Archives de Mars 2007

C'est tellement simple pourtant – il suffit de dire Oui quand on s'approche de vous.
Le 24 mars 2007 à 19:00.

Je voudrais du temps qu'on n'irait perdre pour rien au monde. Instants précieux et immortels ; ne compter que d'heures arrêtées, suspendues, et s'y sentir graviter au-dedans.
Je voudrais ne plus jamais dire à bout de souffle, je voudrais inspirer fort et jusqu'au bout, m'arrêter tout à coup, avant que le décor ne se mette à tourner. M'assoir à ce moment précis, oui, là, entre deux mesures, pouvoir contempler, sourire et fermer les yeux, sourire en fermant les yeux et, enfin, repartir les poumons pleins d'ivresse.
Expirer, mais n'expirer qu'en m'étant pleinement imprégnée de ces caresses. Expirer sans amertume et sans hâte, expirer pour continuer de vivre uniquement. Expirer pour reprendre de l'élan et approfondir davantage chaque nouvelle inspiration.

Je voudrais la sérénité, l'accalmie des angoisses et de la peur qui ronge, qui morcelle. Je voudrais le creux de ton épaule à jamais, tes doigts dans mes cheveux et ta voix qui murmure, seul remède à ma détresse. Quand tu me dis que tout va bien, tu ne mens jamais car le seul fait d'entendre ces mots de ta bouche dissout l'essor des moindres troubles.

# C'est tellement simple pourtant – il suffit de dire Oui quand on s'approche de vous. 

(...) elle n'a jamais cessé de m'encourager à y mettre quelques doigts d'enfant.
Le 13 mars 2007 à 22:53.

Si, aux «comment vas-tu», j'évoque mon épuisement, cela n'étonne plus personne. Si, certaines fois, je précise que la fatigue s'explique par quelque recrudescence d'angoisse, cela ne surprend plus.
Quant à moi, je suis pourtant chaque fois surprise de constater combien l'anxiété peut être corrosif à mes états. Ce sont des maux, un dos qui part en miettes, le sommeil inexistant, une horloge biologique disloquée, une humeur irritable et lunatique, des larmes aussi fortuites qu'incontrôlées et des ecchymoses, stigmates d'une maladresse à son comble.
Le second trimestre s'achève sur un boycott professoral du seul bac blanc de l'année, et je glisserai d'ici peu mon dossier de candidature dans la boîte aux lettres de l'école de mon premier choix. J'ai du mal à évoquer mes démarches et mes doutes à ce sujet, tant mon admission me semble chimérique.
Hier, j'ai appelé ladite école pour de plus amples informations. Étourdie, une fois de plus, et nerveuse, je n'ai pas vu les heures passer. On en comptait 19 et le concierge (probablement importuné en plein match de foot), sur un ton des plus délicats, m'a fait comprendre que j'étais folle à lier parce qu'«on n'est pas aux États-Unis ni au Canada, mademoiselle». J'ai presque eu la larmichette et je n'ai su rétorquer qu'un balbultiant «d'accord... merci... au revoir», avant qu'il ne me raccroche au nez, oh oh oh!. Si cette fichue école m'accepte, j'irai cracher sur sa tombejeter des poissons morts sur son paillasson.


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sinon, oui, je collectionne un peu les spams en ce moment...

# (...) elle n'a jamais cessé de m'encourager à y mettre quelques doigts d'enfant. 

Elle était, quand je la connus, forte et veloutée comme un jaguar; elle avait cette musculature soyeuse qui trompe et qui est le propre des félins (...)
Le 01 mars 2007 à 09:58.

Il y a mille extrémités à mon pêle-mêle, mille composantes qui papillonnent dans cet amalgame capricieux et versatile. En bonne pelotte de laine, je veille, sans même y penser, à ce que la surface apparente demeure cependant inexorablement lisse et douce au toucher, soyeuse à vos yeux. Somme toute, agréable. Complaisante. Il n'est cependant pas question de faire table rase des démesures, et là réside toute la subtilité de la besogne; l'usage est de les recouvrer, de ramasser l'éparpillement exhalé et d'embrasser en soi et pour soi les excès.
Les excès qui, à l'usure, religieusement emmitouflés et tus, s'aiguisent et blessent. Mais, pourvu que les éclats n'écorchent que les entrailles, là où les tressaillements peuvent encore être asservis – parfois, au début.
À défaut d'avoir toujours été incapable de gérer au grand jour mes émotions, parce que j'ai détesté qu'elles apparaissent immodérément aux yeux de tous, parce que cela faisait de moi une bête curieuse et étiquetée comme telle, j'ai choisi – non, je n'ai pas choisi, je me suis résolue à apprendre à refouler, à passer sous silence. La complaisance aura-t-elle fait de moi une chose apathie, amorphe et vulnérable? Je pleure un peu, en écrivant ces mots.

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et voilà que je raconte ma vie, en images.

# Elle était, quand je la connus, forte et veloutée comme un jaguar; elle avait cette musculature soyeuse qui trompe et qui est le propre des félins (...) 
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Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
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