se maria avec lui, tomba enceinte et procréa Kévin. Mais
Kévin, lui, était de ceux qui ne pouvaient compter ni sur leur matière grise,
et moins encore sur leur charisme pour réussir leur vie…
Comme quoi, l'excellence n'est pas toujours héréditaire ; entendez par
là que si votre père est absolument stupide et que votre mère n'est pas franchement
mieux, vous n'êtes pas forcément fichu. Parallèlement, ton père a peut-être fait
l'Ecole Centrale et ta mère est peut-être une talentueuse chirurgienne, mais toi,
t'es peut-être con comme un balai, tu me suis ? Mais attention chers amis, j'ai
bien dit peut-être…
Papa était content, il a dit que c'était une bonne idée ce
coffret
Maman était contente, elle a dit que c'était vraiment très
gentil
Ma grand mère était contente, elle nous a tous embrassés
tellement elle était heureuse de voir tous ses petits enfants réunis
La sur de mon papa, Anne, a joué une nocturne de Chopin et papa ne
se souvenait pas qu'elle jouait si bien, il était d'autant plus content
Et moi aussi j'étais contente qu'ils soient tous contents. Sauf Minh, qui
faisait la gueule, mais ça, c'est normal.
Et puis, la plus vieille de mes cousines paternelles va se marier l'été
prochain !
Et aujourd'hui, mon grand-père paternel a fait un chèque à
chacun de ses petits enfants. C'est une grande première, j'entends par
là qu'il n'avait jamais fait une telle chose pour ses propres enfants qui
ont été étonnés et ravis.
J'espère que vous avez vous aussi tous passé un bon Noël.
Tiens, je viens de trouver un fil d'ange dans mes cheveux.
Et au fait, il y a quelques semaines, Maman m'a dit qu'elle était fière
de moi, de ce que je faisais, et de qui j'étais devenue : selon elle, quelqu'un
de bien. Elle avait les larmes aux yeux, quant à moi j'étais incapable
de retenir les miennes. Ceux qui suivent ce blog depuis un petit moment comprendront
à quel point cette déclaration a pu me soulager, et aussi me déboussoler...
M'éprendre d'admiration pour quelqu'un me plaît. Ces quelques uns
sont nombreux, mais rigoureusement choisis. Ce sont des personnes réellement
talentueuses, magiques, souvent passionnées et parfois bien trop modestes.
Elles me paraissent toutes inaccessibles, et l'idée de pouvoir avoir un
contact avec celles-ci me paraît complètement illusoire, que ce soit
une brève conversation, une phrase, voire quelques mots. Elles ne sont
pas parfaites, mais excèlent là où j'aimerais réussir.
Elles me frustrent et me motivent à la fois, m'ouvrent l'esprit.
Je pense qu'il est important d'admirer, mais sans que cela devienne excessif.
L'excès serait d'en aboutir à la jalousie, qui est selon moi un
sentiment exécrablement malsain et destructeur.
L'admiration permet l'utopie, elle fait rêver et peut faire avancer. La
jalousie, elle, rend dingue et mauvais. Mais la frontière qui les sépare
est parfois bien mince...


Mesmerized
is back :D Depuis le temps que ça traînait...
Oui, s'tout. Ce fut bref mais intense.
Ça fait donc vingt cinq. J'ai donc pu faire quelque chose avec ces photos
qui m'avaient tapé dans l'il il y a quelques semaines, j'ai obtenu
l'aspect ' old school ' que je recherchais... En gros je suis satisfaite, mais
je n'ai pas vraiment d'avis sur cette version que je dédicasse à
l'écharpe turquoise d'hier, soit ma keusine.
Bon et puis pendant que j'y suis, je vais passer un coup de gueule de chieuse.
Cet aprem j'ai passé un petit moment à m'acharner sur une tâche
d'encre, sur ce
t-shirt que je ne peux pas laver à la machine, puis, la tâche
enfin neutralisée, je l'ai mis à sécher au milieu de ses
petits camarades. Et là, c'est le drame. Je viens à l'instant de
le retrouver tout tâché, mais ce n'est plus une petite tâche
d'encre : c'est une putain de grosse tâche noire de jenesaisquoi. BORDEIL.
Bien sûr il fallait que la maladroite personne qui a fait ça (parce
que j'ose espèrer que ce n'était pas intentionnel) le fasse sur
mon t-shirt rose très pale qu'on ne nettoie qu'à la main plutôt
que de s'amuser à repeindre tous les autres t-shirts sombres d'à
côté. Nan hein, surtout pas.
Aujourd'hui ma sur a 15 ans, elle a invité hier six ou sept amis
hier, qui ont campé dans le salon cette nuit. J'ai donc fait une journée
shopping hier, après avoir entrevu une énorme écharpe turquoise.
J'ai descendu les Champs, sous la pluie, j'ai pleuré devant les prix des
fringues là bas (pas trouvé une seule à moins de 75 euros,
gnihi) et finalement terminé par une visite à la Fnac pour acheter
quelques cadeaux à chéri. Ensuite, comme je ne trouvais rien pour
Anh là-bas, direction Montparnasse. Je lui ai acheté un haut rouge
et ça
en version rouge aussi pour aller avec. Parce qu'elle est dans sa période
rouge donc. C'est étrange parce que c'est je crois la première fois
que je dépense autant de rots sans culpabiliser un peu, parce qu'ils ont
été dépensés non pas pour moi mais pour des gens que
j'aime et je sais que ça va leur plaire parce que j'ai très bon
goût bien sûr.
J'ai trouvé ce que je vais acheter à papa aussi. Enfin c'est un
peu cher pour moi toute seule du coup j'ai proposé une cotisation fraternelle
avec Minh, Anh et Louis et on va donc lui offrir ceci.
:D Il va être tout fou, j'ai hâte. Pour maman je lui trouverai bien
une grande et belle écharpe. Pour Louis, si je trouve, un bouquin sur les
mythes des Dieux scandinaves, parce qu'il aime, et que j'aime. :D Et Minh, une
couronne de princesse. Moi je m'offrirai bien une nouvelle jupe, mais je crois
que mon porte feuille ne va pas supporter.
Enfin bon, je reposterai sûrement d'ici là mais très bonnes
fêtes à tous !
Ah oui et puis je vais interviewer mon tonton pour moveandbe héhé.
P'têt qu'il y a parmi vous quelques amateurs de jazz qui le connaissent...
c'est Nguyen Lê.
:) En attendant, faut que je trouve des questions pertinentes à poser.
Et que je change de layout parce que c'ui là me pompe sévère.
'Puis j'ai promis à Maître
SuperFab de faire une version dans des tons plus clairs.

L'autre jour, Anh a donné un bain à Kenzo. Kenzo c'est lui.
Anh et Louis viennent de m'apprendre que les Power Rangers de sexe féminin
étaient joués par des mâles pendant les scènes de combat.
En
SVT, on observe ça (c'est une protéine, la phénylalanine).
« Qu'est-ce que ça vous rappelle ? »
« Noël ? ». Mais encore.
En SVT, on aime se consacrer à des activités intellectuelles tout
à fait en rapport aux phénotypes, chaînes ß et aux enzymes.
On essaie de se cacher des stylos dans les cheveux sans qu'ils tombent.
Ou bien encore, fatigués d'une telle émancipation spirituelle, on
décide plutôt de se donner des sobriquets qui nous donnent l'air
intelligent, beau gosse, ou powerful (barrez la mention inutile)
du type : Nicky Larson ou Sailor Moon tout en imitant notre mentor. Parce qu'on
est possesseur d'un stylo rose avec au bout un diamant en plastique qui s'allume
quand on écrit, et que ça fait trop Sailor Moon (moi, j'en ai un
Ambulances2Paris :
Il se passe des choses étranges. Et plutôt inattendues.
A la maison.
En ce moment.
Et j'dois avouer que ça me dépasse un tantinet... J'sais plus bien
où me mettre... Ceci dit ce ne sont pas vraiment * mes * affaires, mais...
« Vas t'laver les dents ! (5ème édition)
Mais Louis il m'a pris mes chaussettes.
Vas te laver les dents.
Mais il m'a pris mes chaussettes !
Mais bordel t'as pas besoin de tes chaussettes pour te laver les dents
! »

Dans la catégorie ' palpitants récits ' de la famille poissons rouges,
voici quelques nouvelles ultra captivantes...
Pic, mon dernier poisson donc, ne semble plus être greffé aux graviers
mais il lui arrive de plus en plus fréquemment d'être comme bloqué
en mode pause. Bien sûr, les poissons d'aquarium sont rarement de très
vives créatures, mais là, je trouve ça inquiètant
(c'est vous dire comme il a l'air lobotomisé). On dirait qu'il a ingurgité
une forte dose de morphine. J'ai changé l'aquarium mais ça n'a rien
changé et c'est à peine s'il a réagi quand je l'ai attrapé
avec l'épuisette... Anh a supposé qu'il s'ennuyait depuis que son
compagnon de nage était décédé et m'a recommandé
de lui « mettre un cerceau pour qu'il s'amuse ». Ok tu le vois toi
mon poisson faire du houla up aquatique ?
Bref, siouplé, si vous êtes ou connaissez un docteur de poisson rouge,
faites quelque chose pour Pic. :(
Sinon aujourd'hui c'est journée « Passion pour la Science »
au lycée ! Le hall est blindé. Non pas que les élèves
s'intéressent tout particulièrement aux sciences, mais parce que
le fait d'assister et de participer aux expériences leur permet de banaliser
leur journée de cours (avec bien entendu approbation des parents). En tant
qu'élève studieuse (qui a toussé ?), j'ai bien sûr
assisté à presque tous mes cours, refoulant mon désir ardent
de m'instruire scientifiquement (ceci dit mes cours aujourd'hui étaient
principalement composés de maths et d'svt héhé). Mais comme
j'avais l'autorisation de papa, ben j'ai fait sauté le module d'espagnol
pour assouvir ma soif de connaissances. N'allez cependant pas croire que le cours
d'espagnol ne nous enseigne rien........ J'ai donc beaucoup appris sur les catalyseurs,
qu'il y avait de l'eau dans l'huile, dans l'essence et les patates (en fait ça
je le savais, c'était juste l'histoire d'écrire patate, ça
fait bien je trouve) et j'ai testé mes capacités de logique avec
des genres de puzzle en bois et en super plus dur (sisi !).
Bref, un début de journée fort intéressant même si,
pour la première fois depuis.... longtemps, je n'ai pas eu la moyenne en
SVT.
Fuck.
Mon dernier poisson est en train de rendre l'âme. Je crois qu'il agonise
grave. Ou alors il se repose sur les cailloux de l'aquarium mais j'avoue avoir
plutôt tendance à croire en la première hypothèse.
Le truc c'est qu'il est dans cet état depuis hier et que quand je lui mets
des Daphnies il remonte à la surface. 'Comprends pas. Ou alors en fait
il est pas du tout en train de mourir ni même de se reposer, et c'est juste
que l'eau est irrespirable (gn) à la surface. Oui parce que ça fait
un moment que je l'ai pas changée. Enfin ça va c'est pas vert caca
d'oie non plus. Disons que l'eau a juste perdu de sa limpidité initiale...
Autrement, saviez-vous que lorsqu'on mange des céréales Smacks le
matin, le soir on fait un pipi qui sent les céréales ? Héhé.
Non parce que moi ça me le faisait quand j'étais gosse et j'ai ouvert
mon cur à ma sur tout à l'heure qui m'a avouée
qu'elle avait déjà vécu la même expérience.
Trop délire.
Sinon, je pense que vous l'aurez remarqué (ou alors je crois qu'il est
temps que tu ailles consulter un ophtalmologue mon lapin ou bien que tu
actualises la page...), voici la 24ème version de ce blog.
J'espère que le texte est assez contrasté par rapport au fond chez
vous... Enfin ici ça va, et mon écran a un faible niveau de contraste
donc j'en déduis que, théoriquement à moins que vous
ne soyez encore moins contrasté que moi, mais ça fait super pas
contrasté alors , ça devrait être lisible.
Sinon (hé oui j'ai beaucoup de choses à dire, c'est trop d'bonheur),
pour vous résumer ma semaine :
samedi dernier, DS de maths (2h)
lundi dernier, DS de physique/chimie (1h)... on nous l'a rendu aujourd'hui...
j'avais quasiment rien foutu parce que chéri était là...
et j'ai eu 1. J'en ai un peu beaucoup marre d'être nulle, d'être bonne
à rien.
mardi dernier, DS de français (2h)
mercredi dernier, DS de SVT (1h30)
hier, DS d'anglais (1h).
Et pour lundi : DM de maths + DS de géographie (2h).
Bon et puis j'en avais pas parlé ici, mais ma prof principale (français)
a tenu à rencontrer mes parents (à comprendre mon père quoi)
(avec ma présence) lundi dernier... En gros elle a dit qu'elle ne pensait
pas que je ne travaillais pas assez, et elle demandait par conséquent ce
qui me posait problème. Papa a expliqué, j'ai ajouté deux-trois
trucs. On a aussi parlé de mon ' débloquage ' du deuxième
trimestre précédent (où, si vous avez suivi, j'ai doublé
plusieurs de mes moyennes)... Ah oui et d'ailleurs elle a été un
peu étonnée d'apprendre que j'étais passée en appel
parce que je cite ' je n'ai pas les difficultés habituelles d'une élève
issue d'appel '. Elle ne doit pas connaître mes moyennes de maths et de
physique hihihi.
Enfin bon. Une super semaine quoi.
Le premier novembre, quand je suis rentrée de chez Lui, je vous disais
« complètement HS, naze, je m'écrase dans mon lit et pionce, du moins fais mine ». Aujourd'hui, soit deux semaines plus
tard, je ne suis toujours pas parvenue à passer une nuit normale.
Je sais pas trop pourquoi.
Je fais des cauchemars, ou bien me couche tard, ou bien me couche tôt mais
mets bien trop de temps avant de fermer l'œil, ou bien m'endors, puis me
réveille, ainsi de suite. Je sais pas trop pourquoi.
Je dois être drôlement angoissée. Et puis y'a toujours ces
migraines. Je sais pas trop pourquoi.
Il est reparti hier soir. C'est amusant de constater comme les séparations
se font de plus en plus difficiles. La dernières fois, les larmes étaient
au bord des yeux, mais j'étais assez forte pour les empêcher d'atteindre
mes joues. Cette fois-ci j'en étais incapable. Cette fois-ci, à
peine entrée dans le métro 14 qui ferait la liaison des stations
Châtelet à Gare de Lyon, que je me sentais déboussolée...
Il y avait un autre couple qui se quittait à côté de nous.
C'était là aussi l'homme qui s'en allait, voiture 14 dans le TGV
Paris Gare de Lyon – Montpellier – Perpignan. Quand les portes se sont
fermées, on avançait le long du quai, la tête tournée
vers le train pour suivre notre homme du regard, pour murmurer ' Je t'aime ' en
espérant qu'il sache le lire sur nos lèvres. Et puis le train est
parti pour de bon. Je lui ai demandé si ça allait. Ça fait
4 ans et demi qu'ils sont ensemble. Elle vivait avec lui à Perpignan avant
et elle a tout lâché pour ses études. Sa famille, sa ville,
ses repères, son homme. Je trouve ça très courageux.
On n'a pas vraiment eu le temps de faire grand chose, juste un ciné/resto
à Paris samedi après-midi. Et puis le soir on est allés à
la hypegallery, il m'a donné un coup de main. C'est sympa là-bas,
outre la toute pitite minorité grincheux, on y rencontre des gens intéressants,
ouverts, passionnés. Une vieille dame, photographe, qui parlait beaucoup.
C'était amusant parce qu'à l'accueil, elle nous disait « en
tous cas c'est vraiment chouette ce projet », puis elle balaye rapidement
du regard la salle et constate (:D) « il est bien joli ce tigre ! »
. Alors papa lui répond que héhé, c'est elle qui l'a
fait, c'est sa fille ainée, etc. Et elle me félicite, me
demande quelles études je fais, je réponds que je n'en suis qu'au
lycée, que c'est juste une passion. Elle a dit que si elle était
si heureuse dans sa vie, c'était grâce à l'art.
Je sors de 4 heures de bac blanc de français et je suis pour ainsi dire
: MAL. J'ai la gerbe et mal au crâne et je me sens même pas soulagée.
Et cet après-midi, comme on est pas assez morts, ils ont décidé
de commencer les TPE (travaux personnels encadrés). Donc pour résumé
cette charmante journée : 8h30 > 12h30 bac blanc, 14h > 16h géographie
et 16h > 18h TPE de je sais pas quoi. Mais c'est super ! Enfin bon, y'en a
qui terminent à 20heures ce soir alors il paraît que je ferai mieux
de fermer ma bouche. Mais ces personnes ne terminaient jamais après 16heures
en première alors elles feraient mieux de la fermer aussi. Hein chéri
?
Autrement, j'ai encore passé ma soirée à innonder mon oreiller
de larmes hier soir... Et puis comme j'ai une famille formidable, j'allais mieux
après quelques deux heures de pleurage, et je me suis mise à refaire
ce
truc tout moche que j'avais fait en avril dernier (oui je sais j'aurais mieux
fait de réviser pour l'examen du lendemain et oui je sais j'ai pas intêret
à venir chialer ici comme quoi j'ai tout foiré). Finalement, voici
le résultat :
Ca y est, je l'ai dit. Tu sais pourquoi. Tu sais comment. Tu sais.
Je me sens soulagée et gênée à la fois. C'est comme
si tu me voyais comme je me vois maintenant.
Mais c'est pas vrai. Parce que tu as dit : ce n'est pas de ma faute. Et que pour
toi, ce n'est pas grave.
C'est le passé, on en parle plus. C'est pas ma faute.
Et pour elle tu m'as dit : t'occupe pas. En fait, tu as dit comme beaucoup de
gens. Mais comme c'était toi, ce n'était pas pareil. Ta voix m'apaise,
me raisonne. Sauf quand tu grondes. Mais tu grondes pas beaucoup. Et puis, tu
dis toujours vrai je trouve. Alors pourquoi te tromperais-tu ici ?
Non non, tu dis bien la vérité : ce n'était pas ma faute.
Et elle, il faut laisser tomber.
J'ai oublié de te dire merci. C'est gênant de te remercier en fait.
Toute la journée les yeux me brulaient, je me demandais même parfois
si c'était pas à cause du khôl, du démaquillant, de
la fatigue à cause de la nuit de pleurage intensif, ou
je ne sais quoi. En fait non, c'étaient juste les larmes.
Beaucoup de larmes pour une seule personne ! Mais en vaut-elle la peine finalement
? N'a-t-on pas encore eu raison en me disant : tu focalises sur une image qui
appartient au passé et qui est maintenant révolue. Je pleure en
fait pour une personne qui n'existe plus vraiment. C'est normal de pleurer pour
quelqu'un qui n'est plus là physiquement. Mais là, c'est pas comme
ça. Alors, ça sert à quoi ?
En fait je sais : ça sert à rien. Mais je crois que le rien, c'est
ma spécialité.
Rien dans la tête, ouais.
J'pleure trop fort. Même étouffée sous mon plus gros oreiller,
rien à faire, les suffocations sont trop vives ! Uhuh.
Bon. Résultat, on regrette de ne pas m'avoir foutue sous anti-dépresseurs
plutôt qu'anti-migraineux. C'est balo !
L'automne, c'est toujours souvent pareil.
Ca date de juillet dernier, mais bon. Premier flashage.
Ca date d'hier. Première ' colorization ' pour gay.paradoxal.org
(à visiter absolument si tu connais pas, ignare)
Cliquez
(parce que c'est encore plus moche sur fond caki)
Et puis puisque j'y suis : ma
seconde colorisation. \o/
C'que j'aimerais.
Parfois j'me fais peur.
Restes de larmes sèches d'hier soir au coin de l'il, le long les
joues. Mais sitôt ouverts, les yeux s'empressent de mettre à jour
le chantier...
A quoi bon passer toutes ces nuits à pleurer sur le passé, sur des
regrets qui déjà avaient fait tant de peine, de cicatrices. Mais
non, je me trompe ici : le passé est révolu, certes, mais mon erreur
et de n'avoir été assez fine pour démêler les nuds
formés dans le temps. De les laisser grandir, et lorsqu'ils devenaient
trop lourd, de finir oppressée par ma propre bétise. Et là,
retrouver le bout du fil relève de l'impossible. Et les conséquences
de ce putain de passé sont tellement monstrueuses qu'elles me dépassent...
Et je ne trouve rien de mieux à faire que de me remettre à chialer.
Faudrait que je sois capable de relativiser sur le coup et non pas attendre qu'on
ait besoin de verser des larmes d'eau salée et de sang pour avoir une prise
de conscience.
Je sais pas comment je me débrouille pour refaire les mêmes conneries
à chaque fois. J'tombe dans le piège et je ne me relève jamais.
Je perds ce que j'aime entre les épines de chaque gouffre et quand j'arrive
tout au fond, à ce moment là, et pas avant, j'ouvre les yeux. Et
il est trop tard, bien trop tard pour faire marche arrière. Et je suis
alors incapable de remonter bien haut toute seule, trop démolie.
Jf. 16 ans. Ado en crise. Emmerdeuse. Mauvaise. Ch. Repères. Stables. Ch.
Sincèrité. Ami. Confident. Se ch.
Nouvelle version donc, la vingt-troisième. Je n'aime pas trop ce design,
sauf ses couleurs (qui d'ailleurs me rappellent un pub de Montpellier) (et aussi
le salon de la maison de mes Sims, mais c'est une autre affaire), mais Marilyn
devenait vraiment agaçante.
Je suis revenue de Montpellier vendredi soir, c'était un superbe mais bien
trop court séjour. On avait pensé à déplacer mon retour,
mais ce n'était pas raisonnable à cause du travail. Cependant, je
m'aperçois que j'ai beau être rentrée depuis deux jours complets,
et je n'ai pas touché une seule fois à mes affaires de cours...
Enfin, j'avais commencé un peu là-bas, mais vraiment pas grand chose.
Bref, ici il fait moche, froid, je m'sens mal, j'arrive plus à dormir correctement.
C'est nul. Là bas, il a peut-être parfois fait moche, un peu frisquet,
mais j'étais bien. Trop bien. Vraiment. J'étais avec lui. Et je
me suis sentie heureuse. Ou du moins épanouie.
C'est fou hein, il me manque comme s'il avait fait partie de moi et qu'on me l'avait
arraché. Sur le quai, je retenais encore mes larmes, parce qu'en plus,
c'était tout à fait le même sénario que cet été
: le même quai, la même voie C de la gare de Montpellier. Seule chose
différente : je crois que je l'aimais d'autant plus cette fois-là.
Dans le train, ça allait : comme j'étais crevée, j'ai dormi
un peu jusqu'à ce que j'aie le ' mal du train '. Du coup j'étais
trop perturbée pour vraiment penser aux 800 km qui allaient à nouveau
nous séparer.
En rentrant, pareil, complètement HS, naze, je m'écrase dans mon
lit et pionce, du moins fais mine. Le réveil était douloureux. Parce
que premièrement, j'ai très mal dormi, secondement, j'ai cru qu'il
serait encore à côté de moi.
Mais. Mais.
Peut-être qu'il vient à la maison du 11 au 14 novembre parce que
sa fac fait le pont.
Peut-être.
Caramel
est morte.
Ce design me lasse puissance quarante douze mais je n'ai pas le temps d'en faire
un nouveau puisque je pars chez mon chéri dans quelques instants. Chez
mon chéri = Montpellier et Montpellier synonyme de vacances pour moi, pitite
parisienne. Vacaaaaaaaaaannnnnnnnnnnncccccesss !
Sinon je me suis fait un t-shirt à l'aide de ce
truc :
Vous devez maintenant tous connaître le nouveau petit bijou de notre animateur
télé préféré, à savoir Benjamin Castaldi
(comment ça tu l'aimes pas ?). Mais oui, tu sais, le mari de Flavie Flamen
qui a une petite gueule et qui dit ' portaïbeul ' pour portable. Non, tu
vois pas ? Allez, encore un indice, c'est le type qu'est encore plus drôle
que Nikos Aliagas (lui c'est celui qui présente la Star Ac', et si celui-là
non plus tu le connais pas, vraiment, tu peux te faire petite souris !). Cette
merveille donc, s'appelle Gloire
et Fortune, sous titré La Grande Imposture. Mais attention, derrière
ce nom franchement minable se cache une parodie de la télé-réalité
ultra subtile.
Bon, si t'es vraiment pas in et que tu vois pas du tout de quoi je cause,
je vais t'expliquer le concept. En fait, Benji, qui lui est un type super in
(et moi je te dis, prends en d'la graine ma cocotte), a eu l'exclusivité
d'être le premier à avoir la lumineuse idée de caricaturer
la télé-réalité. Eh ouais, ça impose le respect,
quand même.
Pour ce faire, il a engagé une 9 comédiens de oof qui vont chacun
avoir un rôle spécifiquement stéréotypé : le
gros salaud (l'ordure), la nana machiavélique très fine (ils
l'appellent la stratège), la p'tite surfeuse toute mimi mignonne
mais qui sait pas nager très bien (la bonne coupine), la barbie
(la bimbo), l'emmerdeuse (la peste), et le reste je sais plus parce
qu'ils n'ont pas énuméré tous les acteurs sur le site. Oui
désolée, je critique votre inculture M6éenne, mais je suis
pas vraiment in moi non plus. Damned.
ET, la cerise sur le gâteau, le mouton noir, le clou du pestacle... Mathieu.
Attention, il faut préciser que Mathieu n'est pas un acteur. Non non, Mathieu,
c'est un mec comme toi et moi (enfin moi je suis une fille personnellement, mais
tu m'as comprise), simple, gentil, naïf, touchant, sensible, etc. En gros,
un stéréotype lui aussi, mais il le sait pas et il le fait même
pas exprès. Et en fait, il est tellement tout mignon tout plein, que pour
exemple (totalement pris au hasard hein), le type qui joue l'ordure, dans le confessionnal,
limite il pleurait parce qu'il disait que c'était super méchant
de faire des coups de catin à un type si tout mignon tout plein.
Cette palpitante aventure nous est magistralement présentée par
un présentateur reconnu de tous, à savoir celui de M6 Boutique. Alors lui, il est
bien. Déjà, le premier jour de l'émission (oui j'avoue, j'ai
regardé un peu, mais j'ai pas fait exprès), il fait son entrée
non pas en limousine. Non pas en jet privé. Non pas à califourchon
sur un dromadaire unijambiste. Non, non, Pierre Dhostel (parce que c'est son nom,
merci actustar.com),
c'est un vrai : il arrive, tel un prince charmant (uuuunnn peu plus enrobé
que ce que l'on pouvait imaginer dans nos rêves de petites filles, et unnnnnnn
peu plus sénile aussi) (non, là, je suis méchante, il est
bien conservé, ça va, imotep) (mais bon, y'a le maquillage aussi,
toussa... bref) sur un superbe étalon blanc. Ah, ça oui, son arrivée,
c'était presque le meilleur de l'émission : sérieux, Benji,
t'as assuré grave. Chapeau bas.
Bon, et comme toute télé-réalité qui se respecte,
les candidats doivent faire des challenges pour assurer leur immunité face
à l'élimination. Et les challenges que nous proposent Gloire et
Fortune, vraiment, on sait pas où ils sont allés les chercher. Enfin,
moi j'ai vu que le premier, et j'ai même pas rigolé tellement c'était
grotesque : en gros, les candidats devaient enfiler un déguisement de pingouin
(sans oublier les palmes de plongée) et beugler le cri du pingouin, et
faire la danse du pingouin. Moi je dis, si j'avais été un pingouin
et que j'avais vu l'émission, j'aurais sauté par la fenêtre
(donc finalement, hélas pour vous, peu de chance pour que ça arrive
– du moins selon ces critères).
Bref, on se demande tous " Mathieu flairera-t-il la machination dont il est victime
? Comprendra-t-il qu'il est, malgré lui, le héros d'une énorme farce et l'acceptera-t-il
? " (dixit m6.fr)
(à traduire par Mathieu jouera-t-il son rôle de tout mignon tout plein jusqu'au
bout ? En aura-t-il marre de passer pour un c*n devant (presque) toute la France
?)
En gros, Benjamin, t'es bien gentil mais faut pas pousser mémé dans
la gadoue hein. Les télé-réalités, c'était
super rigolo au début, mais on en est déjà au 4ème
(?) opus de Star Academy, il y a eu je ne sais combien de Pop Star ou A la Recherche
de la Nouvelle Star, sans oublier les Loft Story... Et on y comprend plus
rien. Alors, si en plus, tu t'éclates à truquer officiellement des
télé-réalités déjà truquées officieusement
afin de les parodier (officiellement, on aura fini par le comprendre) bha, blased
quoi.
Aux premiers abords, j'me rends compte que je peux être super froide. Et
encore plus sur la toile. Mais bon, une fois qu'on m'a apprivoisée, ça
va, imotep, j'peux être gentille. Seulement l'apprivoisement peut s'avérer
être un long et rude combat. Par ce que t'inquiete kékette que je
suis pas une fille facile, moi, non non : je suis une real true gurl réservée.
Au début. Après, j'suis tout bonnement chiante. Après, c'est
quand j'ai fini par faire confiance à celui ou celle qui prend le risque
de tenter une approche. Ou alors tout simplement quand j'ai fini par avoir des
affinités avec ce(tte) dernier(e). Alors, soit t'as vraiment été
méga gentil avec moi et j'te trouve hyper cool et laulant, et je vais plus
te lâcher. Genre même si c'est pas du tout dans mes habitudes habituellement,
je vais venir t'harceler sur MSN dès que je verrai s'afficher en bas à
droite de mon écran Tartanpion vient de se connecter (tu fais Tartanpion
ok) et je te ferai à ton insu des tas de tactiques très subtiles
pour que tu m'aimes autant que je t'aime, etc. Mais bon ceci est un cas de figure
assez exceptionnel. En plus j'harcelerai pas tout le temps parce que j'aime vraiment
pas faire ça (c'est à dire que oui, je sais combien il est emmerdant
d'avoir quelqu'un qui semble être en train de vous traquer, que vous vous
demandez si, s'il en avait les moyens, ne viendrait pas mettre le feu à
votre boîte aux lettres me demandez pas pourquoi j'ai jamais compris,
etc.)
Ou alors, t'es qu'un con et tu me fais chier grave, et je vais finir par te bloquer.
Mais pas un bloquage barbare hein, non, c'est pas mon style. Je vais te bloquer
intelligemment, avec finesse, de façon à ce que tu ne te t'aperçoives
jamais que je t'ai bloqué. Tu te demandes de quelle manière, hein
? C'est très simple : lorsque le moment me semblera propice, je te débloquerai
quelques instants, et puis hop, rebelotte. J'vous jure que ça marche, y'en
a un il croit que j'me suis désintox' de la toile et que je me connecte
qu'occasionnellement, alors il vient tout content de me voir en ligne et... Mais
bon ça on s'en fout quoi, en plus c'est pas gentil pour lui (trop désolée
si tu t'es reconnu).
Enfin bref, je sais même plus où je voulais en venir. Quoiqu'il en
soit, la pub Kiri Tartine, elle est trop chou.
Ah ouais et puis Grisette a mouru... C'était trop horrible de voir Minh
pleurer comme ça, je crois que c'est la première fois qu'elle est
confrontée à la mort (Minh mode Skywalker, private joke hein (gros
malin), du moins en étant capable de comprendre ce que cela représentait.
Même pour un hamster.
Enfin, elle s'en est remise au bout de deux jours et a adopté Caramel.
Cette bestiole est assez particulière : 1* elle couine et 2*, elle pue
l'effaceur. Et je pourrais même rajouter 3* cette conne m'a pissé
dessus hier soir (et Minh a pas trouvé mieux que de dire « oh ! ben
tu l'as pas prise au mauvais moment hein ! » ouais, t'as raison ma pépette,
la prochaine fois je lui demandrai si elle a pensé à aller faire
pipi avant de la sortir).
Mardi 12 octobre : DS d'Espagnol
Lundi 18 octobre : DM de Maths + DS d'Histoire (2 heures)
Mardi 19 octobre : DS de compréhension écrite d'Espagnol
Jeudi 21 octobre : DM de Français (commentaire composé)
Samedi 23 à partir de 12:30 jusqu'au mercredi 3 novembre : vacances.
Et puis on reprend :
Vendredi 5 novembre : Bac blanc de Français
Mercredi 10 novembre : DS de Maths
Jeudi 18 novembre : DS d'expression ecrite d'Anglais
Bien entendu, bien d'autres devoirs ne sont pas encore annoncés dans cet
internvalle mensuel. Ah, douce (rude ?) monotonie lycéenne quand tu nous tiens...
Cette prof' de maths est une catastrophe ambulante.
Pendant le cours, chaque élève a un temps d'écoute limité
accordé par cette dernière : on a l'autorisation de poser une question
par cours, pas plus (en revanche, moins, ça l'arrangerait bien). Et si
jamais on trop de lacunes, eh bien c'est tantpispourtagueulet'avaisqu'àêtresurdouéptitcon,
ou bien en plus soft : votre crédit est épuisé. C'est
pourrave, quoi. Et puis elle a cette manie de se déculpabiliser d'une fine
manière lorsqu'elle se plante au tableau ou bien dans une correction &
co. Limite elle parviendrait presque à rejeter la faute sur les pauvres
lycéens que nous sommes.
Mais bon, sinon ça va elle est cool. Imotep.
Autrement, comme ça fait un moment que j'ai pas blogué, je vais
balancer comme ça quelques phrases à propos de cette semaine.
Alors, samedi dernier je suis sortie d'une salle de physique chimie en hurlant
de douleur (morale). J'ai une fois de plus dû passer pour une tarée
auprès de l'enceinte mariecurienne ! Great !
J'ai eu treize en français à une analyse de corpus mais je n'ai
toujours pas le résultat de ma note de DM.
J'ai appris qu'une année, mon lycée avait eu 100% de réussite
au bac scientifique. Cependant ça m'a moyennement étonnée
puisqu'en moyenne, il n'a jamais moins de 97%. Oui t'as vu je suis dans un lycée
d'élites héhé.
J'ai eu la deuxième meilleure note en SVT !!!!!!!! (applause please)
Je me suis acheté un poncho marron so cuuute et je suis en train d'en crocheter
un noir en suivant le patron du premier.
Il faut que j'aille à Châtelet cet après-midi.
J'ai enfin trouvé un ruban de satin blanc.
J'irais sûrement une semaine chez mon chéri à la Toussaint
(tu me manques sale con !).
Et...
JE VAIS TRAVAILLER POUR LE MUSEE DE L'ART MODERNE. Hahahahaha ! Pour ce
projet, que j'explique à ceux qui ont la flemme de lire le concept
sur le site officiel : afin de faire la promotion de HP, durant tout le mois de
novembre, tout amateur pourra ramener ses fesses au Palais de Tokyo avec (sur
CD je présume) son uvre (photographie, infographie, les deux ?!,
etc) et mon boulot sera de recevoir cette personne, de mettre sur PC son travail,
d'arranger les couleurs, de lui montrer le résultat sur un grand écran
et, si ça lui plaît, de la faire imprimer sur une méga trop
énorme ultra oof imprimante HP. Ensuite, l'oeuvre sera exposée dans
le musée. Et lorsqu'il y a plus de place, on enlève les premiers
que l'on remplace par les nouveaux. La seule contrainte est de faire apparaître
les lettres H et P dans le titre de l'uvre.
C'est pas trop génial ?! Je vais rencontrer pleiiiin de monde, je vais
apprendre des taaaas de trucs, je vais gagner un peu de sous... Et tout ça
dans un domaine purement artistique (et un peu informatique). L'extase quoi.
Si vous êtes un jeune artiste intéressé et inculte, le Palais
de Tokyo se trouve au métro Paris Alma, et viendez le samedi de 18h à
minuit, pour me faire un coucou.
Sur ce ...!


A Paris, en mars 1853
Monsieur Hugo,
Vous voyez, je ne peux pas préciser la date : c’est parce qu’ici, j’ai perdu toute notion du temps. Ici, c’est la prison. Ca doit faire deux ans qu’ils m’ont fait enfermer. C’est à cause de ce maudit coup d’Etat. Vous voyez, on y a perdu la République, moi j’ai aussi perdu ma liberté et mon frère. Mon frère c’était un gamin, mais il était juste, vraiment courageux et brave. Il aurait dû avoir 18 ans cette année, mais Napoléon en a décidé autrement et c’est un peu ma faute : j’étais trop fier de Paul. Alors je l’ai emmené partout avec moi, à chaque fois qu’il fallait crier « Vive la République ! », il était là. Mais monsieur, je ne vous écris pas vraiment pour vous parler de comment il était. Je vous écris pour la nuit du 4, car c’est le poème où vous racontez vôtre tragique souvenir qui m’a le plus bouleversé. Cette nuit là aussi, Paul était venu avec moi. Mais je suis reparti tout seul, et pas pour rentrer à la maison. Je sais ce que vos yeux ont vu, mais vous ne pouvez pas savoir combien mon cœur a été blessé ce soir là. Ils me l’ont pris, ce petit homme. Je me souviens encore du visage dégueulasse de ce soldat : on s’enfuyait et il lui a tiré dans la jambe droite, alors Paul est tombé et l’autre salaud s’est avancé vers lui, il lui a fait : « Fallait pas jouer dans la cour des grands ! » et il l’a achevé, même pas d’une balle dans la tête, non ça aurait été trop bon de sa part, il lui a balancé deux coups de crosse dans la nuque. Le crâne du petit déglutinait sa cervelle et moi je suis arrivé trop tard. Je serrai fort contre moi un pantin inanimé. Et puis d’un coup j’ai compris que j’avais été bien infâme moi aussi, parce que c’est rien qu’à ce moment, quand son corps était là, vide et tout ensanglanté, que j’ai compris qu’il avait été trop jeune pour affronter tous ces chiens enragés. Et j’avais envie d’hurler fort jusqu’à ce que je m’étouffe dans ma rage. Mais y’avait comme un nœud dans ma gorge et je pouvais que gémir de douleur. Je voulais pas que Paul me voit pleurer de là-haut, mais j’arrivais pas à refouler mes larmes : elles accouraient comme des furies haineuses et plus j’essayais de les arrêter dans leur course, plus elles étaient nombreuses. Mais j’avais beau pleurer, c’était quand même trop tard et moi, j’aurais voulu être à sa place, là, sur les pavés, la tête fracassée. Mais voilà, c’est Paul, le petit, le tout jeune et brave Paul qui se vide de son sang. Et moi je me demande : qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Rester là et pleurer la mort de Paul ? Non ! De là-haut, Paul me regarde toujours et il ne veut qu’une chose : que j’abandonne pas notre lutte.
Alors j’ai séché mes larmes du revers de ma manche, même si y’en avait d’autres qui revenaient tout de suite, et je me suis relevé, j’allais continuer de me battre jusqu’à ce que Dieu décide qu’il soit temps de rejoindre Paul. Mais je sens quelque chose de froid dans mon dos et alors un frisson me glace l’échine : c’est trop tard, encore une fois. Il me fait : « tu me suis ou t’es mort » et, comme un lâche, je les ai suivis jusqu’ici.
Je sais que vous savez aussi comment c’est quand on n’a plus de liberté, mais je sais aussi que vous êtes bien plus brave que moi. Alors je vous demande ça : pour Paul, pour l’enfant qui avait reçu deux balles dans la tête, pour tous ces autres innocents ou les courageux qui ont donné leur vie pour la République, monsieur Hugo, continuez : vôtre plume est sûrement l’une des plus puissantes armes de notre guerre. Comme j’ai réussi à avoir les Châtiments, même ici, enfermé et privé de tout, je ferai tout ce que je peux pour pouvoir lire vos prochaines merveilles. Et sachez qu’ici nous sommes beaucoup à agir comme ça, alors je me permets de vous dire que je parle au nom de tout prisonnier qui hurle « Vive la République ! »
Jean Couture,
et bien d’autres encore.

J'ai la rage, si on me laissait faire je leur éclaterai la tête contre
le rebord du trottoire, ou bien j'en prendrai un et taperai sur les autres avec,
j'hésite. J'ai la rage et ça m'fait chialer. Parce que cette année
commence comme la précédente : encore des cours qui sautent à
cause d'angoisse qui engendre larmes et inexorablement fatigue, et là,
pour couronner le tout une super rinopharyngite en phase de déboucher sur
une otite. Et caetera. Quand j'ai le démon comme ça je fais des
trucs où je ne me reconnais pas. Enfin j'en dit, surtout.
En fait je reviens du lycée. Ces abrutis congénitaux ont instauré
une nouvelle règle super rigolotte : le matin, les élèves doivent impérativement
arriver avant 8:30 pour entrer par la porte destinée aux élèves,
et dans le cas échéant, ils peuvent poireauter jusqu'à 45 devant l'entrée principale,
en la ragoûtante compagnie du nouveau chien de garde de Marie-Curie, un
espèce de débile profond avec les yeux espacés de quelques
3 centimètres et la racine des ch'veux aux sourcils, qui se la joue à
la Elvis remixé vieux loubard motard, avec sa veste en faux cuir de cul
de jatte et sa coiffure gelée à fond, qui donne l'mpression qu'il
s'est peigné avec un balais à chiottes. Et son engin à deux
roues en question, c'est une espèce de boîte de conserve, avec un moteur qui sonne même
pas 125, mais taillée comme une moto de course. Tu parles d'une bête
!
Et cet abruti, quand tu lui parles, il capte rien. Enfin non, c'est p'têt
moi qui, quand je suis énervée, ai un débit de mots à
la seconde qui va en s'accroissant, plus j'ai les nerfs. Alors je lui répète
limite en épelant mot à mot, tandis que pour faire genre il est
intelligent et il va comprendre, il me considère gravement, mitigé
entre une attention pour faire genre il fait bien son boulot, et entre un ' qui
me parle ? ', pour faire genre il fait bien son boulot, mais il s'en fout quand
même de ta pov' gueule d'élève pas sérieux qui arrive
à 32 au lycée.
Enfin même en jouant l'orthophoniste il comprend que dalle, et il nous (parce que je n'étais évidemment pas la seule retardataire) fait
' de toutes façons ça sert à rien de rester là ils
vont vous jeter quand vous serez entrés ' et j'réponds ' non c'est bizarre,
mais j'ai encore l'espoir qu'il y en ait qui soient moins cons que ça à
l'intérieur '. Mais bon, là il l'a jouée à la je m'en
fous profondément.
Finalement j'me suis tirée en lui lachant un ' au revoiiiiiir ' plein d'hypocrisie
qu'il n'a sûrement pas dû capter non plus.
Connard.

Tout à l'heure y'a une espèce de grosse mouche qui s'est attaquée
à mon écran et elle faisait un bruit étrange genre BZzzZzz,
comme une mouche normale en fait, sauf que c'était pas normal parce que
ça me faisait super peur et normalement j'ai peur de tout ce qui fait BZzzZzz,
sauf des mouches. Alors, courageuse comme je suis, je me suis emparée de
mon bloc de feuilles et je l'ai frappée une première fois, mais
ça l'a juste un peu sonnée et elle est tombée sur mon taille-crayon,
alors, comme je suis pas une bête quand même, j'ai préféré
l'euthanasier. Et en fait j'ai bien regretté ma bonté parce que
je me suis aperçue qu'il ne s'agissait pas d'une mouche ordinaire, mais
d'une MADAME MOUCHE et qu'elle était EN CLOQUE. Au début j'ai pas
bien compris, la lumière était éteinte alors j'ai vu une
espèce de masse jaunâtre à proximité du cadavre et
je me suis dit « ce doit être ses organes internes qui ont été
propulsés en dehors de son corps lors du choc », 'truc banal quoi. Mais en allumant
la lumière, j'ai compris qu'il ne s'agissait pas de tripes, mais de quelques
dizaines de petites larves qui pullulaient. Trop dégueu. Je vous ai fait
un petit dessin pour que vous puissiez mieux imaginer mon horreur face à
cette scène morbidement glauque :
Il y a une certaine personne qui, depuis quelques mois, se plaît à
mettre des photos de moi sur son profil MSN. Et comme cette certaine personne
est fort intelligente, elle a aussi eu la grande idée de m'ajouter à
sa liste de contacts. Je suis donc allée lui demander pourquoi avait-elle
mis MA photo sur SON profil, elle m'a sorti qu'un ami lui aurait envoyé
ma photo, stipulant que j'étais charmante, alors elle s'est dit que ça
ferait fashion si elle mettait la photo d'une dite charmante jeune fille sur son
profil MSN, mais qu'elle n'avait aucunement l'intention de se faire passer pour
moi. Comme je suis cool une fois mais pas deux, j'ai dit que c'était pas
grave et je lui ai demandé de l'enlever, ce qu'elle a fait.
Cependant je suis retournée voir son profil pour regarder si à tout
hasard un autre ami ne lui aurait pas envoyé une autre photo de moi, et
il s'est trouvé que c'était effectivement le cas !
Qu'en dites vous ? Troubles de la personnalité ou simple stupidité
féconde ? Mhh j'hésite. Les deux ?
Post-scriptum : il vient demain soir !
Edition : Oh pitain, ça fait beaucoup de Marilyn sur une seule page. :|
Donc une peinture
numérique de Marilyn Monroe réalisée hier soir et une
ambiance (que j'espère) un peu rétro. Au sujet de la radio qui déconne,
désolée mais je crois que je n'y peux strictement rien (enfin, il
me semble). Je vais quand même essayer d'arranger ça mais je ne peux
rien vous garantir.
Autrement, peut-être que Chéri va viendre à la fin de la semaine
(parce que Chéri, c'est un grand, il va à la Fac et il reprend le
20), mais rien de sûr. Enfin, papa a à peu près donné
son accord, je tenterai ce soir d'obtenir celui de maman... S'il vient, je vous
promets des photos.
Bon, c'est pas tout mais j'ai du boulot moi.
Leçon du soir, de la semaine, du mois, voire même de la saison :
Éviter de tout garder pour soi. On a trop tendance à croire qu'on
va être longtemps capable de jouer le super-héros en encaissant toujours
un peu plus, et puis voilà qu'un jour, même en ayant adopté
cette habitude de tout accumuler dans son p'tit cœur, on explose. Et ça
peut être douloureux, parfois même saignant (...).
Donc, chers lecteurs, je vous le dis parce que je vous aime, faites-en ce que
vous voulez et croyez-moi ou pas, mais moi je vous conseille de parfois enlever
temporairement vôtre carapace, d'aller trouver la bonne personne et d'ouvrir
vôtre cœur, même si celui-ci a pu momentanément se transformer
en une boîte de Pandore.
Voilà, maintenant allez pas croire que je suis devenue une fille qui donne
toujours des bons conseils presque existentiels et qui analyse tout tout le temps
par des leçons de vies à deux sesterces (merci à Louis (même s'il est fatigué) et Fab, fidèles
lecteurs d'Astérix et Obélix, qui m'ont donné l'orthographe
super compliquée de sesterces).
PS : je suis en train de créer une partie privée pour ce blog, parce
que la censure c'est bad. Les intéressés à qui il me plaira de donner l'accès pourront avoir leur pseudo
et mot de passe perso, c'est pas trop grim ça ? (merci super Fab !)
J'en ai ma claque de passer mon temps à me censurer, j'ai la sensation
d'être constamment bâillonnée (celui qui me fait une blague avec un
Jambon de Bayonne je le tue avec ma tasse de thé (dixit Vin Diesel)) tandis
que je ressens de plus en plus le besoin d'hurler. J'ai même l'impression
que mon corps s'est mobilisé pour m'empêcher de m'exprimer en créant
cette quotidienne et étouffante ' boule de nerfs ' dans ma gorge. Et puis
ces putains de larmes prêtent à surgir n'importe quand !
J'peux pas l'ouvrir, sinon on me remet à ma place illico presto.
Heureusement qu'avec maman ça va mieux...
Maman...
Aussi loin que remonte ma mémoire, jai jamais eu de câlin de maman.
Et je ne suis toujours pas parvenue à aligner les quelques mots ' je t'aime
maman '.
Mais ça viendra, il faut sûrement un peu plus de temps.
Papa lui a fait lire quelques passages de mon post sur la critique, pendant que
j'étais chez chéri. Elle a dit que j'étais intelligente,
que j'écrivais bien et qu'elle était fière de moi. Que j'étais
intelligente, qu'elle était fière de moi. That I'm intelligent,
that she's proud of me.
Quel soulagement.
Montpellier est une
ville que j'apprécie de plus en plus, surtout avec un mon guide privé...
:)
Je suis donc arrivée le soir du vendredi 20 et trois heures et demi de
TGV,
c'est décidément très lourd, surtout lorsqu'on n'ose pas
déranger son voisin assis côté couloir pour aller au pipi-room
& compagnie.
Bon, j'ai la flemme de décrire chaque journée en détail alors
je vais faire bref avec ce qui me vient à l'esprit.
Il m'a emmenée au Jardin
des
Plantes
qui, d'après son papa est le plus ancien Jardin des Plantes de France (un
point pour ma culture de mouette ! – et la vôtre peut-être).
J'ai été bouffée par UNE SEULE ET UNIQUE araignée
(ou alors cette araignée et ses bébés) qui, pendant une seule
nuit est parvenue à me mordre huit fois, dont une fois sur chaque joue.
J'ai l'air d'un clafoutis.
Il a parfois fait super chaud et certains en ont beaucoup souffert sous leur imposante
masse capillaire, à tel point qu'il se sont jetés
dans la fontaîne.
Et on a eu un superbe ciel crépusculaire :
Je distingue deux formes de critiques : celles qui peuvent être fructueuses,
et celles dont on se passerait finalement volontiers.
La première catégorie serait plutôt exercée par des
personnes expérimentées qui portent ce jugement afin de guider le
novice. On aurait même tendance à appeler ces ' critiques ' des '
conseils ' et je pense qu'on serait sage de bien sûr les admettre, mais
surtout de les écouter avec attention, voire même d'en (re)demander.
La seconde forme est plus irritante qu'autre chose et, dans ce cas, le blâmeur
ferait mieux de fermer sa grande gueule (pardonnez-moi, c'est sorti tout seul
=)). J'ai bien du mal à supporter ces pseudo-analyseurs hautains incapables
d'apprécier ne serait-ce qu'un temps soit peu le travail des autres qui,
en débutant se crèvent pour construire quelque chose d'assez satisfaisant
à leurs yeux. Plus brièvement, lorsqu'on est incapable d'imiter
celui que l'on blâme, il vaudrait mieux savoir porter de l'admiration à
lui-même et à ce qu'il est parvenu à produire plutôt
que de le briser par de stupides attaques totalement injustifiées (sauf
peut-être par un zeste de jalousie ou encore par pur sadisme ? Mais peut-on
appeler cela une justification ?). S'il se voit brisé dès ses premiers
pas, comment pourrait-il poursuivre ses ambitions, à moins de comprendre
que son réprimandeur n'a rien à dire là-dessus ?
Souvent, ma mère remplit très bien le rôle de ' critiqueuse
expérimentée ' au quotidien et je fais de mon mieux pour considérer
sa remarque (même si elle se digère mal assaisonnée d'insultes
huhu) ; il m'arrive même d'aller de mon plein gré chercher sa critique
afin de tenter une amélioration... Et je ne saurai jamais assez la remercier
pour sa droiture !
Je repars du jeudi 19 au dimanche 29 vendredi 20 au lundi 30 chez mon chéri.
Pour faire taire les trop curieuses qui se mêlent de ce qui ne les regarde
pas (pourquoi tu te sens visée Jessica ?), je vais vous parler un peu de
lui.
Avant tout, voici à quoi il ressemble (il est à gauche :)))) :
Je vais me taire, après tout ce ne sont pas vraiment mes oignons, je ne
suis comme le dit si bien Daria, qu'une oreille. Mais ça ne m'empêche
pas de me sentir malhonnête. J'ai réellement l'impression d'être
malsainte et ça me noue l'estomac à longueur de journée...
Avec Marie on a décidé d'ouvrir un blog, toutes les deux. Et puis
Lucie nous rejoindra sûrement à son retour de vacances. Il faudrait
donc que je prépare une maquette, que je leur explique comment poster,
toussa.
D'ailleurs, hier, Marie m'a fait un chouette cadeau : Époque et Pic. Deux
poissons rouges, mais Pic est jaune en fait. Ils sont en panique depuis le transport
d'hier, qui était assez mouvementé puisqu'il s'est déroulé
à pied pendant plus d'une heure. Du coup ils font plein de crottes (je
sais pas pourquoi j'ai toujours cru que l'excès de crottes à l'arrivée
des poissons était dû au stress). J'espère qu'ils vont vite
se calmer sinon le nettoyage d'aquarium, j'sens que ça va être terrible
! Dans la boutique animalière ils me proposaient des pastilles relaxantes
à mettre dans l'eau des poissons, mais ça coûtait deux fois
plus cher que les poissons eux-mêmes.
Lorsque des personnes que j'admire ou bien que j'aime ' tout simplement ' se confient
à moi, j'ai tendance à considérer ces révélations
intimes comme une sorte d'honneur qu'ils me font.
Mais je suis actuellement dans une situation où, de part et d'autre, on
me confie certaines choses que je ne dois répéter sous aucun prétexte...
Seulement, si de toutes parts chacun savait tout ce que je sais, ça irait
mal. Mal ? le mot est léger.
Par loyauté envers l'un, je me dois de ne surtout rien dire à l'autre...
Par honnêteté envers l'autre, je me dois de lui révéler
ce que je sais.
Le plus simple serait de me taire : si un jour la vérité éclate,
étant sensée n'être au courant de rien, je n'aurais théoriquement
aucun problème. Mais demeurerai malhonnête (tout en n'ayant jamais
menti) : il n'y aurait effectivement aucun problème matériel ou
technique, mais il s'en poserait un (nouveau) dans ma conscience. Et dans mon
cur.
En tous les cas, je suis forcée de trahir quelqu'un que j'aime. Et même
si d'une certaine façon, aucun protagoniste de cette histoire ne connaîtra
ma déloyauté, ma tête, elle, ne pourra plus douter de ma faiblesse.
Et aujourd'hui, étrangement, que donnerais-je pour ne plus rien savoir...
Me voici de retour à Paris car finalement, nous avons zapé le séjour
lubéronien. Je reviens donc d'Auvergne où l'on fêtait les 50 ans de
mon oncle.
C'était bien sympa, mon cousin (soit son fils, Lucas) qui est cirqueman
nous a fait un spectacle. Il a jonglé avec des masses en feu, toussa. Après
la soirée j'ai dormit à la belle étoile avec 3 de mes cousins...
Je me suis endormie vers 5 heures, j'ai été réveillée
4 heures plus tard par un grand soleil estival auvergnat.
'Puis en rentrant, sur l'autoroute donc, j'ai pris quelques photos que voici :
Aujourd'hui nous avons été aux gorges de l'Ardèche. Nous
avons dû supporter une chaleur étouffante, mais c'était assez
impressionnant : comme le Grand Canyon (même si j'y suis jamais allée),
mais en petit et moins sec. Le ciel faisait comme une capsule au dessus de nos
têtes parce qu'il y avait d'immenses nuages. Ils étaient déchirés
par endroit et dessinaient des dragons, des requins et des éléphants.
Je vous aurai bien montré tout ça, mais je n'avais hélas
pas d'appareil.
Mon amoureux est reparti hier soir chez lui après que sa famille aie dîné
ici. Je suis contente : je crois que ça s'est plutôt bien passé entre nos parents.
Mais bon, maintenant il me manque beaucoup... 'Faudra que je vous parle mieux
de mon amoureux plus tard.
J'ai la possibilité de me connecter à Internet alors, comme promis,
je vous fait un petit coucou.
Je suis donc dans une grande maison, qui est en fait un tout petit morceau du
Château de Valliguières, petit village du Gard, avec ma famille proche,
ma tante, ma petite cousine et mon chéri.
Il fait un temps merveilleux et nous passons une bonne partie de nos journées
plongés dans l'eau de la piscine. Je crois que ce sont les plus belles
vacances de ma vie...
J'ai pu prendre quelques photos mais elles sont de médiocre qualité,
je vous laisse zieuter ça. :)
Je re-posterai peut-être plus tard (avec, si je le peux, des photos de mon
bronzage héhé). Si je vous manque, vous pouvez toujours m'écrire
à cette adresse.

Petite soirée chez Adam, très sympa. En quelques mots on a fait
la chenille à quatre pattes dans le salon, joué au Monopoly de 4
à 6 heures du matin, Adam a inventé deux cocktails à l'Eau de vie, ma foi forts
goûteux (et non pas goûtus, comprendra qui pourrasuivra),
Adam et Clara ont joué aux timballes avec deux couvercles de casseroles
pour réveiller Olivia, on a fait la danse des canards... et on a pas beaucoup
dormit.
Deux semaines dans un village comptant 300 habitants avec papa, maman, Anh, Louis,
Minh et amoureux, un court séjour en Auvergne avec famille proche, oncles,
tantes, cousins et cousines, et enfin quelques jours dans le Lubéron, chez
un ami de papa.
Je reviens donc mi-août ! Je n'aurai probablement pas accès au net
pendant toutes ces semaines, mais si j'en ai tout de même l'occasion je
penserai à vous laisser un petit mot ici et quelques photos – cependant,
une cure de désintox' ne me ferait pas de mal !
Je vous souhaite de très bonnes vacances !
Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd'hui...
Ne fais pas ce que tu peux faire aujourd'hui quand tu peux le remettre à
demain...
Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain...
Ne remets pas à deux mains ce que tu peux faire avec une ?
Putain, il faudrait vraiment que je range ma chambre.
Je m'excuse d'avoir abandonné le blog l'espace de quelques jours : j'ai
eu un invité impromptu qui est (hélas) reparti hier.
J'ai soudainement comme un besoin exponentiel d'éprouver le sentiment
d'avoir gravi plusieurs marches à la fois. C'est-à-dire que j'ai
l'impression d'avoir oublié d'– ou, plus justement, de n'avoir pas
pu –avancer durant quelques temps. Parce que pour avancer, il était
nécessaire d'arracher maintes pages et surtout de rayer certaines personnes,
ce dont je me sentais (sens ?) incapable. C'est pourquoi il faudrait maintenant
être en mesure d'aller de l'avant, ce de façon hâtive et prompte.
Je voudrais pouvoir jeter un œil derrière moi et me dire ' tout ça,
c'est du passé ' et de savoir que désormais, ce passé ne
me rattrapera plus. Mais j'hésite, redoute : je vais à tâtons,
par ici ou bien là... Et, finalement, je n'avance pas.
Take my hand and show me where we're going...
Mardi soir il y avait un bal dans ma ville. Au début, avec Lucie, on pensait
que c'était une animation organisée avec des feux d'artifices alors
on y est allées. Et puis finalement, on a découvert un dancefloor
de 30m² où s'agitait une petite foule sur la célèbre
mélopée du boys band roumain, interprétée par l'orchestre
de Jean-Pierre.
Mais bon on a quand même passé une bonne soirée après
avoir rencontré des connaissances. Et puis j'ai pris des photos
rigolottes.


Enivrée dans une agréable petite bulle d'égocentrisme, juste
l'espace d'un instant [Intemporel]. Le parfait assortiment de l'eau brûlante,
de quelques bougies plongées dans l'obscurité de la salle de bain
et, enfin, du doux bruit de la pluie estivale sur le velux.
Ce soir, Maman a laissé les haricots verts sur le feu pour aller jouer
sur son PC.
Maman : Alors ?
Papa : Mh ça a pas l'air terrible là : dès que j'ouvre le
couvercle tout le monde hurle.
Minh : Non pas moi j'ai le nez bouché !
Et hier soir...
Anh : C'est un blanc qui entre dans un bar et il voit des graduations sur la table
alors il demande à la serveuse qu'est-ce que c'est et elle lui dit ' c'est
des noirs qui sont passés et qui ont mesuré leurs kikis '. Du coup
le gars il essaie et il dit ' hé regardez madzelle je les dépasse
tous ! ' puis elle lui répond ' en fait c'est de l'autre côté
de la table qu'il faut se mettre '.
Papa : Haha oui je la connaissais ! Mais qui est-ce qui vous apprend des blagues
cochonnes comme ça mh ?
Anh, Louis et Minh : Bein c'est toi.
Papa : Ha oui hihi je me souvenais plus !
En ce moment je suis assomée de cauchemars. L'autre
jour je rêvais de sauter d'un immeuble, le jour suivant ma petite sur
se noyait et je me réveillais en sursaut pour me rendormir une heure plus
tard, puis à nouveau réveillée par un cauchemar (je ne me
souviens plus lequel). Et cette nuit, je me faisais bouffer par un gros chien.
Mais bon c'est pas grave je vais quand même vous présenter ma chambre.
J'ai (parfois) mis des p'tits commentaires en alt. :)
Quelle étrange situation : j'ai la flemme d'aller dormir.
En attendant, je fais des chapeaux avec ma gomme en mie de pain.
En fait, c'est pas aussi facile que ça en a l'air de jouer les mannequins ! Surtout
quand le photographe a décidé de prendre un environnement extérieur dans un grand
bois peu méconnu, sur des gros cailloux (oui, c'est parce qu'ils trouvaient que
j'étais comme la p'tite Sirène de Copenhague), par un vendredi matin plutôt frisquet
et dans une toute petite robe d'été. Je crois qu'ils voudraient bien que je présente
d'autres vêtements, mais je crois aussi que papa moins.
Pour son anniversaire, Minh a reçu un cadeau assez chouette de la part
de son parrain. C'est un machin électronique avec un p'tit écran
qui te propose d'abord de penser à un truc que tu vas classer soit dans
la catégorie ' animaux ', ' légumes ' ou bien ' autre '. Alors le
machin te pose plein de questions genre ' est-ce que c'est plus lourd qu'une poule
? ' ou bien ' est-ce que tu l'utilises au boulot ? ', afin deviner ce à
quoi tu penses. Et il est super doué quand même, la seule fois où
il a pas trouvé c'était quand je pensais à du fromage (du
Roquefort même, mais comme il est né en Chine je pense pas qu'il
connaisse très bien) : il m'a demandé si c'était une canette
de bière, je lui ai répondu non, ça a blessé son amour-propre
et il a abandonné en disant que je l'aurai pas la prochaine fois.
Enfin bon, toutes les autres fois il a trouvé parce qu'il a une très
grande ouverture d'esprit, parce
qu'il est intelligent, logique, qu'il pose des questions intéressantes
(sauf p'têt le truc de la poule, mais on dira qu'on a pas les même
échelles massives lui et moi)... Fascinant ! Dis, machin électronique,
t'es libre ce soir ?
J'veux hurler, j'veux gueuler combien j'ai mal, de toutes mes forces, mais y'a
qu'un gémissement étouffé qui s'échappe de ma gorge, et des larmes qui, le long
de mes joues coulent à flots.
Et c'est toujours le même refrain, à chaque fois : d'atroces nœuds dans
le bide qui te paralysent, d'infâmes maux de têtes, comme si un type prenait ta
boîte crânienne pour une batterie, puis aussi une quantité de liquide lacrymal
déversé assez impressionant. J'sais pas d'où je sors toute cette eau salée, mais
mes sources sembent jusqu'ici inépuisables. Y'a des optimistes/irréalistes/utopistes
(aucune mention inutile) qui disent que chialer comme ça, c'est bien, parce que
ça soulage. Mais c'est complètement faux, c'est tout le contraire, même. Chialer,
en fait, ça double tout le mal-être et physique et mental. Physique parce que
ça accroît de façon assez prodigieuse les migraines, mental parce que j'me demande
sans arrêt pourquoi je suis dans cet état.
J'me bulle, j'me cache. De toutes façons je suis incapable de parler concrètement,
précisément, véritablement, au risque de paraître égoïste, au risque d'avoir l'air
de tout dramatiser. Non, en fait, c'est ni ' paraître ' ni même ' avoir l'air
de ', c'est vraiment comme ça que j'suis.
C'est complètement con mais la seule chose qui m'empêche de succomber à la tentation,
c'est la séance photo de vendredi matin. Sinon j'crois que mon bras serait actuellement
mort, victime de ma rage. Contre moi.
kim j'crois que t'as du mal à imaginer combien j'te déteste. Dis-toi juste que
les cicatrices ne témoignent que d'un millième de la haine que j'éprouve pour
toi.

– Je vais goûter... Oh ! mais c'est très goûtu !
– ' goûtu ' ?!
– Bah oui goûtu, ça a du goût quoi.
– Mais ça existe pas.
– Oui bon hein.
– Tiens, toi tu laves ça ça et ça. Et moi je lave ça
et ça.
– Okai.
– Y'a une éponge là si tu veux.
– Mais elle est pourrie !
– Mais n'importe quoi y'a pas de moisi dessus !
– Bha si regarde !
– Gnn mais non ça c'est du vieux. C'est pas pareil.
– Beaah et ça c'est quoi ?
– C'est juste une bavure de limace qui a dû passer par là.
– ...
– Bon faut tremper les boudoir dans de l'eau sucrée. Voilà.
– MAIS PAS COMME ÇA !!
– Oui bon il a p'têt un peu trop absorbé là.
– Ouais hein quand même.
– Regaaaarde ça fait comme une éponge si j'appuie dessus !!
– Mais t'es dégueulasse !!
– J'vais faire un p'tit bonhomme.
– ...
– On l'appelle Mister Hou. Ok ?
– ...
Je suis instable. Comme une chenille ferait son cocon, il faudrait que je me construise
un équilibre. Pour ensuite pouvoir prendre son essor. Sortir de sa chrysalide.
Il y a beaucoup d'individus qui, pour forger cette harmonie, s'appuient sur les
gens. X contribuera à l'équilibre de Y car il aura parfois apaisé ses peines pour
diverses raisons...
Je commence la fondation d'un premier pilier à mon néo(-pseudo)-équilibre. Comme
X, je prends élan sur quelques personnes. Grossièrement, il y a papa, il y a Elle,
et Lui... Ce sont en fait trois différentes formes d'Amour qui me permettent de
doucement me relever.
Mais ce support a encore besoin d'être longuement et minutieusement peaufiné.
Il est inachevé et je n'ose pas le mettre à terme. Cette impression de non fini
sur le passé, comme s'il restait des choses à régler, à stabiliser avant de pouvoir
s'avancer d'avantage. Comme si je ne le méritais finalement pas, à cause
de ce passé. Cette impression qui m'empêche de savoir comment m'y prendre,
de savoir où je vais. Et je me perds dans des chemins que j'ai construits.
La chenille, arrachée de sa chrysalide. Plus assez forte, trop déchirée pour pouvoir
en concevoir une nouvelle.
J'ai été *engagée* par la styliste, j'ai rendez-vous avec
elle mercredi et la séance photo aura lieu vendredi si, finalement, elle
ne change pas d'avis en me rencontrant (pour le moment elle n'a que des photos).
Sinon hm j'ai appris à faire du Flash ! Mais je ne sais pas si ça
me servira un jour ou quoi... M'enfin, il faut que je fasse d'autres portraits
– notamment celui d'Estelle ;) – mais aussi mon autoportrait (paraît-il)
et je sens que ça va pas être facile.
Demain soir papa m'emmène au restau, à Paris, pour les quinze ans de mariage
de son meilleur ami. En fait je *remplace* mom' parce qu'elle semble désapprécier
ce type de festivités collectives... Enfin c'est ce que j'ai cru comprendre,
car ce n'est pas la première fois qu'il m'emmène à sa place
pour un anniversaire.
J'suis fatiguée. J'suis fatiguée de corps et d'âme.
Mais ça va.
Joyeux anniversaire p'tite Minh. =)

Voici un premier portrait : celui de madzelle Amandine !
Hier soir j'ai magnifiquement décoré
ma chambre. 'Faut aussi que je vous présente ma moustiquaire
lampionnée et mon chapeau
!
J'aime pas ce que je fais. Je suis trop maladroite. Ce que je dis non plus. Je
me plante trop souvent. J'aime pas me planter. Enfin si, parfois j'en ris, mais
pas comme ça.
Je voudrais avant tout remercier les nombreux participants de la fresque nombriliste
(nombrilesque serait peut-être plus adapté, finalement), je reçois
tous les jours de nouveaux nombrils et ça fait très plaisir.
D'autre part, je tenais à passer une *petite annonce*. Je recherche un
ou plusieurs modèles... Je m'explique. J'aimerais faire des portraits,
mais les célébrités, ça me prend la tête alors
voilà : il y aurait-il parmis vous quelques âmes charitables qui
accepteraient de se photographier (un portrait seulement) pour moi ? A vôtre
demande, je pourrais publier ou non les dessins (ici même ou bien sur mesmerized
dès que j'aurais le courage d'ouvrir la rubrique Dessin ;). Envoyez-moi
vos dons à nefistopheliyah(at)hotmail(dot)com !
J'ai trouvé deux boulots pour cet été. Il s'agirait premièrement
de réaliser un site web pour mon oncle qui est menuisier afin de présenter
ses travaux. Secondement de mannequiner pour une styliste qui lance sa marque
de vêtements, mais rien d'officiel pour le moment.
Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. Je passe en S.
Avant de vous raconter des machins pas intéressants, je vais vous montrer
le ciel de lundi soir. Il était orange, puis mauve et rose. C'était
rigolo, regardez :