Lorsque je décide de ranger une pièce, il m'est nécessaire de procéder par phases,
méthodiquement élaborées. Visiblement, l'une d'entre elles – la première – consiste
à sortir tous les livres de leurs étagères, tous les vêtements de leurs tiroirs,
les bijoux de leurs boîtes, etc. Et à étaler l'ensemble sur toute la surface disponible
: chaises, tabourets, lit, bureau, parquet éventuellement. Ce afin de pouvoir
effectuer un tri rigoureux.
Ayant entrepris de refaire ma chambre, c'est l'étape à laquelle je me trouve depuis
samedi. Je me suis fait violence et j'ai jeté l'équivalent de quatre sacs taille
XXL débordants (au choix) d'autres sacs (je me suis décelé une passion saugrenue
(ah, depuis le temps que je voulais le caser celui-là) pour la collection de sacs
plastiques : je devais avoir en entassé une cinquantaine de H&M/Mango/Kookaï/Etam
au fond de mon placard) ou bien de papiers en tous genres, tickets de caisse,
brouillons de bacs blancs, traces de révisions diverses et variées, mais également
des cours ! Jusqu'ici, j'avais été incapable de me séparer de mes anciens cours
: de la maternelle au lycée, j'avais tout gardé.
Et là, prise d'un soudain élan de bravoure, je me suis dis allez kim, t'arrives
vraiment à croire que dans soixante ans tu reliras tes copies de Troisième avec
la larmichette au coin de l'œil, repensant à cette folle jeunesse où tu ne savais
pas accorder tes participes passés ?
Alors voilà, j'ai quand même gardé deux-trois cahiers de coloriages de la petite
école parce que bon (ainsi que ceux d'addition parce que c'est vraiment trop choupinou
d'écrire les chiffres à chaque intersection de ligne, et puis celui d'histoire
parce que j'avais quand même super bien dessiné Vercingétorix).
J'ai aussi enlevé toutes les affiches de mes murs, ça fait terriblement vide,
ce qui contraste pas mal avec le sol (ahah, j'espère que je n'ai laissé traîner aucun objet compromettant) sur lequel on ne peut circuler qu'en jouant à Ford Boyard.