Archives de Août 2006

Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre
Le 28 août 2006 à 17:35.

L'impression d'une chute. Chute intemporelle. Chute infinie et douloureuse, chute infiniment douloureuse et qui ravage tout. Tout se brise, tout s'émiette peu à peu, si bien que tu te perds dans tes propres lambeaux. Tu t'y emmêles, tes débris colmatent les quelques issues ébréchées vers lesquelles tu t'efforces d'avancer – ou pas. Tout s'affaisse en dedans. Tu t'écroules de l'intérieur, tu t'écroules sur toi-même. Tu t'écroules par toi-même : nul n'a déclenché ce mouvement, tu es la seule à l'avoir impulsé comme tu es la seule à le subir. Tu t'écrases sous le poids de ta propre pesanteur. Il suffirait d'un mot pour suspendre ça mais tu ne peux pas t'empêcher de te tordre et de reculer. Reculer parce que tu ne sais faire que ça, tu n'as jamais agi autrement. Et altérer le mécanisme, c'est prendre des risques, compromettre le familier pour tendre vers l'incertain. Alors si tu crains tant l'incertain, c'est que tu te résignes à croupir là, confortablement, juste ici, parmi tes décombres.

(ce n'est pas ça.)

# Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre 

souvenir qui me poursuit Sans cesse Bonheur fané, cheveux au vent
Le 15 août 2006 à 18:32.


un après-midi, inspirée par Minh (qui, je vous l'assure, peut s'avérer aussi insupportable que son âge le lui permet – il ne faut pas se fier aux images) : portrait de celle qui fait la tronche. Comme si tous les petits fragments constitutifs de son apparence s'étaient concertés, accordés et, sans avoir eu recours à quelque répétition générale que ce soit, cette escouade parfaitement agencée, sous la simple et prompte impulsion de la volonté infantile, semblait s'être soudainement orchestrée pour manifester un évident, un flagrant message adressé à toutes les bonnes gens présentes céans : vous me faites chier. Les mâchoires resserrées par la crispation, la bouche défaite, les bras ballants, les épaules avachies, la démarche engourdie et les pieds qui trépignent. Les yeux désintéressés, tombants, assujettis à un regard à la fois vitreux et chargé de sens : vous me faites complètement, profondément, terriblement chier, hurlent-ils, emprunts d'une expression mêlant pitié et dégoût, lassitude et rage contre ses semblables, qui contribuent tous à ces âpres émotions, grossiers personnages.


01|08, panorama alpin. au creux des montagnes, étendues verdoyantes aux nuances féériques, paysages de cartes postales. de larges et imposants rayons de soleils épars, perdus, vacillants entre les ombres des nuages qui jonchent les vallées.

même jour, après le concert de Gilles Apap à Albertville. Cet homme est, comment dire ? Vraiment, vraiment, vraiment impressionnant. Il émane une telle humanité de sa façon de s'adresser au public et même jusque dans son attitude. Une humilité à la fois si sincère et si simple. Qu'en l'écoutant jouer, alternativement et sans transition, sonates, partitas de Bach & gigues irlandaises, on oublierait presque que cet homme-là est vraisemblablement l'un des plus grands violonnistes de notre temps. Et qui, en plus de la maîtrise de son instrument, par son ouverture d'esprit, par sa culture, possède la singulière capacité de transcender les normes de la musique telle qu'on l'inculque en Occident. Juste comme ça : il joue du Vivaldi remanié ce dimanche 13 août au Parc Floral du bois de Vincennes. Le concert est gratuit. Et, accessoirement, j'y seraiétais (édit) et c'était grand .

# souvenir qui me poursuit Sans cesse Bonheur fané, cheveux au vent 

It's something unattainable That you can't live without And now the unexplainable Has you riddled with doubt
Le 08 août 2006 à 20:46.





(premiers montages vidéos de ma p'tite vie - va falloir être indulgent.)

# It's something unattainable That you can't live without And now the unexplainable Has you riddled with doubt 

et, relâchant complètement ses muscles et son cerveau, il se laissa respirer, tranquille et triste.
Le 05 août 2006 à 22:58.

Et j'ai enfin mis à jour les 20 questions & photographic answers, ici-même.


date inconnue!. À force de lire, les phrases audibles que j'adresse aux gens qui m'entourent résonnent dans ma tête, ponctuées d'incises qui décrivent le ton employé. Dans certaines circonstances, ça peut donner des choses assez saugrenues (“ As-tu mis de la moutarde dans la vinaigrette ? ” m'inquiérais-je d'un air faussement détaché). Parfois, c'est même en préparant mes répliques qu'inconsciemment je qualifie les infexions de voix que je m'apprête à faire. Ou bien j'emploie un vocabulaire que je n'ai pas vraiment l'habitude d'utiliser à l'oral (“ Je me suis doutée que tu t'étais acheté un bon fromage car je t'ai vu te précipiter à la cuisine, laissant choir auprès de ton assiette un morceau de pain ”).


même date inconnue, mais plus tard. Dispersées dans ce carnet, des brassées de mots déferlent sur le blanc de pages sporadiques. Ils ont été pêchés dans le courant des livres, mais j'aurais pu y mettre un peu d'ordre. Il y auraient ceux que je ne connaissais pas (l'héautontimorouménos, le malström, les badingoinces), ceux d'ores et déjà connus mais trop rarement employés, que l'on prend soin de noter de manière à les ancrer plus ou moins invariablement dans sa petite tête (obtempérer, disparate, fuligineux, sardonique – négligemment noté deux fois). Ou bien d'autres encore, qui pourraient éventuellement avoir leur place dans la susnommée catégorie : ceux-là ont été listés du fait d'une sonorité marquante, d'un agencement de lettres, d'une connotation, d'un sens particulier ; tous ces critères réunis, des mots qui caressent un peu les yeux (dithyrambique, dodelinant, mièvre, galvaniser, kaléidoscope, aquiescer).

# et, relâchant complètement ses muscles et son cerveau, il se laissa respirer, tranquille et triste. 

peu à peu sa peine se calmait, séchée, insidieusement, par la pureté poreuse de tout ce qui l'entourait, par la présence absorbante du désert.
Le 04 août 2006 à 19:42.

je suis rentrée, pas très bronzée mais on dira que les couleurs, je ne les ai pas prises sur moi, mais en images&dans la tête, un peu. on a passé deux semaines à opio (alpes-maritimes), puis quelques jours à samoëns (haute-savoie). j'essaie de faire quelques montages vidéos et j'ai commencé un diaporama. j'ai grabouillé pas mal de pages, aussi. alors, fait néante que je suis, je vais me contenter d'en recopier quelques unes ici. mais comme y'en a beaucoup, on va faire ça par à-coups si tu veux bien, dans un ordre approximant (oui.) la chronologie parce que j'ai la sale habitude de ne pas dater ce que j'écris et, de surcroît, d'écrire sur la première page vierge trouvée. premier jet.


22|07, vers 23h. De la spontanéité ! Les pieds dans l'herbe, jouer au badminton non loin de la piscine, gisant à quelques mètres avec ses trente degrés celsius. Et puis, d'un fougueux élan, s'y jeter. Toute habillée, excédée d'avoir raté un énième volant qui aurait techniquement dû être atteint dans un ultime soubresaut plein de grâce & d'allégresse. Mais, manifestement, non. Et tantôt suivie de Anh, puis Louis, plus consciencieux que ses aînées, dévêtu de son t-shirt.


date inconnue!, Quoi d'autre ?. Regarde par ici, s'il te plaît. Quand il fait nuit, il y a un spot lumineux dans la piscine. Et là, en face, on voit nos ombres qui font la brasse sur la mosaïque bleue. Alors on noie une chaise en plastique au fond de l'eau, on monte dessus pour éviter de suicider la caméra. Prudence & minutie sont de rigueur, très chère amie. Et fais donc galoper tes gambettes dans l'eau que je te filme, mademoiselle petite sirène. [et puis la vidéo arrive, bientôtest là]
De gros lézards, vraiment pas beaux, qui te dévisagent avec leurs grands yeux tout ronds, noirs, l'air vicelards. Plus rapide que l'éclair, la bête. Si par mégarde tu t'avises de dire “ ouf ”, le voilà qui s'enfuit déjà vers d'autres lointaines contrées.

# peu à peu sa peine se calmait, séchée, insidieusement, par la pureté poreuse de tout ce qui l'entourait, par la présence absorbante du désert. 
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Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
Quoiiiii ma gueule ? 
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