Archives de Janvier 2007

Ce petit oiseau qui est venu picorer sur le rebord de la fenêtre, je l'ai chassé.
Le 29 janvier 2007 à 22:32.

J'ai eu tellement mal (...). Lorsqu'il était là, je me débattais de toutes mes forces pour garder la tête hors de l'eau; sombrer, il n'en était pas question. Je me l'étais interdit, ce en tout état de cause, quelles qu'eussent été les épreuves qu'il eût fallu supporter pour cela. Et ça n'avait rigoureusement rien d'un acte de courage, ce n'était que pure nécessité, c'était un devoir – et plus encore : il ne pouvait simplement pas en être autrement. Mais, dès l'instant où cette nuit-là, j'ai su que je pourrais pleurer de toutes mes tripes et avec toute l'intensité de mon déchirement puisqu'il ne pourrait plus l'entendre, j'ai cru mourir. C'était bien plus qu'une absence qui m'arrachait ces larmes : j'ai ressenti la pesanteur d'un vide sans pareille, comme une amputation irréversible, opérée sans que j'aie pu y changer quoique ce soit et en dépit de toute ma rage. Il me semblait que tous mes acharnements n'avaient été que pacotille, grotesques et misérables efforts vains, ridicule foutaise, une farce, ineptie de la lutte. Je crevais de culpabilité et de remords, d'impuissance et d'incompréhension – comment se pouvait-il que la vie ait été aussi injuste ?
Mais ce matin, c'étaient ces larmes-là que je gommais du bout des doigts, séchées sur mes joues. Et mon seul soulagement est d'avoir pu écrire ces quelques verbes au passé, bien que la peur demeure.

# Ce petit oiseau qui est venu picorer sur le rebord de la fenêtre, je l'ai chassé. 

When darkness comes And pain is all around, Like a bridge over troubled water I will lay me down.
Le 24 janvier 2007 à 09:38.

Si de nouveau les pages de mes cahiers maculés gondolent, c'est qu'aujourd'hui je n'ai plus la force de contenir les larmes lorsqu'elles affleurent à mes yeux. Autant dire que cette décharge d'angoisses consume à une vitesse extraordinaire le peu de force dont je suis pourvue. À dire vrai, je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà ressenti ça auparavant: à mes angoisses, à ma perpétuelle oppression s'ajoute une incertitude dévastatrice. J'ai beau tenter de me convaincre par tous les moyens que tout finira par s'arranger, le fait d'errer parmi les limbes, de n'avoir strictement aucun recours tangible sur lequel je puisse me reposer, annihile l'effet de tout effort de persuasion. Et pourtant, j'y crois. Au fond de moi, j'ai la conviction qu'on (qu'Il) s'en sortira, que la vie ne peut pas être aussi injuste... Alors il faut tenir, et je tiendrai, coûte que coûte et quoiqu'il advienne – l'enjeu n'est pas là. Ce qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, il faut savoir quoi faire en ayant pour une fois la force de passer sous silence la petite voix qui, dans chaque instant hurle au dedans Tu n'es vraiment pas à la hauteur. De celle-ci, j'essaie d'ignorer chaque réprobation car ce n'est plus de ma tête qu'il s'agit et je n'ai plus le droit d'être aussi lâche ni, comme à l'accoutumée, de trouver refuge dans mes idées morbides.
Mais avant tout, il faut qu'Il tienne, lui aussi... Il le fera (je t'en prie).

(et, après relecture, on admettra la maladresse de l'écriture sur le compte de l'épuisement.)

# When darkness comes And pain is all around, Like a bridge over troubled water I will lay me down. 

Du Je & de ce qui gravite autour ou L'air de la folie.
Le 17 janvier 2007 à 14:57.

Je découvre l'incroyable capacité contenante de mes sinus paranasaux et je ne sirote plus un verre d'eau sans y avoir dissous un demi gramme d'aspirine, parfois couplé à ces pilules qui réduisent mes influx nerveux, parce que moi yana être d'un naturel très nerveux oh oui, sapristi!, et que ladite nervosité culmine à des extrema que ma petite tête et mon petit corps ne  s u p p o r t e n t  p l u s. Et lorsque j'ouvre la bouche j'entends Vincent Delerm, ça fait bien rire mes petites sœurs – moi aussi au début, maintenant moins.
Et puis j'ai peur peur PEUR pour lui, tous les jours et même la nuit, j'en fais des cauchemars vraiment trop étranges et sûrement très riches. D'ailleurs en ce moment – sûrement le fruit de cette recrudescence d'anxiété – je ne peux pas m'empêcher d'essayer de tout décortier. Les moindres faits et gestes (les miens, en fait), comme si des vérités inavouées, inconscientes, que sais-je encore, s'y terraient furtivement, silencieusement. Et que pour moi, puisque trop paumée en ce moment, trop démunie, dépourvue de toute accroche à quelque repère stable ou tout au moins stabilisant, découvrir l'une de ces vérités serait une sorte de soulagement. Ou, si ce n'en est un, un palliatif, même éphémère. Mais la vérité, c'est qu'à force d'épluchage aussi absurde qu'inutile, je me noie parmi ces choses minutieusement mises en lambeaux, évidées de leur sens.

# Du Je & de ce qui gravite autour ou L'air de la folie. 

[...] comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui.
Le 10 janvier 2007 à 22:04.

Pis qu'une môme, j'ai régulièrement l'amère sensation que mes bêtises d'aujourd'hui ont comme un arrière-goût de déjà-vu (de deï-jah-voo, dirait beyoncé*). Comme si je n'avais su tirer aucun profit de mes «étourderies», parfois lourdes, d'autrefois, je ne suis bonne qu'à réitérer les mêmes erreurs et, le plus souvent, la réplique est pire encore que son modèle.
En réalité, ça ne peut être que pire, ça ne peut qu'avoir plus d'impact dans la mesure où ce n'est, en somme, qu'une seule et même épine enlisée dans ma chair, et dont le stigmate est à chaque fois plus approfondi. Léthargie de l'assimilation, de l'expérience elle-même! Ça m'exaspère – je m'exaspère, moi qui prétends couver une soif insatiable d'apprendre encore, toujours et qui suis pourtant, de toute évidence incapable d'intégrer des choses les plus simples, des leçons d'enfant.
Et même en ayant conscience de ce défaut, jamais le leitmotiv ne s'altère d'une seule note: aussi bien dans les moindres situations que dans celles qui pourraient avoir d'irrévocables conséquences, lorsque l'interstice de la bévue se présentera, aveuglée par je ne sais quoi, j'y sauterai – et à pieds joints, si je le pouvais.

# [...] comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui. 

Quand un mot a fait ses preuves pourquoi le changer? On tire le sens dans une direction ou dans l'autre, la matière première est très malléable
Le 05 janvier 2007 à 18:07.

Ce qui est sûr, c'est que 2006 fut riche. Il y a eu plein, plein de choses, de découvertes, de déceptions, d'espoirs, d'espoirs vains, perdus, caressés, désespérés ou déchus, de regrets, inédits, entretenus, et d'autres apaisés, peut-être; et peu de rencontres finalement, mais des liens, inexorablement approfondis, amplifiés, attisés, voire transcendés, tandis que d'autres furent aussi désabusés, étiolés par la macule de l'amertume.
J'aurais pu m'appliquer au pieux remplissage de l'un de ces questionnaires qui prolifèrent ci et là: en bonne brebis, je m'y suis même passablement essayée. Cependant mes réponses, lorsqu'il y en eut, étaient confuses et incertaines; à dire vrai, je demeurais incapable de répondre à la plupart des questions, trop sélectives pour que je puisse déverser dans chaque case le fruit d'une réflexion stratégiquement ciblée.
Je ne peux pas dire ce que j'ai fait d'original et sans précédent en 2006, ni même affirmer avec certitude que j'aie effectué quelque chose de ce rang-là. Je ne peux pas énoncer machinalement quelques dates choisies et chargées de sens qui auraient pu et/ou dû marquer le cours cette année; non pas qu'il ne soit rien arrivé d'exceptionnel (non, non, vraiment pas), mais le fait est que je serais incapable de resituer les évènements d'une manière ordonnée. Je pourrais dire quelles ont été les émotions que j'ai ressenties, décrire le plus justement possible leur intensité, tenter d'expliquer leurs origines et singularités respectives. Mais les choses, en elles-mêmes, m'échappent totalement. Tout est, comme à son habitude, emmêlé et diffus – mais ce n'est pas ça l'important.
Alors, à l'accoutumée question Comment pourriez-vous résumer 2006 ?, ma réponse serait Pas; je ne le pourrais définitivement pas. Car 2006 ne fait «que» s'incrire dans le prolongement des années qui précédèrent, et je ne saurais l'en détacher, pas même ponctuellement – cela n'aurait d'ailleurs, pour moi, aucun sens.

# Quand un mot a fait ses preuves pourquoi le changer? On tire le sens dans une direction ou dans l'autre, la matière première est très malléable 
Partie privée
Fresque nombriliste ! (ici)
Historique
Je (écrire)
La liste de Schubert

pop it up


(d'autres ?)

photographie

designaphie




(d'autres ?)


Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!