Archives de Avril 2006
Le 29 avril 2006 à 22:47.
Je sais même plus où me réfugier, ça cogne de partout,
je tourne en rond. Je me sens complètement vide. Vide vide vide, néant,
il n'y a que ça. Je vacille de toutes parts. Où est ce foutu équilibre
? Si seulement je savais au moins ce dont j'ai besoin ou ne serait-ce que ce que
je veux, mais même ça je sais pas, ça me paraît tellement
distant, hors de portée. Je suis dégueulasse, je me répugne.
Je sais pas... je sais plus du tout quoi faire et tout de suite, je serai prête
à n'importe quoi – je voudrais seulement savoir pourquoi il faut le
faire. Je me sens fébrile et amère. Donnez-moi quelque chose à
quoi m'accrocher, une toute petite chose à grignotter jusqu'à la
moelle – ou bien je deviens folle. Un petit rien, mais qui soit palpable,
qui existe ailleurs que dans mes rêves ! Je veux pas sombrer comme ça,
j'en peux plus, j'en peux plus. Il n'y a plus que la confusion qui s'embrase en
moi et c'est tout, rien d'autre, ce mot me résume toute entière.
Et ça émane de moi si grossièrement, je suis grotesque, ridicule.
Avouez que ma lacheté, ma médiocrité vous saute au visage,
agresse vos yeux sensibles dès qu'ils sont posés sur moi et que
j'ouvre la bouche. Mais faites la taire !
RANGER VOS ÉMOTIONS ET EN FAIRE QUELQUE CHOSE. Mais que voulez-vous faire
de moi, docteur ? Il n'y a rien à tirer de tout ce que je pourrais débiter.
Du vent, des foutaises. On finira tôt ou tard par s'en rendre compte. Alors
on prendra un air grave et solennel pour dire qu'on a le regret de vous d'annoncer
que le seul problème, c'est vous.
Je voudrais qu'il y ait quelque chose d'intense qui me transcende pour pouvoir
vivre et j'ai peur de finir par (re)faire des conneries.
Qu'est-ce que tu fiches ? Et qu'est-ce que ce sera, cette fois-ci ? Que vas-tu
prétexter ? Tu te sens d'humeur taciturne et tu vas doucement te délasser
dans cet état végétatif bien malgré toi ? Oh, ça
va, juste un tout petit peu, tu sais bien que ça me ressemble, je suis
comme ça. C'est bien facile de prendre cet air-là, quand vas-tu
enfin arrêter de faire semblant et t'extirper de cette langueur monotone
? Ça ne tient qu'à toi. Oui mais... Mais quoi ? Tu joues la neurasthénique,
tu finiras par tous les désespérer et tu finiras seule avec ton
entêtement. C'est que tu n'as aucune idée des véritables valeurs.
Toi, tu préfères te laisser aller, c'est agréable au moins
? C'est douloureux... Sèche tes grosses larmes, ça ne t'arrange
pas.
Le 22 avril 2006 à 18:26.
Je sais bien que d'ordinaire, on ne juge pas de façon si prompte. Mais
je pense que la situation est assez particulière et que, dans de pareils
cas seulement, on doit très vite pouvoir ressentir si ça risque
de marcher – ou pas. Et puis, si finalement ça n'allait plus, maintenant
que la première démarche a été ébauchée
– si tortueuse fût-elle – il suffirait de ne pas tâtonner
et de changer. « Facile à dire », murmure la petite voix, mais
j'ai du soutien.
Ça s'est bien passé, et deux rendez-vous ont d'ores
et déjà été fixés prochainement. Il compte
aussi contacter celle que j'avais vue quelques fois ces dernières années,
même si elle n'a pas eu les derniers évènements. Et
il a dit, répété, que c'était important que je sois
là. Comme s'« il était temps ».
Je crois qu'en effet, il est vraiment temps de poser ces mots, ces émotions
qui étranglent. Et, surtout, de bien le faire – et non pas d'une
manière autodestructrice, jetés ci et là n'importe où,
n'importe comment. J'ai grand besoin de rangement dans ces douloureux limbes que
j'ai fait de ma tête.
Je voudrais, avant qu'ils disparaissent... laisse-moi...

Le 18 avril 2006 à 18:27.
Comme si les jours avaient tendance à défiler trop vite dès
que tu les chargeais un peu trop de plein. Parce que, même si l'effet est
éphémère, en ce moment tout s'accélère. On
a pourtant le temps de respirer presque autant qu'on le souhaite. Cette chambre
déjà : de l'acrylique plein les doigts et jusque dans les anglaises.
On a même dévalé quelques pistes sous la pluie et on ressemblait
à rien, emmitouflés dans nos grosses écharpes et derrière
les verres fumés. Mais en avril, la montagne c'est quand même bien.
Foutez aussi trois connasses et un Jungle Speed sur un petit tapis, ça
fait travailler abdominos&méninges et sortez le mercurochrome ça
va faire mal. Tu vas voir comment on élimine vite fait bien fait un Giant
et ses vieilles frites champêtres.
Demain j'ai psychiatre et je dois t'avouer que ça me fait un peu peur de
reprendre ces choses-là. J'ai déjà l'impression que j'y arriverai
pas jusqu'au bout, que je finirai par tout foutre en l'air encore une fois. Mais
on en est plus là et non, mon amour, ça va pas.
Le 10 avril 2006 à 11:56.
Lorsque je décide de ranger une pièce, il m'est nécessaire de procéder par phases,
méthodiquement élaborées. Visiblement, l'une d'entre elles – la première – consiste
à sortir tous les livres de leurs étagères, tous les vêtements de leurs tiroirs,
les bijoux de leurs boîtes, etc. Et à étaler l'ensemble sur toute la surface disponible
: chaises, tabourets, lit, bureau, parquet éventuellement. Ce afin de pouvoir
effectuer un tri rigoureux.
Ayant entrepris de refaire ma chambre, c'est l'étape à laquelle je me trouve depuis
samedi. Je me suis fait violence et j'ai jeté l'équivalent de quatre sacs taille
XXL débordants (au choix) d'autres sacs (je me suis décelé une passion saugrenue
(ah, depuis le temps que je voulais le caser celui-là) pour la collection de sacs
plastiques : je devais avoir en entassé une cinquantaine de H&M/Mango/Kookaï/Etam
au fond de mon placard) ou bien de papiers en tous genres, tickets de caisse,
brouillons de bacs blancs, traces de révisions diverses et variées, mais également
des cours ! Jusqu'ici, j'avais été incapable de me séparer de mes anciens cours
: de la maternelle au lycée, j'avais tout gardé.
Et là, prise d'un soudain élan de bravoure, je me suis dis allez kim, t'arrives
vraiment à croire que dans soixante ans tu reliras tes copies de Troisième avec
la larmichette au coin de l'œil, repensant à cette folle jeunesse où tu ne savais
pas accorder tes participes passés ?
Alors voilà, j'ai quand même gardé deux-trois cahiers de coloriages de la petite
école parce que bon (ainsi que ceux d'addition parce que c'est vraiment trop choupinou
d'écrire les chiffres à chaque intersection de ligne, et puis celui d'histoire
parce que j'avais quand même super bien dessiné Vercingétorix).
J'ai aussi enlevé toutes les affiches de mes murs, ça fait terriblement vide,
ce qui contraste pas mal avec le sol (ahah, j'espère que je n'ai laissé traîner aucun objet compromettant) sur lequel on ne peut circuler qu'en jouant à Ford Boyard.
Le 07 avril 2006 à 18:52.
Mes émotions jouent aux montagnes russes en ce moment, mais après
tout je crois que ça fait un peu partie de moi. Il n'empêche que.
Ces rayons de soleil qui innondent la maison toute la journée durant
ou presque , ces rayons qui le matin, surprennent lorsqu'ils éblouissent
les petits yeux encore endoloris par des nuits écourtées. Immanquablement,
ces douceurs-là égayent les jours. D'autant plus qu'elles seront,
dès samedi, couplées aux deux semaines de vacances.
Et plein d'idées, de projets divers s'emmêlent dans ma tête.
Des envies de créer, de respirer. D'aller à Giverny avec papa, de
pouvoir passer du temps avec 3lles, de couleurs sur mes murs, de bois blanc sous
mes pieds, des mots à lire, d'autres à écrire, ...

