Archives de Avril 2007

dans l'attente de son retour peut-être, le tablier blanc gonflé par le vent, une vieille femme semble (si vaillante dans sa faiblesse) chercher dans le désert un fils perdu ;
Le 29 avril 2007 à 21:39.


Ou peut-être avais-je nourri mes espoirs d'illusions (perdues?). J'entends la foudre qui s'approche et ma chambre se gorge peu à peu d'obscurité.
À moins que ce ne soient mes tourments qui grondent, ces mêmes pensées qui noicissent ma vue et qui, s'épandant, traînent dans leur essor les ombres opaques aux quatre coins des murs.
Embourbée par mes sens égarés, je m'accoude à ma fenêtre et n'attends que le bruissement coléreux d'une pluie d'été (ça me rappelle le souvenir d'un vélux, l'été dernier, et d'un livre sur les fées – c'était sous les toits de Paris). En vérité, malgré le progrès du tumulte, les oiseaux ne s'arrêtent pas de chanter et la disparate du mélange a généré une atmosphère curieuse, insondable.
Mais l'étrangeté n'émane peut-être que de moi. J'aurais pu réclamer que tout, autour de moi, s'accorde à ma décadence. Car c'est vrai, il y a, je le sens, du déliquescent qui affecte ou infecte chaque petit espoir miraculé... Et bientôt, j'ai peur qu'il n'y ait plus rien. Pourtant, c'est de cette même peur que s'abreuve la contagion.

# dans l'attente de son retour peut-être, le tablier blanc gonflé par le vent, une vieille femme semble (si vaillante dans sa faiblesse) chercher dans le désert un fils perdu ; 

Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril: l'enfer
Le 18 avril 2007 à 13:08.

Des larmes comme celles-là, il y avait longtemps que je n'en avais goûtées.
It's weird, depuis l'enfance je ne peux m'empêcher de projeter certains moments dans des dimensions démesurées, presque emphatiques. J'imagine nos émotions décuplées, un spectacle grandiose qui n'est donné pour personne : il y a ce décor, puis nous ; nous et nos cœurs écorchés, nos émotions sanguinolentes. C'est une représentation unique, donnée pour que les acteurs impromptus que nous sommes se sentent emprunts de cette unicité et qu'ils incarnent leurs rôles jusqu'à la chair. Pour que, par l'exception, la peur soit annihilée et qu'ainsi, il ne nous reste qu'à se donner jusqu'au bout, sans penser aux risques, sans s'imaginer les conséquences, le désastre.
Ce que je peux me fiche du regard des passants dans ces instants-là. Tout ce qui compte, c'est ce qui est en train de s'accomplir, c'est la scène de notre vie que nous jouons – que nous mettons en jeu. Et c'en est un des plus dangereux, car l'ivresse de la profusion brouille les sens et la raison, et nous n'avons plus conscience de rien. Nous ne sommes plus là, toi et moi, les pieds sur terre – je te l'ai dit, c'est une autre dimension, les proportions ne sont plus les mêmes. À cette échelle, la violence des mots que nous usons nous paraît anodine et nécessaire. Pourtant, ces mots-là seront ceux que l'on ressassera pour se faire mal, laissant un goût amer (celui du regret) dans nos cœurs. On s'en arracherait les cheveux. Si l'on savait.
Nous sommes entrés sans peine dans ces rôles, ils étaient faits sur-mesure, ou peut-être étaient-ce nous, qui étions faits pour eux ? Propulsés par l'ardeur de nos sentiments (car il fallait se battre, coûte que coûte, il fallait avancer, et la rage était notre seul recours sous la menace de l'enlisement), c'était simple et indolore. Mais lorsqu'enfin, les fardeaux ont été déversés, qu'il ne reste plus une miette à sauver et que l'épuisement nous gagne, il faut bien redescendre, l'ivresse ne dure pas. Il faut bien retourner à nos places et dans le temps, perdre notre invulnérabilité, et tout à coup c'est la peur qui revient. Elle se jette à nos gorges et nos consciences, armée des éclats que nous avons causés.
L'avons-nous vraiment fait ? Regarde, tout autour ; il n'y a que les débris de nos vies qui s'étalent devant nos yeux. Comment n'en avons-nous pas eu conscience ? Et là, je saigne...

# Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril: l'enfer 

07:54, 09:11
Le 17 avril 2007 à 10:11.

Voilà l'idée:
Pour la tête. J'ai représenté un fil, emmêlé, parfois rompu puis reprisé par quelques nœuds maladroits. Le long du fil sont déposées des images. Elles n'ont pas été mises là par hasard (ou si peu), ce sont des instants volés que j'ai pris de cet été, d'hier matin ou d'il y a deux ans. Ces images sont des monceaux de vie qui suspendent au fil – celui de mes pensées.
Pour le cœur, j'ai pensé à un livre ouvert I'm an open book. Pas n'importe quel livre, bien sûr – je n'ai pas encore déterminé lequel. Antigone, peut-être? Il était le premier. Le premier dans le temps est immuable.
Pour les mains, primordiales, l'une d'entre elles s'intéressera d'abord au toucher. Le concept est encore moins précisé. Il y aura peut-être une sorte de dessin analytique, un objet plus ou moins quelconque (infantile ?), et recouvert d'empreintes digitales.

Je savais que formuler ces images-idées qui vagabondent dans mon esprit m'aiderait à y voir un peu plus clair. Mais je ne pensais pas que la clareté et le recul amplifieraient le doute. [...] En fait, tout ça est peut-être un peu trop conceptuel.
Sinon, La beauté du désordre, ça vous évoque quoi ? C'était un beau sujet.

# 07:54, 09:11 

Si je ne m'étais jamais vue dans la glace et si je devais décrire mon apparence extérieure d'après ce que je connais intérieurement de moi,
Le 09 avril 2007 à 11:18.

D'habitude, ce genre de choses n'arrive que dans les livres ou sur les écrans. Et ce ne sont pas ces passages où l'on se dit que «ah, oui, moi aussi...», mais plutôt ceux que l'on trouverait à la fois forts et fabuleux. Pourtant, c'était exactement ça et ça m'arrachait le cœur.
J'avais besoin d'écrire, c'est comme si c'était devenu une habitude à part entière, de celles qui deviennent essentielles à l'existence, car sans elles tu n'es plus tout à fait toi. Elles harmonisent, unifient, attiédissent les effervescences de tes émotions. Ce ne sont plus des habitudes: c'est toi ; cela s'est imbibé dans ta chair et cela compte parmi tes entrailles.
J'avais besoin d'écrire et ça m'arrachait le cœur d'en être incapable. J'avais des mots mais pas de phrases, des perles, mais pas de fil auquel m'aiguiller ; c'était latent et diffus, cela ondoyait sans cesse, ne se fixant nulle part. Et, surtout, il y avait quelque chose à l'origine de ces ballottements, qui était aussi responsable des afflux de larmes, de sanglots nerveux et inexpliqués. Je voulais savoir quoi, pourquoi, comment. Je voulais que ça apparaisse devant moi, tout du moins partiellement, mais qu'enfin ça me soit accessible. Et qu'en y posant les yeux avec la plus grande attention, je puisse le dérouler, enfin, et comprendre. Juste comprendre, ça m'aurait suffit. Parce que ne pas savoir, c'était forcément détester cette fragilité omniprésente et injustement ostensible.

# Si je ne m'étais jamais vue dans la glace et si je devais décrire mon apparence extérieure d'après ce que je connais intérieurement de moi, 
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Quoiiiii ma gueule ? 
 Qu'est-ce qu'elle a ma gueuuule ?!!
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