Archives de Décembre 2006
Le 25 décembre 2006 à 17:16.
C'est que dès l'instant où tu deviens cet être singulier,
celui à qui j'ose montrer ce qu'il y a de plus profond – et, par cela
même, de plus déchirant –, je ne sais plus qu'être
devant toi. Car sous tes yeux, le fard de mon paraître s'estompe
comme une traînée de poussière, et malgré moi révèle
des traits authentiques. Je veux parler de ces expressions marquées de
langueur, dépouillées de leurs déguisements coutumiers. Ainsi
mise à nue, c'est de mes forteresses que tu me démunis et je ne
peux qu'essayer de freiner cette débâcle à laquelle je ne
me sentirai jamais prête. Car ce sont des émotions à vif que
tu décèles derrière ces cloisons, c'est ce qui est latent
et qui bouillonne; ce sont ces émotions languissantes qui prospèrent
tandis que je les tais.
--
J'ai eu la chance de voir et d'entendre – surtout – Le
Chevalier à la Rose, opéra de Richard Strauss. Je crois
qu'ici le sens des expressions « une expérience unique »
ou encore « riche en émotions » est à son paroxysme.
J'avais juste du mal à réaliser que les morceaux que j'écoutais
étaient réellement produits par l'orchestre qui s'animait sous mes
yeux et ce à l'instant même où ils arrivaient à mes
oreilles... En tout, 4 heures de spectacle: lorsqu'à mon arrivée
j'ai lu ça sur le programme, je n'aurais pu m'imaginer qu'elles seraient
si courtes.
--
Récemment, il y a aussi eu:
Ceci, notamment
suite à quoi le professeur m'a fait remplir un formulaire inscriptionauconcoursgénéraldephilosophiesession2007-outch
;
Et puis le faisage de cadeaux qui, cette année, comprenait (entre autres)
barbouillage de porcelaine
pour grands-parents & gribouillage
d'un carnet de recettes pour maman, ce par les six petites mains de mes deux
petites surs et moi-même. Ça, c'était chouette.
En vous souhaitant de joyeuses fêtes.
la violence de ce que je m'efforçais de contenir était telle que
mon corps tout entier trésaillait, crispé par la douleur. j'ai senti
les suffocations s'intensifier et puis j'étais si faible, j'étais
trop faible pour affronter ça. je me suis misérablement recroquevillée,
tentant d'étouffer dans mes draps déjà trempés ces
foutus cris que je n'avais plus la force de réprimer. je ne voulais pas
que tu saches, que tu assistes à ça. il y a un tel fossé
entre ce que je veux bien avouer de ces moments-là, entre les vestiges épars
qu'on en lit sur mon visage des lendemains et ce qu'ils sont réellement.
lama monstruosité est passée sous silence, la violence
ne se sait pas. j'ai gémi, j'ai caché cet horrible visage entre
mes mains glacées, j'ai ressenti une telle haine, une telle rage contre
moi et tant de peine aussi; je me suis détestée, plus que jamais,
il y avait ma chair qui s'enfonçait sous mes ongles et j'aurais voulu crever
mes yeux aussi, pour ne jamais voir les tiens posés sur l'immondice que
j'étaise suis.
Le 04 décembre 2006 à 23:36.
Puisqu'il faut bien, parfois, remettre les pieds sur terre. Les mois cavalent
et je sens mes angoisses primitives s'intensifier tandis que d'autres accourent,
naturellement.
Je caressais l'espoir candide d'avoir comme une longueur d'avance et c'était
si rassurant pour moi de pouvoir dire, avant tout le monde – ou presque :
je veux faire ça. Et puis bien sûr, en fin de compte, ça ne
pouvait pas être aussi simple.
Alors, peu à peu, ces familières interrogations articulées
d'« Et si » émergent et s'amoncèlent. Je ne cesse de
remettre en question mon ' potentiel ' si tant est qu'il y en ait un – et
si ce ne sont mes envies elles-même.
Sans aucun doute, un syndrome commun à la majeure partie de la population
lycéenne à l'approche du bac... Le fait est que ce choix m'apparaissait
comme une évidence, étant tout simplement incapable de concevoir
mon avenir proche autrement que dans cet univers. Cependant, bien que cela n'ait
pas changé, je cherche aussi, aujourd'hui, à m'imaginer ce qui viendra
plus tard encore, à vainement chercher des réponses possibles à
« Et après ? ». Et c'est là, précisément,
que les illusions se désagrègent soudain. Faire une école
d'arts appliqués : oui, d'accord, mais ensuite ? Et, [déjà,]
encore faut-il que l'on veuille bien de toi là-bas – pour ne pas dire
que tu y aies ta place. Car, tu le sais bien, ils ne prendront pas n'importe
qui.
Finalement, c'est la même soupe grumeleuse que je ressasse sans arrêt.
Alors on peut dire que j'ai retourné la question dans tous les sens. Pourtant,
j'ai l'impression que les éventuelles réponses ne font que s'éloigner
de moi à mesure que le temps passe, à mesure que j'aie besoin
d'elles.
