Archives de Mai 2006
Le 01 juin 2006 à 19:33.

Le 01 juin 2006 à 19:33.
On est allés jeter un œil ou deux à l'exposition NivéaUltra
Peau du Palais de Tokyo. Même en ayant par moments tendance à
trop sentir le poids du sponsoring, on y fait quand même de belles rencontres.
Il y avait notamment un tas de petits bonshommes, des Monsieur tout le monde
en tissu qui avaient tous été faits sur le même patron mais
cousus dans différents textiles, qui apprenaient à apprécier
la diversité cutanée. Trois combinaisons aux silhouettes humaines
qui étaient cousues entre elles par différents endroits, pour proximiser
contiguiser rapprocher les gens qui les revêtaient. Un écarteur de
nombril. Et puis aussi dans l'un des petits chapiteaux, des tampons qui n'apparaissaient
qu'à la lumière
blanchenoire. Et puis même sortis du musée, on zieute encore puisque
tous les samedis soirs des gens font de jolies
choses
avec le feu sur l'esplanade. Et pour finir une boule vanille/noix de macadamia
©Häagen Dazs rue de la Huchette.
Paris la nuit, c'est bien. Surtout en ce moment, où le temps est complètement
déglingué dans le coin. Les journées auraient décidé
de prolonger la phase giboulées du mois de mars et les soirées ont
déjà un semblant d'été.
Le 21 mai 2006 à 11:56.
C'est-à-dire que dans très exactement 3 semaines, j'aurais
dix-huit, serais majeure, pourrais voter, conduire – offre soumise à
conditions –, me marier, m'acheter un godemichet en alliage hypoallergénique
doré pailleté avec des éclairs roses sur les côtés
dans un sexshop, faire le tapin, me présenter au conseil municipal de ma
commune ou que sais-je encore, et tout cela lé-ga-le-ment ! Je sens que
tant de changements vont boulverser ma vie. Dans 23 jours, écrit
du bac de français, dans 28 - 13 + 23 = 38 jours, l'oral. Demain,
j'ai un exposé d'ECJS sur le chômage au sein de l'Union européenne
(...). Dans 17 jours, c'est la fin des cours et dans 109 jours,
c'est la rentrée. Tout va bien. et depuis plus d'une
semaine, je chiale (à nouveau?) quotidiennement.
Le psychiatre a longuement discuté avec l'une des psychologues que j'avais
vue et revue plusieurs fois ces dernières années. Apparemment, même
avec le temps qui passe, je suis toujours aussi hésitante, floue.
Visiblement, le terme de dépression est toujours d'actualité.
Vraisemblablement, un traitement serait approprié, bénéfique,
requis, nécessaire ?. Mais sans urgence toutefois. Et si j'ai de
si gros problèmes relationnels c'est obviously parce qu'en plus
d'être démesurément trop exigeante avec moi-même, je
le serais également avec mes proches à cause de ce manque, de cette
énorme demande affective. Je tâcherais de m'arranger, de me
soigner, même si le mal est fait. Pardon.
J'aipasenvied'êtregrande parce que je pourrais plus justifier toutes mes
conneries, mon comportement niais, puérile, irresponsable, par mon âge.
Je sais que ça tient pas debout, parce que souffler 18 bougies &plus
si affinités, ça n'a jamais empêché les cons de s'opiniârer
dans leur rôle de prédilection, mais je dois être une conne
lucide et ça me fait bizarre parce que dans ma tête, c'est comme
si j'avais encore 16 ans. J'ai pas du tout l'impression d'avoir évolué
– au contraire – et ça me fait foutrement peur.

Le 17 mai 2006 à 18:28.
Le 12 mai 2006 à 23:58.
Et en fait plus le temps passe, plus les expériences s'accumulent et plus
je suis confortée dans cette idée de. D'échec. De perpétuelle
insuffisance. Je suis toujours et infiniment « pas assez ». À
jamais incapable de quoique ce soit. Et même au delà de ça,
c'est plus que d'être nulle en tout ou bonne à rien, c'est que je
me sens que je suis (!) bête. Tout porte à croire que
le problème vient de moi, de mes raisonnements, de la façon dont
je ' réfléchis ' et dont je finis par agir. Je sais pas. Je suis
persuadée que tôt ou tard on se rendra bien compte que le prétendu
potentiel qu'on me concède est totalement chimérique, si ce n'est
une farce ! Et que s'il y a encore des gens suffisamment aveuglés pour
s'obstiner à prétendre le contraire, ce malgré les faits
qui m'apparaissent comme des preuves on ne peut plus éloquentes de ma profonde
connerie, c'est que je dois encore parvenir à cacher mon jeu plus ou moins
habilement. Occasionnellement.
Ces larmes au coin des yeux que l'on retient maladroitement, ces migraines qui
martelent le crâne continuellement, ces piteux échecs récurrents,
et puis ce ras-le bol du coup, merde.
Le 07 mai 2006 à 00:15.
Au bout de quelques séances, j'ai l'impression que ma démarche est
d'ores et déjà vaine, que je n'arriverais jamais à m'exprimer
correctement parce que je suis incapable de poser des mots justes pour décrire
ce que je ressens. Je suis on ne peut plus confuse, mes pensées s'emmêlent
et mon discours me semble trop décousu pour avoir le moindre intêret,
ne se résumant qu'à un enchevêtrement insensé de bribes
inutiles. Et je me sens profondément ridicule en face de mon interlocuteur.
Nulle de ne pas parvenir à construire quelque chose. Déçue
de cette inaptitude qui me tiraille comme un échec. Pourtant, je sais très
bien que ce travail ne se fait que sur le long terme. Je sais très bien
que l'on ne va pas réaliser à tout bout de champ de méticuleuses
analyses de tel ou tel événement qui aboutiront à des conclusions
révélatrices sur mon comportement, mon état, mon caractère.
Quel qu'ait été ledit interlocuteur, cette sensation m'a envahie
à chaque fois. Et aujourd'hui non plus, je n'y ai pas échappé.
Sauf qu'auparavant, je n'en avais, ce me semble, pas pris conscience. Et puisque
cette fois-ci j'ai senti venir cette familière réticence vis-à-vis
des entretiens, après maintes hésitations, j'ai choisi d'aborder
le sujet – plutôt que de fuir une nouvelle fois. Et je pense que ça
a été important. J'en ai assez, j'ai envie de me sentir libérée.
J'ai envie de pouvoir tout dire, et ce quelles que soient les tournures, si confuses
soient-elles.
J'ai eu le temps de faire un aller-retour chez moi-Paris depuis que la phrase
précédente a été tapée. La magie d'internet.
J'ai rencontré une soi-disant clocharde céleste avec des yeux vairons
vert et bleu, j'ai essayé des robes estivales vaporeuses superbes mais
trop larges pour moi, je suis morte des pieds au moins dix-huit fois à
cause de mes escarpins que je pensais plus confortables, j'ai fini The catcher
in the rye dans le RER, j'ai eu trop chaud, puis froid, puis été
saucée par la pluie. J'ai vu une môme qui avait ces pompes qu'on
a tous voulu du temps des bacs à sable mais qu'on a jamais eues (?), avec
des lumières qui scintillent en bleu, blanc et rose dans la semelle. J'avais
juste envie de me dire ça.