Archives de Décembre 2005
Le 26 décembre 2005 à 15:07.
Apparemment, les billes et la corde à sauter sont has been et dorénavant,
l'idole des jeunes, c'est Diddl. Si tu connais pas Diddl c'est que t'es né
il y a trop longtemps, parce que Diddl c'est vachement connu.
Minh, ma plus jeune sur de neuf ans, a un classeur où elle range
moult specimens de papeterie fantaisie à l'effigie de la bestiole (cartes
postales, post-its, papiers à lettres, pages de bloc-notes, etc.) précieusement
collectionnés et échangés avec ses camarades.
Moi aussi, dans ma folle jeunesse, j'avais quelques accessoires Diddl que Minh
a récupérés non sans avoir mené une expédition
dans mon ancien secrétaire et grâce auxquels elle a un franc
succès auprès de ses copines parce que... ces modèles-là
sont ultra vintages et ne se font plus.
Je me sens vieille. D'ailleurs en parlant de ça, je me suis rendue compte
qu'à mon prochain anniversaire, soit dans un peu plus de six mois, je serai
majeure. Et, sans trop savoir pourquoi, j'en ai pas du tout envie. Et puis dans
trois semaines, Louis aura treize ans. Ça aussi ça fait bizarre
à entendre parce que l'année de mes treize ans a définitivement
marqué ma vie.
Enfin bon. Finalement, on ne part pas parce que ça ne branche plus maman,
la météo ayant annoncé des chutes de neige jusqu'à
vendredi...
Le 25 décembre 2005 à 18:04.
Malgré mes appréhensions annuelles, les noëls d'hier et d'aujourd'hui
se sont je crois bien passés. J'ai rencontré Anaëlle, la fille
de ma cousine Katia. De grands, de très grands yeux, et des doigts minuscules.
Une adorable petite crevette de trois mois. On a aussi regardé des films
où parents, grands parents, oncles&tantes ont eu jusqu'à 40 ans
de moins, avec une pellicule qu'on voit brûler à la fin.
Comme le ciel de Paris ne semble pas décidé à restituer une
véritable ambiance hivernale de fêtes de fin d'années, c'est
nous qui allons dès demain chercher la neige dans les Alpes. On revient
le 29, un court séjour car le 30, je fête un troisième noël
avec Elles. Et puis plein (trop) de choses à faire ici.
Bon, cette année je fais sobre...
Le 21 décembre 2005 à 11:53.
Je suis en vrac. Tout est émietté en moi : les pensées fusent
et puis s'emmêlent aussitôt. Et mon cœur aussi. J'essaie de réfléchir
différemment, en faisant abstraction de cequepeuventbienpenserlesautres
mais ça bloque, comme si je savais vraiment pas m'y prendre.
J'ai l'impression de gaspiller mon temps à foutre un pareil bordel dans
mon cerveau alors qu'il y a tellement de choses à faire. Je pense trop
au conditionnel et c'est aboslument frustrant. Je voudrais être à
nouveau spontanée, en sachant prendre une décision sur le vif sans
me demander qui pourquoi comment et si ?. Je stagne. Lamentablement, je stagne
et je [me] déteste [aussi pour] ça.
Tu réfléchis trop. T'arrives jamais à profiter du bonheur
présent. Ca doit pas être simple à vivre.
Le 19 décembre 2005 à 20:56.


Le 17 décembre 2005 à 13:51.
En ce moment c'est très simple : soit je ressasse, je ressasse, je ressasse.
Je ressasse incessamment. Soit c'est trop et je n'en peux plus, vraiment, et y'a
les larmes qui roulent doucement, qui ne s'arrêteront que lorsque, trop
épuisée, je finirai par m'endormir au bout de quelques heures.
Une fois endormie, ça fonctionne pareil : ça peut être le
corps désarticulé d'un homme qui s'est ouvert les poignets qui me
tombe dessus et je sens le sang chaud qui coule sur ma peau. Ou bien alors pendant
mon sommeil je sens mes jambes me démanger mais, puisqu'endormie, je ne
sens absolument pas la douleur et je me réveille avec des mollets brulants,
rougis par de nombreuses griffures.
Ou encore, grande nouveauté : c'est fredxxx@hotsex.net qui me réveille
vers 3, puis 4, puis 5 heures du matin, saturant ma boîte e-mail @orange.fr
à coups de " ENLARGE YOUR PENIS " & autres réjouissances
spamesques sachant qu'à chaque mail reçu, je reçois
un sms de "1077".
Le 11 décembre 2005 à 12:30.
De la part de Stellou
qui a le sens du juste retour des choses (uhuh) :
Sept choses que vous voulez faire avant de mourir :
+ retourner au viêt-nam
+ parler avec maman
+ vivre sans retenue, sans mes démons
+ lire beaucoup
+ apprendre beaucoup
+ être artiste !
+ les jours londoniens qu'on s'était promis
Sept choses que vous faîtes bien :
+ écouter
+ observer
+ me passionner
+ me faire des nuds dans la tête, toute seule comme une grande
+ l'auto-dérision
+ admirer
+ me rabaisser
Sept choses que vous ne pouvez/savez pas faire :
+ avoir confiance en moi
+ mentir
+ prendre des décisions
+ raconter les histoires drôles de papa aussi bien que papa
+ m'empêcher de pleurer
+ prendre soin de moi
+ ignorer les gens/choses qui m'énervent
Sept choses qui vous attirent dans le sexe opposé :
+ la sensibilité
+ la culture
+ l'humour
+ la hauteur j'aime bien les grands
+ le parfum
+ le charme
+ le côté rassurant
Sept choses que vous dîtes souvent :
+ j'imagine, oui...
+ le mot : souci
+ oui mais non
+ c'est vrai ?
+ certes
+ ça m'saoule
+ j'aurais pas dû
Sept béguins pour des célébrités :
+ Scarlett Johansson
+ Sienna Miller
+ Natalie Portman
+ Amanda Palmer
+ Shu Qi
+ Maria Carla Boscono
+ Asia Argento ; tiens, y'a que d'la meuf.
Sept personnes dont vous aimeriez qu'elles répondent aussi à ce questionnaire
(à condition qu'ils passent tous ici, ce dont je doute) :
+ Andrio
+ narrator
+ Electron
+ Orah
+ mllevie
+ RoseCassis
+ et à qui le voudra. Pis si t'es pas haïpe, que t'as pas de blog,
tu peux même répondre en commentaire mon ami.
Le 10 décembre 2005 à 12:36.
Tu étais à mi-chemin entre le conscient et le rêve. Tu sentais
les idées se confondre dans ton esprit : elles s'amassaient, allaient et
venaient, se cognaient parfois entre elles ou sur les parois de ton encéphale.
Il t'était impossible de les distinguer les unes des autres, ce n'était
pour toi qu'une masse grasse dénuée de sens qui tourbillonnait et
martellait ta tête. Mais parfois, tu ressentais la présence de certaines
vérités inavouées, de certains mots que tu cachais d'ordinaire
dans un coin de ton cerveau. La réalité se hurtait fugacement à
ta conscience. Tu t'imaginais déjà déglutissant réellement
cette vérité puante aux oreilles des personnes concernées.
Et puis d'un coup, c'en était trop : tu décidais d'arrêter
ce délire d'un geste brusque. Tu as voulu écrire ce qui encombrait
ton esprit pour garder une trace de cette sensation intense et nouvelle, sachant
d'ores et déjà que le lendemain matin, tout se serait très
certainement en grande partie évaporé. Mais la main crispée
ne répondait plus : comme ankylosée, tu étais incapable de
tendre le bras vers les carnets, incapable de saisir les choses qui t'entouraient.
Ce matin tu ne te souvenais de rien. Jusqu'à ce qu'une phrase émerge
doucement : j'étais. j'étais à mi-chemin entre le conscient
et le rêve. je. sentais les idées se confondre. dans mon esprit.
Elle redonna subrepticement naissance à tout le reste et tu t'es trouvée
gravement folle. Mais il fallait quand même garder une trace.
Le 06 décembre 2005 à 18:43.
Le 05 décembre 2005 à 21:11.
« – [...] C'étaient des situations qui avaient une qualité
tout à fait rare et précieuse, du style, si tu veux. Être
roi, par exemple, quand j'avais huit ans, ça me paraissait une situation
privilégiée. Ou bien mourir. Tu ris, mais il y avait tant de gens
dessinés au moment de leur mort, et il y en a tant qui ont prononcé
des paroles sublimes à ce moment-là, que moi, je croyais de bonne
foi... enfin je pensais qu'en entrant dans l'agonie on était transporté
au-dessus de soi-même. D'ailleurs, il suffisait d'être dans la chambre
d'un mort : la mort étant une situation privilégiée, quelque
chose émanait d'elle et se communiquait à toutes les personnes
présentes. Une espèce de grandeur. [...] Plus tard, j'ai
élargi tout ça ; j'y ai ajouté d'abord une situation nouvelle,
l'amour (je veux dire l'acte de faire l'amour). Tiens, si tu n'as jamais compris,
pourquoi je me refusais à... à certaines de tes demandes, c'est
une occasion de le comprendre : pour moi, il y avait quelque chose à
sauver. Et puis alors je me suis dit qu'il devait y avoir beaucoup plus
de situations privilégiées que je pourrais compter, finalement
j'en ai admis une infinité.
– Oui, mais enfin qu'est-ce que c'était ?
– Eh bien, mais je te l'ai dit, dit-elle avec étonnement, voilà
un quart d'heure que je te l'explique.
– Enfin est-ce qu'il fallait surtout que les gens soient très
passionnés, transportés de haine ou d'amour, par exemple ;
ou bien fallait-il que l'aspect extérieur de l'événement
soit grand, je veux dire : ce qu'on peut voir...
– Les deux... ça dépendait, répond-elle de mauvaise
grâce.
– Et les moments parfaits ? Qu'est-ce qu'ils viennent faire là-dedans
?
– Ils viennent après. Il y a d'abord des signes annonciateurs. Puis
la situation privilégiée, lentement, majestueusement, entre
dans la vie des gens. Alors la question se pose de savoir si on veut en faire
un moment parfait.
– Oui, dis-je, j'ai compris. Dans chacune des situations privilégiées,
il y a certains actes qu'il faut faire, des attitudes qu'il faut prendre, des
paroles qu'il faut dire – et d'autres attitudes, d'autres paroles sont
strictement défendues. Est-ce que c'est cela ?
– Si tu veux...
– En somme, la situation c'est de la matière : cela demande à
être traité.
– C'est cela, dit-elle : il fallait d'abord être plongé
dans quelque chose d'exceptionnel et sentir qu'on y mettait de l'ordre. Si toutes
ces conditions avaient été réalisées, le moment
aurait été parfait. »
Toujours Sartre, La nausée.
Le 01 décembre 2005 à 22:40.
les larmes me fatiguent.
la tristesse me déchire.
les insomnies me pèsent.
la solitude m'achève.
c'est un cercle vicieux ; ça ne s'arrêtera donc jamais ?...