Archives de Septembre 2006
Le 24 septembre 2006 à 20:55.
Le 16 septembre 2006 à 19:03.
Depuis cet été, on fait quelques travaux dans la maison et les petits
doigts de chacun sont mis à contribution.
Au temps jadis, l'entrée du foyer arborait en sa façade une plaque
de contre-plaqué. Un jour, tandis qu'une joute opposait mon frère
Louis et quelque pubère camarade, l'un des antagonistes – dont l'Histoire
a toujours tu le nom –, se trouva soudainement propulsé devers notre susnommée
plaque. Prise au dépourvu, icelle ne put esquiver le coup, et de fait,
l'adolescent s'y affaissa de tout son être. La rudesse du heurt fut telle
que la plaque, anéantie, y succomba.
Tout ça pour dire que depuis lors, une plaque de contre-plaqué trouée
accueillait nos hôtes jusqu'il y a quelques jours, car nous y avons remédié.
Par des rubans miroités qui, du sol au plafond, longent sinueusement les
murs vert d'eau. Et la lumière de la véranda s'y reflète
de part et d'autre du couloir, selon l'inclinaison des rayons. Ailleurs, il y
a eu d'autres miroirs, des carrés de mosaïque irisée, et puis
du blanc sur les murs jaunis par le temps. Pour tout ça, Elle me,
Elle nous (!) demande notre avis, requiet nos conseils et notre aide, surtout.
Et c'est bête, mais cette chose toute simple me fait foutrement plaisir
et je crois que lorsque l'on discute de ces nombreux projets (car il semblerait
– tout du moins je l'espère – que ce n'est qu'un début),
je m'enthousiasme peut-être un peu trop, inconsciemment, juste pour pouvoir
prolonger ce contact et cet élan – car pour moi, vraiment,
c'en est un.
Le 10 septembre 2006 à 01:03.
J'ai commencé à écrire et très vite, je me suis aperçue
que j'aurais pu ne pas m'arrêter. Ce n'était pas réfléchi,
ni prémédité : j'avais l'impression de découvrir mes
propres mots au moment où, un à un, ils s'inscrivaient d'eux-mêmes
devant mes yeux. Et ces phrases alignées n'avaient pour la plupart aucune
cohérence. Des perles, fugitives, fragiles, lacuneuses et dépareillées,
butinées çà et là, pour être négligemment
enfilées le long du fil de tes pensées encombrées.
C'était ça, et rien d'autre, ce qui s'affichait devant moi. Comme
si ça s'était amoncelé peu à peu, sans qu'on ne se
doute de rien ou bien tandis que l'on occultait plus ou moins le tout.
Et que, tout à coup, c'en était trop. Surabondance, le déferlement
mû par une très légère impulsion, simple et fugace
désir ou besoin ? de se décharger de quelques idées
vagabondes qui taraudaient l'esprit juste là, en cet instant si prompt.
Ces chères idées qui ah, douce ritournelle !
sont sans nul doute la cause du soudain renouveau de nos céphalées
par l'oppression qu'elles provoquent, comme un étau dont mon crâne
sent le joug se resserrer un peu plus à chaque crecendo d'adrénaline.
Ce n'était pas réfléchi du tout, c'était un exorcisme,
mais le démon est toujours là.
Le 02 septembre 2006 à 00:09.
Les vacances ont filé à une allure folle et jeudi, ils affichaient
les listes des classes au lycée. La simple idée d'y remettre les
pieds m'a noué l'estomac. Peur de retrouver cet espace et l'atmosphère
qui y réside, sans trop pouvoir définir laquelle. Juste savoir y
être mal à l'aise – c'est un euphémisme.
J'ai fini par y aller, au bout d'une heure de tâtonnements ; je m'attendais
à retrouver des noms qui m'étaient devenus familiers à côté
du mien – c'était du moins ce qu'ils avaient l'habitude de faire chaque
année, de la première à la terminale. Mais pas cette fois.
Cette année, innovons ! Cette année, cassons les classes et regroupons
les élèves selon leurs options. Et il se trouve qu'en juin dernier
j'ai coché la case « Arts Plastiques ». J'ai donc retrouvé
les noms familiers, mais le mien n'en faisait plus partie. Il fallait regarder
un peu plus loin, sur une autre page, dans une autre classe, avec d'autres noms,
tous plus inconnus les uns que les autres. Ça n'a rien de dramatique, bien
sûr. C'est juste décevant. Dérouant aussi – surtout –,
parce que l'appréhension quant à cette fameuse rentrée s'est
soudainement décuplée. C'est dur, pour l'handicapé social
de s'établir des semblants de repères au sein d'une communauté.
C'est encore plus dur lorsque cesdits embryons de repères sont inopinément
balayés... Tout recommencer ? Toutes les angoisses, une fois de plus ?