Archives de Octobre 2005
Le 28 octobre 2005 à 18:30.
Sur le fil de mon présent j'avance d'un pas hésitant. Au moindre faux pas les
démons du passé me rattrapent et me noient sous le poids de leur noirceur. J'essaie
de me frayer un chemin entre les gens, les évènements, toutes ces choses qui défilent
devant mes yeux tristes. Je me sens tellement inférieure, les belles choses me
paraissent inaccessibles, bien qu'en tendant un peu la main j'y parvienne. Mais
cette once de bonheur que j'effleure du bout des doigts a quelque chose d'onirique...
D'un onirique éphémère, de surcroît, et l'appréhension d'un réveil douloureux
me fait douter. Je retrouve alors cette particulière capacité que j'ai à mettre
ma vie entre parenthèses lorsque celle-ci m'effraie un peu.
Je tais le désir qui ère secrètement en moi de m'éparpiller dans cette
vie. Je redoute l'effet papillon : d'un battement d'aile ici provoquer une tempête
là-bas, surtout si ce sont les autres qu'elle risque d'atteindre au lieu de moi.
J'essaie toujours d'enrober les choses délicates dans du papier de soie. Je cherche
perpétuellement des mots à poser sur les différentes émotions que je ressens.
C'est ce que je fais en ce moment même.
Il est difficile de cueillir des mots justes pour décrire une émotion car il est
nécessaire de poser le mot qui correspond exactement à ce que l'on souhaite exprimer.
Les émotions sont si abstraites. Choisir des expressions pour les décrire, c'est
un peu comme essayer de les concrétiser.
Je cherche pas à être claire. Je cherche à poser les mots qui correspondent
à ce que je ressens. Or ce que je ressens est confus.
Le 28 octobre 2005 à 01:05.
Je ne sais pas trop où je vais, mais j'y vais quand même.
Je retrouve cette spontanéité dont je raffole. Des journées,
voire soirées impromptues. Ca me paraît tellement plus vrai, tellement
plus vivant... Bien sûr, c'est aussi parce que les vacances le permettent,
alors c'est temporaire, mais bon, profitons-en.
Dimanche matin, on décide d'aller au Salon du Chocolat. Quelques heures plus tard on goûte
aux ganaches japonaises au thé vert, qui fondent dans la bouche. J'aurais dû emmener l'appareil photo. On en
achète une boîte pour Papi et Mamie. Et puis on décide de
passer chez eux la-leur donner. Ils viennent de rentrer du Pérou. Mamie
nous gâte. Elle m'offre une parure de bijoux achetée là-bas,
entre deux visites : un collier orné d'une véritable pierre turquoise
et de longues boucles d'oreilles assorties, comme j'aime. Elle nous propose, à
moi et Anh, de revenir dès mercredi midi pour peindre avec elle. On est
donc venues. On a essayé d'imiter les techniques abstraites de Zao Wou
Ki ou encore les orchidées de Shan Sa – que j'aime vraiment vraiment
beaucoup.
On a dormi chez eux car ce matin Papi faisait une conférence à laquelle
j'ai voulu assister, au Musée
Guimet à propos des « rapports culturels entre les Viêts et les
Chams dans l’histoire », et ce dans le contexte de l'exposition qui s'y
déroule actuellement : Trésors d’art du Vietnam, la sculpture du Champa.
C'était... impressionnant et plutôt enrichissant.
Quant à mardi, on assistait à une émission sur les troubles
du sommeil avec mes copines, sur un plateau de TF1, placées au premier
rang derrière les invités. Starlettes.

Le 20 octobre 2005 à 21:17.
Essayons de formuler un avis plus ou moins objectif sur ce début d'année.
Par où commencer ?
Le lycée, bien sûr ! Eh bien, à ma grande surprise, je crois
que ça commence pas trop mal. Pour l'instant. Du point de vue des notes,
ça va, imhotep, je vais pas me plaindre, même si j'ai toujours cette
sale-mais-tout-à-fait-justifiée impression de n'avoir aucun mérite.
Mais bon, c'est tout moi ça hein : jamais contente, éternellement
insatisfaite & compagnie, tout ça. Passons. Et attardons-nous plutôt
sur le corps enseignant. Hin hin hin.
En Maths, c'est le jour et la nuit. Madame G., qui s'est appliquée à
ruiner ma précédente année scolaire (avec ma modeste contribution,
il faut l'avouer), peut aller se faire petite souris ! D'ailleurs, cette nuit,
j'ai *rêvé* qu'une classe faisait grève pour ne pas l'avoir
pour professeur et de ce fait risquer d'être définitivement dégoûté
par la matière qu'elle tente d'enseigner.
En Français, aux premiers abords, elle avait l'air super méchante,
désagréable, cassante, hautaine. Je ne sais pas d'où m'est
venue cet apriori, peut-être était-ce la façon dont elle parle,
ses intonations assez particulières, ou peut-être était-ce
simplement le fruit de ma paranoïa... Enfin bon, l'important est qu'en fait,
cette première impression s'est avérée fausse puisqu'elle
est gentille, voire même souriante. Hm. Aujourd'hui, elle a rendu notre
second devoir, à savoir un commenaire d'une Fable de La Fontaine (original,
n'est-ce pas.) et elle nous a fait un petit résumé oral des *perles*
relevées pendant sa correction. Il y avait le « prétentionnisme », l'« hérotisme » (pour héroïsme, pas évident), ou encore l'« anifaction », terme pour lequel l'élève
a eu l'aimabilité de préciser entre parenthèses que « c'est quand on fait parler un animal au lieu d'un homme ».
Bon, voilà, j'ai fait fait le tour en ce qui concerne l'univers lycéen (pour le reste,
euh ben euh... mh... plus tard bel enfant, plus tard !). Enfin en fait non, mais
disons que mes révisions m'attendent et qu'on va pas s'arrêter en
si *bon* chemin. Ahahaha elle est bien bonne.
- Un visiteur ! - Venu d'ailleurs
! - OoooOoooh ! (c'qu'on s'amuse entre soeurs :')
Le 14 octobre 2005 à 10:14.
Comment fait-on pour dormir ? Il doit manquer des étapes au mode d'emploi
qu'on m'a donné.
On me dit quand vient la nuit, mets-toi sous ta couette, bien au chaud, ferme
les yeux et ça vient tout seul.
J'attends. Des heures durant j'attends. Le marchand de sable me boycotte ! Il
y a une infinité de moutons et ces gros malins me fouttent une migraine terrible.
J'attends encore et ne dors toujours pas. Alors forcément je commence à
cogiter et là c'est foutu, parce que quand je commence à cogiter
il est clair que je clos difinitivement l'entrée de ma p'tite tête
à DameM. (tx jib's !) Morphée.
Ca fait des semainesmois que ça dure. Y'a qu'à
voir comment je radote ici. J'en peux plus, vraiment, là. 'Puis regardez-moi
cette tête mh. Pas franchement glam'.
Le 07 octobre 2005 à 21:33.
En ce moment ça se bouscule énormément dans ma p'tite têtevie.
J'ai plus l'impression de contrôler quoique ce soit, ni même de me
rendre compte des évènements qui se produisent. C'est un peu...
étrange, comme sensation. Enfin j'ai déjà expliqué
plus ou moins brièvement tout ça, mais ça dure, ça
s'amplifie même.
Mais bon. On verra, tout ce que j'espère c'est de ne pas faire trop de
dégats derrière moi...
J'ai du mal à me faire une idée de la situation actuelle au Lycée.
Là aussi, je suis un peu perdue. Les premières notes sont arrivées
et ça semble pas trop mal s'annoncer, il y a notamment eu cette grande
surprise en Français avec l'impression de ne pas mériter ma note,
du coup.
Socialement parlant. Je fais des rencontres. Je me permets des sorties impromptues
(« ça te dit on fait ça ? – ok, ça marche »
ou, variante « allez viens j't'invite – ok, j'arrive ») sans
ressentir le besoin de me justifier, un peu comme un sentiment de liberté.
Je me rends compte que putain quand on me dit que je passe mon temps à
me dévaloriser c'est pas des conneries. Je me rends compte que je refuserejette
toute forme de compliment, quelqu'il soit, comme si je ne voulais surtout pas qu'ils m'atteignent,
comme si je refusais qu'ils me touchent, que j'essayais à tout prix de
faire en sorte qu'ils ne me désignent pas.
Je suis heureuse de pouvoir partager mes émotions avec des gens qui, en
face de moi, m'écoutent vraiment, même si, ça aussi, j'ai
du mal à le concevoir voire à l'accepter.
Le 17 septembre,
j'écrivais « On trouvera une psychiatre... ». Aujourd'hui,
soit après trois semaines, on ne l'a toujours pas trouvé, ce docteur
de l'âme. Pourtant, j'ai fait l'effort. J'ai fait l'énorme effort
d'aller expliquer la situation à papa, et surtout, à maman. De leur
rapporter les propos de la psychologue du Relais qui a bien précisé
qu'un suivi psychiatrique règulier était aujourd'hui vraiment nécessaire.
Mais on dirait qu'ils ont pris ça à la légère. Enfin
j'en sais trop rien... Quoiqu'il en soit je suis toujours là, avec ces
foutues migraines qui empirent, ces foutues insomnies qui me crèvent chaque
jour un peu plus, ces douleurs physiques, ces larmes qui coulent, encore... Et
c'est comme si parfois elle me voyait encore comme une p'tite conne d'adolescente
en crise, comme elle le disait si bien il y a pas si longtemps. Pourtant je
lui ai dit. Je lui ai dit, vaguement, peut-être, mais je lui ai dit ce qu'il
y avait, ce qu'il s'était passé. Pourquoi ce manque d'assurance
handicapant au quotidien, pourquoi ces larmes, pourquoi ces lames, peut-être,
un peu, aussi, pourquoi tout. Presque tout. Mais même si je suis pas allée
jusqu'au bout, elle sait, je sais qu'elle sait. Et on en est toujours là.
J'ai peur d'elle. J'ai peur des hommes. J'ai peur de moi. J'ai peur de mes choix.
J'ai peur d'avancer. J'ai peur de tout.