Je
nage dans la peur. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, dans
un avenir proche. J'ai peur de ne pas savoir pas tirer profit de ce que je vis
actuellement, que ça ne me confère aucune force dans le futur, mais qu'au contraire,
cela demeure une tare, une faiblesse handicapante. Je voudrais que ça me soit
utile, que ça ne soit pas arrivé pour rien malgré tout. Faire en sorte que ça
ne puisse plus remonter à la surface à tout moment. J'ai peur de ne pas (être
?) devenir quelqu'un de bien. J'ai la crainte perpétuelle de gêner. J'ai cette
addiction à la culpabilité qui me bouffe continuellement.
Ça me fatigue. C'est toujours
la même chose. Sauf que plus le temps passe, plus les strates s'accumulent,
sans qu'aucune des précédentes couches n'ait été réglée au préalable. On se dit
que ça finira bien par se tasser, on fait semblant d'avoir oublié et un jour tout
ressurgit. Et Avec
le temps Avec le temps Avec le temps.
Pourquoi cette manie, comme une inévitable nécessité de s'épancher n'importe comment,
n'importe où, avec n'importe qui ? Sans ces confidences minables tu te sens vide,
n'est-ce pas ? C'est-à-dire que sans ça, tu n'as plus d'intêret. Sans ça, tu n'existes
tout simplement pas. Tu n'es bonne qu'à répéter inlassablement la même petite
ritournelle, agrémentée d'un bain de larmes ou, au choix de rires nerveux. Oh
! la triste petite histoire, sortez les mouchoirs. On la connaît par cœur, bon
sang. Trouve autre chose, il doit bien il y avoir un bon fond, si on gratte bien
profondément, non ? Serais-tu réellement inintéressante, réellement plate, fade ? Arrête, arrête, ravale tes mots, garde ça pour toi, t'es dégoulinante
de crasse. Tu n'inspires qu'un profond dépit.