Archives de Mars 2006

Toccata à tâtons
Le 28 mars 2006 à 22:31.

Il y a sûrement toujours différentes façons d'annoncer les choses. Et puis moi, souvent, je cherche tellement à peser mes mots qu'ils en perdent leur sens, que je m'emmêle aussi et ce que je finis par débiter sonne faux. Les mots, maladroitement choisis, sont creux. Mais tu m'imagines prendre un air sentencieux et dire les choses droitement ? Sans à chaque instant recourir aux sinuosités, sans serpenter entre les phrases, placer ci et là quelques euphémismes hasardeux, avec un sourire nerveux en coin. Poser quelques questions pour palper le chemin dans lequel il faudrait que je m'engage. C'est agaçant, je sais oui.
Mais voilà, non, je ne sais pas faire autrement. Et puis tu sais je ne dis pas tout ce que je pense ; mais je pense au moins tout ce que je dis, même si c'est toujours plus tortueux quand ça sort de ma bouche.
J'aurais aimé, moi aussi, avoir quelque chose bien à moi. Tu vois, un truc dont je puisse être fière et dire pompeusement : Ah ah, ben vois-tu, très cher, ça, c'est bien du moi !. Mais non. C'est une crise existentielle. Oui, j'ai de toute évidence besoin, besoin, besoin d'attention, toujours. J'en réclame à la pelle, s'il vous plaît, encore un peu, rassure-moi, je t'en prie.
Mais il n'y a pas que ça. J'ai aussi besoin de vivre, un peu, s'il vous plaît je t'en prie. Et ce n'était pas inopiné cette fois, parce que je t'avais prévenu. Il fallait que ça arrive, parce qu'on ne peut pas accumuler comme ça. On ne peut pas. Je ne peux pas – ça suffit, les tristes mesures de distanciation – encaisser sans broncher, incessamment. Non non, ça fait des mois que j'ai déjà atteint le trop, ça fait des mois qu'il y a ces expressions qui reviennent : (s')éparpiller / inconstance / disperser / déborder / saturer. Et les chutes, ça fait toujours mal – surtout quand il n'y a personne pour te rattraper.

# Toccata à tâtons 

don't know what to do with myself
Le 22 mars 2006 à 14:56.

Je nage dans la peur. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, dans un avenir proche. J'ai peur de ne pas savoir pas tirer profit de ce que je vis actuellement, que ça ne me confère aucune force dans le futur, mais qu'au contraire, cela demeure une tare, une faiblesse handicapante. Je voudrais que ça me soit utile, que ça ne soit pas arrivé pour rien malgré tout. Faire en sorte que ça ne puisse plus remonter à la surface à tout moment. J'ai peur de ne pas (être ?) devenir quelqu'un de bien. J'ai la crainte perpétuelle de gêner. J'ai cette addiction à la culpabilité qui me bouffe continuellement.
Ça me fatigue. C'est toujours la même chose. Sauf que plus le temps passe, plus les strates s'accumulent, sans qu'aucune des précédentes couches n'ait été réglée au préalable. On se dit que ça finira bien par se tasser, on fait semblant d'avoir oublié et un jour tout ressurgit. Et Avec le temps Avec le temps Avec le temps.
Pourquoi cette manie, comme une inévitable nécessité de s'épancher n'importe comment, n'importe où, avec n'importe qui ? Sans ces confidences minables tu te sens vide, n'est-ce pas ? C'est-à-dire que sans ça, tu n'as plus d'intêret. Sans ça, tu n'existes tout simplement pas. Tu n'es bonne qu'à répéter inlassablement la même petite ritournelle, agrémentée d'un bain de larmes ou, au choix de rires nerveux. Oh ! la triste petite histoire, sortez les mouchoirs. On la connaît par cœur, bon sang. Trouve autre chose, il doit bien il y avoir un bon fond, si on gratte bien profondément, non ? Serais-tu réellement inintéressante, réellement plate, fade ? Arrête, arrête, ravale tes mots, garde ça pour toi, t'es dégoulinante de crasse. Tu n'inspires qu'un profond dépit.

# don't know what to do with myself 

Pride&Prejudices
Le 18 mars 2006 à 00:27.

Je m'excuse d'avance pour les petites connexions, mais vraiment, j'étais obligée. Ce film me touche profondément, me colle aux lèvres un sourire niais tout en laissant échapper quelques larmes (oui bon ça va, j'ai toujours été très (trop) bon public). L'histoire qu'il raconte est pourtant assez banale, le thème abordé vu et revu, mais ce sont ces images baignées de lumière, c'est l'élégance des paysages anglais et toute l'atmosphère de l'Angleterre du XIXème siècle. Ce sont ces dialogues recherchés, ces liens qui unissent les différents personnages, l'ambiguité et la subtilité des sentiments, la maladresse de Darcy. Et puis la musique ! Donald Sutherland est fabuleux. Keira Knightley naturellement rayonnante malgré sa prognathie poussée (dridri ?). Est-il nécessaire de préciser que la version originale est de rigueur ?





























# Pride&Prejudices 

Là-bas, c'est naturel
Le 16 mars 2006 à 11:52.

Dans tes réflexions nombrilistes tu abouties régulièrement à la conclusion que t'es quand même sacrément tordue. Au vu de toutes ces manies, ces bizarreries que tu exécutes sans y penser et d'une manière aussi bien sporadique que constante selon les cas. De temps à autres, tu oses impunément évoquer certaines de ces obsessions. Et puis on s'aperçoit que l'on est apparemment pas le seul tordu et ça rassure tout de même. Peut-être même qu'il n'y a rien de si incongru dans cette attitude, que ça fait partie de la palette d'inepties humaine, mais que peu d'individus sont assez sots pour s'avouer publiquement.
Je ne suis pas la seule à avoir perpétuellement en tête cette résonnance qui commente et juge à la troisième personne mes actes, voire même mes moindres pensées. Comme s'il y avait toujours une assemblée prétenduement impartiale, embrassant l'ensemble de la situation, qui était occupée à critiquer tout ce que je fais. Elle est folle de faire ça, complètement. Elle devrait pas. Elle va encore se planter. Elle est vraiment ridicule. Elle se complaît dans son petit lot d'infortunes. On dirait qu'elle voudrait. Mais elle ne pourra pas. Elle n'y arrivera pas. Elle est encore en train de scander ses petits problèmes, elle va s'en vouloir, elle a tort. Elle se détestera un peu plus après ça. Elle le sait très bien mais elle le fait tout de même. Elle ne tient vraiment pas la route. Elle le fait exprès.
Il y en a plein d'autres comme ça.

# Là-bas, c'est naturel 

Peace&Tranquility
Le 12 mars 2006 à 09:20.

T'as vraiment un don pour te mettre dans des situations qui gênent, mais particulières. Pourquoi ces trois paires d'yeux sur ces grosses larmes qui roulent sur tes joues. J'ai honte. Une main qui s'appuie sur l'épaule gauche pendant que tu tournes lâchement la tête de l'autre côté en essayant de cacher tes suffocations, d'échapper à ces foutus regards. Faible. Et ton corps n'en peut plus de trembler comme ça. Les doigts pressent ta peau pour signifier quelque chose comme « j'aimerais pouvoir te transmettre un peu de ma force », c'est ce qu'il avait dit une fois. Qui murmure au creux de l'oreille un « courage... ». De la honte et une profonde culpabilité, voilà ce qui s'amoncele en toi. Et puis pourquoi tu t'obstines à employer la seconde personne dans ces cas-là, comme si ça allait t'en distancer ? Tes efforts sont vains, c'est toi. C'est moi.
Incapable, lâche et laide, en tout. T'es qu'une incapable, ça n'a jamais été plus vrai.

# Peace&Tranquility 

7.52 am
Le 05 mars 2006 à 17:48.

Depuis septembre, je tiens une sorte de journal dont on a d'ailleurs déjà eu un aperçu ici. Enfin ce carnet fait à la fois office de journal quand je ne trouve rien d'autre pour exorciser, de carnet de dessins et de collages quand ça me chante, voire même de bloc-notes pour mes révisions de physique. On y trouve un peu de tout, en somme, et ça doit avoir l'air d'un gros foutoir. J'y liste même des mots qui me plaisent, rencontrés au fil de mes lectures...
Il y a quelques semaines, je suis allée à Nature et Découverte et je suis tombée amoureuse d'un – je cite – « carnet de voyage Amulette composé de 320 pages de papier de coton et d'une couverture de cuir épais ». Mais son prix a vite fait de calmer mon enthousiasme. Toutefois une bonne âme, ayant sûrement eu pitié de ma profonde déception, a finalement décidé de m'en faire cadeau (merci merci merci).
À peine fut-il entre mes mains que je me projetais déjà en train de le barbouiller. Mais une fois fin prête à en inaugurer les premières pages, j'ai renoncé. C'est étrange et probablement stupide, mais j'ai eu le sentiment de ne pas être à la hauteur d'un si bel objet et j'avais peur de le souiller avec mes vilains doigts maladroits. Ça a duré deux semaines, jusqu'à hier. Mais pour limiter les dégats, j'ai juste osé broder « Carnets » sur du papier de soie en guise de page de garde.
Au fait. Une toute petite mini mise à jour sur la page qui me concerne. Vous arrivez bien mieux à cerner qui je suis ainsi, je sais.


Ça fait un petit moment que je n'ai pas récité mes litanies perpétuelles ; il semblerait qu'il soit hélas temps de s'y reprendre.
Le sommeil me manque cruellement : les matins de supposé « repos », je me réveille comme une fleur après une nuit trop écourtée et, bien qu'un peu éreintée par une fatigue quotidienne à laquelle je ne prête plus attention, je me lève nonchalamment, sachant que je n'arriverais pas à refermer l'œil. Ce qui trouble mes nuits, à chaque fois, ce sont les pensées inconstantes qui martellent ma tête. J'ai l'esprit si encombré que ça me réveille. Du coup, c'est toujours la même ritournelle : la fatigue favorise le retour des migraines qui tambourinent de nouveau mon crâne et de fait, les nausées chroniques réapparaissent elles aussi.
Mais bon, « life keeps going on », n'est-ce pas ?. Enjoy.

# 7.52 am 
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Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
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