En ce moment ça se bouscule énormément dans ma p'tite têtevie.
J'ai plus l'impression de contrôler quoique ce soit, ni même de me
rendre compte des évènements qui se produisent. C'est un peu...
étrange, comme sensation. Enfin j'ai déjà expliqué
plus ou moins brièvement tout ça, mais ça dure, ça
s'amplifie même.
Mais bon. On verra, tout ce que j'espère c'est de ne pas faire trop de
dégats derrière moi...
J'ai du mal à me faire une idée de la situation actuelle au Lycée.
Là aussi, je suis un peu perdue. Les premières notes sont arrivées
et ça semble pas trop mal s'annoncer, il y a notamment eu cette grande
surprise en Français avec l'impression de ne pas mériter ma note,
du coup.
Socialement parlant. Je fais des rencontres. Je me permets des sorties impromptues
(« ça te dit on fait ça ? – ok, ça marche »
ou, variante « allez viens j't'invite – ok, j'arrive ») sans
ressentir le besoin de me justifier, un peu comme un sentiment de liberté.
Je me rends compte que putain quand on me dit que je passe mon temps à
me dévaloriser c'est pas des conneries. Je me rends compte que je refuserejette
toute forme de compliment, quelqu'il soit, comme si je ne voulais surtout pas qu'ils m'atteignent,
comme si je refusais qu'ils me touchent, que j'essayais à tout prix de
faire en sorte qu'ils ne me désignent pas.
Je suis heureuse de pouvoir partager mes émotions avec des gens qui, en
face de moi, m'écoutent vraiment, même si, ça aussi, j'ai
du mal à le concevoir voire à l'accepter.
Le 17 septembre,
j'écrivais « On trouvera une psychiatre... ». Aujourd'hui,
soit après trois semaines, on ne l'a toujours pas trouvé, ce docteur
de l'âme. Pourtant, j'ai fait l'effort. J'ai fait l'énorme effort
d'aller expliquer la situation à papa, et surtout, à maman. De leur
rapporter les propos de la psychologue du Relais qui a bien précisé
qu'un suivi psychiatrique règulier était aujourd'hui vraiment nécessaire.
Mais on dirait qu'ils ont pris ça à la légère. Enfin
j'en sais trop rien... Quoiqu'il en soit je suis toujours là, avec ces
foutues migraines qui empirent, ces foutues insomnies qui me crèvent chaque
jour un peu plus, ces douleurs physiques, ces larmes qui coulent, encore... Et
c'est comme si parfois elle me voyait encore comme une p'tite conne d'adolescente
en crise, comme elle le disait si bien il y a pas si longtemps. Pourtant je
lui ai dit. Je lui ai dit, vaguement, peut-être, mais je lui ai dit ce qu'il
y avait, ce qu'il s'était passé. Pourquoi ce manque d'assurance
handicapant au quotidien, pourquoi ces larmes, pourquoi ces lames, peut-être,
un peu, aussi, pourquoi tout. Presque tout. Mais même si je suis pas allée
jusqu'au bout, elle sait, je sais qu'elle sait. Et on en est toujours là.
J'ai peur d'elle. J'ai peur des hommes. J'ai peur de moi. J'ai peur de mes choix.
J'ai peur d'avancer. J'ai peur de tout.