Archives de Février 2007
Devinez qui est partie skier en oubliant malencontreusement son blouson
sur le porte-manteau? Dévalant, de fait, les pistes, avec un air de Bibendum
faute de 4 pulls dont 2 cols roulés superposés – non sans grelotter
tout de même au-delà de 2000 mètres d'altitude? Tic tac, un
indice:




Les portes ouvertes, c'était la troisième année consécutive
mais cette fois-ci, l'enjeu n'était pas seulement de s'émoustiller
les yeux: il s'agissait aussi de retirer les dossiers Candidature en classe de
MANAA session 2007. Alors, vite – trop vite –, il va falloir solliciter
chaque professeur, un à un, leur demander de bien vouloir remplir les petites
cases roses, noter de 1 à 5 mes: capacités d'analyse, de synthèse,
ma curiosité d'esprit, ma détermination, mes expressions écrite
(salu asv?) et orale, ma méthode (bordélique), mes sens critique
(tout est potentiellement beau et relativement moche) et de l'organisation (cf.
méthode).
Ensuite, sélectionner trois de mes pratiques péri ou extra-scolaires
d'expression artistique (intermitante du spectacle au Palais de Tokyo? réalisation
de prospectus pour une galerie d'art à Paris? de sites internets pour un
groupe de jazz? pour une société de repas hyperprotéinés?
d'affiches pour un stand de karting – sans s à karts?). Et
puis écrire une lettre de motivation.
Mais avant tout, hiérarchiser mes choix d'écoles, sachant que cette
rubrique ne comporte qu'un petit 1, suivi d'un petit 2, point final fermez les
guillemets. Pour ce faire, il faudra prendre en compte les témoignages
d'anciens élèves pas tout à fait objectifs, ceux d'actuels
élèves totalement subjectifs, les conseils avisés –
ou pas – du professeur d'arts plastiques du lycée, ceux d'artistes,
ou encore de très proches. Et puis faire ce qu'on appelle la part des
choses parmi cet amoncellement de données qui, en certains points m'indique
tout et son contraire (' lorsqu'une école a été placée
en second choix, elle ne regarde même pas le dossier concerné ' versus
' j'ai été pris dans l'école de mon second choix ' ou encore
' cette école t'est complètement accessible ' versus ' là-bas,
c'est l'élite '). Sans oublier un dernier élément, last but
not least et qui doit être impérativement réfléchi
sans jamais prendre en compte ses confrères: ce que je veux. Ah! ma foi,
bonne question.
Autre chose: l'épreuve facultative d'arts plastiques, pour laquelle il
faut constituer un dossier d'une dizaine de planches, d'un format demi-raisin minimum,
avec un thème, une recherche appuyée sur l'étude d'œuvres
précises, etc. Le mieux serait de l'avoir fini pour Pâcques. Je ne
me suis pas encore salie les mains à la tâche, pas même un
auriculaire. En revanche, j'ai fait travailler mes méninges, j'ai même
noirci quelques coins de pages. En fait, je crois qu'à force d'y avoir
cogité, d'avoir ordonné des idées récoltées
çà et là dans un sens, puis dans l'autre, j'ai tant peaufiné
mon 'projet', que c'est exactement cela qui inhibe mon potentiel passage à
l'acte. C'est-à-dire que je me suis forgée une idée si bien
lustrée que concrètement, il n'en demeure que l'appréhension
d'une inévitable déception. Car il est bien sûr évident
qu'en créant, ces idées, si précises soient-elles, ne me
brideront jamais. Et qu'hélas en rêve, ce que je vise se trouve toujours
atrocement au-delà de mes capacités.