Archives de Novembre 2006

sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis/
Le 28 novembre 2006 à 08:43.

Écouter Léo-chante-Baudelaire au réveil, ce n'était peut-être pas ma plus brillante idée pour commencer la journée.

(du bon pied, entends-je)

# sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis/ 

Heureusement, au dernier moment, comme si le souffleur s'était enfin réveillé, elle
Le 26 novembre 2006 à 16:16.

Ce qui m'apaise,
c'est qu'enfin, je parvienne à m'octroyer quelques rares moments – si prompts, et si fragiles soient-ils – sans être écrasée par le poids de la honte qui colle à ma peau ;
c'est de pouvoir constater et me dire, sans mentir, qu'à certains niveaux j'ai quand même fait du chemin ;
c'est qu'elles soient là, que l'on parle en années maintenant, et de pouvoir affirmer sans niaiserie quelconque : « et pour longtemps, encore » ;
c'est que cette fois-ci, il n'y ait plus d'interrogations, ni d'appréhensions malsaines – c'est goûter au sentiment d'une certaine quiétude légitime ;
c'est qu'en voyant les luminaires se mettre en place, je ne détourne pas les yeux avec angoisse ;
c'est aussi (mais simplement) d'avoir des esquisses d'idées relativement précises sur le dossier d'arts plastiques ;
c'est enfin d'avoir, hier, foulé du bout du pied les galets du port de Dieppe sous l'immensité du coucher de soleil ;
ce sont les vagues qui venaient s'affaler sur les parois du phare, si puissamment que certaines remontaient jusqu'à nous. nous qui pourtant, depuis la rembarde du pont, élevés des mètres au-dessus de la mer, nous sentions naïvement à l'abri ;
c'est d'avoir fait deux heures de route avec papa, sans savoir où nous allions, et surtout sans savoir ce qui nous y attendait ;
c'est d'être finalement arrivés dans ce nulle part isolé de tout, où des musiciens partageaient leur passion sans compter les heures ;
c'est d'avoir partagé cette improbable journée avec lui, avec eux, et le fait que, jusqu'à la dernière minute, elle fut totalement impromptue.

# Heureusement, au dernier moment, comme si le souffleur s'était enfin réveillé, elle 

I could die right now,
Le 22 novembre 2006 à 10:41.

il y a des instants, de minuscules instants dont ma tête fait perdurer l'image indéfiniement. malgré les secondes qui, une à une, approfondissent le fossé qui se creuse entre ce mirage et le moment éthéré (ce fossé, que l'on pourrait, je crois, appeler réalité).
à partir d'un léger flottement, j'imagine la continuation sublimée que j'aurais pu leur donner si j'en avais eu les capacités, si je n'avais pas été lâche, si j'avais pour une fois renoncé à ma carapassivité. je deviens spectatrice : le film que je regarde et que j'envie, c'est celui de mes heures – mais je n'en fais pas partie.
et la personne qui se meut pour moi tient tellement mieux son/mon rôle, semble tellement plus à sa/ma place que je ne le suis, si bien que sa spontanéité crève l'écran. ses gestes, ses décisions sont exempts de toute maladresse, ses mots de toute ma bêtise. elle a l'air d'avoir été faite pour s'introduire à cet endroit précis ; mieux encore : comme une robe faite sur mesure, le rôle lui-même avait dû être conçu pour elle, seulement elle, personne d'autre – et certainement pas moi.

# I could die right now, 

avec tes expressions de derrière les fagots
Le 15 novembre 2006 à 21:07.

Tu me réclames la vraie vérité et je te réponds que, de toutes façons, je ne sais pas dire autre chose. Et tu me parles de ma vraie fausse vérité, ma vérité atténuée. Ma façon de ne parler qu'à demi-mots seulement : toutes les images, les euphémismes sans lesquels je ne sais plus m'exprimer. Puisque m'exprimer consiste, souvent, à dire les choses sans en prononcer les termes exacts. Tergiversation : il faudra que tu creuses un peu, voire beaucoup, si tu le peux, pour tenter de démêler ce que j'ai volontairement – ou pas – obscurci, assombri afin de le rendre plus discret.
Et ce qu'il y a, avec toi, c'est que justement, mieux que quiconque – ou presque –, tu creuseras au fond des choses par toi-même. Tu feras cet effort, tu ne me demanderas pas de formuler les mots les plus vrais, ceux qu'une personne normale attendrait, mais qui sont aussi – et tu le sais – les plus déchirants pour moi. Ou bien, si je ne parviens à délivrer suffisamment d'éléments pour que tu puisses approfondir, tu reprendras de ton mieux mes propres détours autour desquels nous broderons. Et nos conversations atténuées n'auront de sens que pour nous, à base d'images de plus en plus sinueuses, de louvoiements de plus en plus corsés. Et je n'aurais plus peur. Non, ma peur disparaîtra.

# avec tes expressions de derrière les fagots 

les Idées sont des êtres vivants!... Le comte avait creusé dans l'air la forme de son amour
Le 07 novembre 2006 à 14:16.

Le fait d'avoir pu l'écrire a permis d'y voir un peu plus clair – et cela ne m'étonne pas vraiment. Ou disons que l'écriture, si confuse et maladroite fut-elle, a rendu discernables certaines idées mouvantes, détourant les prémisses d'une éventuelle réflexion.
En fait, les productions, les objectivations, seraient trop imprégnées de moi pour que je puisse les considérer avec détachement. Et je me suis dit que ce pourrait bien être ça qui condamnait tout aboutissement... Parce que voir se déployer devant mes yeux ces choses, comme des stigmates de ce que je suis – voire de ce que je ne suis et/ou ne peux pas être ? – est trop pénible. Ce sont des miroirs! Chaque production se trouvant être inexorablement empreinte d'un certain reflet, un reflet déplaisant... Et pour me distancer de toute création, je suis allée jusqu'à trouver des feintes, tellement ridicules. Être incapable de se munir d'une plume et d'un papier pour voir s'y profiler mon écriture, faite de mes mots, arabesques de lettres et idées. Alors recourir à la dactylographie, la solution de facilité, et se défaire ainsi des images qui se rapportent à ma personne: apparaîssent alors des lettres quelconques, un Times New Roman anonyme pour ne maintenir que le fond, les idées.

# les Idées sont des êtres vivants!... Le comte avait creusé dans l'air la forme de son amour 

ah! vous dirais-je maman Ce qui cause mon tourment
Le 02 novembre 2006 à 17:41.

Toutes ces idées qui chancèlent dans ma caboche, ça y met un foutoir formidable. C'est presque, sûrement pire que d'être indécise ou désorientée: il n'y a là-dedans aucune orientation qui soit tangible et avec l'impression que, de toutes parts, ça ne peut que s'affaler dans du vide.
Je suis incapable de faire quoique ce soit parce que toute forme de matérialisation ou de... d'objectivation de ce qu'il y a à l'intérieur, ça me fout une trouille effroyable. La feuille, par exemple. Voir – ou même, ne serait-ce qu'imaginer ! – ces mots – mes mots – s'y étaler mollement, ça me rebute. Comme si, je sais pas, je n'étais pas à la hauteur ? Et c'est juste... frustrant. Parce qu'au-delà de ça, il y a bien des choses que j'aimerais exprimer... extérioriser... exorciser. Et ça ne se produit pas uniquement dans ce qu'ils appelleraient «mon monde», car même dans un certain contexte scolaire, une dissertation de philosophie “le progrès de la culture conduit-il logiquement à une vision pessimiste du monde?”. Ah! ben oui, bien sûr... Mais non.
Enfin, sinon, j'ai quand même réussi à faire ça, la version, et complètement: crayonner, scanner, photoshoper, agencer, je n'ai rien pris d'ailleurs.
L'autre jour – mais ça commence à dater –, elle m'a parlé un peu après m'avoir trouvée toute tremblotante. Et je me suis sentie si minuscule, parce qu'elle savait tout ce que je n'avais pas su lui dire. Ces choses que j'avais écrites – et que j'écris encore –, si souvent. Et là, ma carapace s'est sacrément fissurée: j'ai eu l'impression de n'être qu'une coquille, vide et insipide. Et d'être transparente, aussi, que tous mes efforts de camouflage étaient absurdes et, surtout, stériles.

# ah! vous dirais-je maman Ce qui cause mon tourment 
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Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
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