Je sais même plus où me réfugier, ça cogne de partout,
je tourne en rond. Je me sens complètement vide. Vide vide vide, néant,
il n'y a que ça. Je vacille de toutes parts. Où est ce foutu équilibre
? Si seulement je savais au moins ce dont j'ai besoin ou ne serait-ce que ce que
je veux, mais même ça je sais pas, ça me paraît tellement
distant, hors de portée. Je suis dégueulasse, je me répugne.
Je sais pas... je sais plus du tout quoi faire et tout de suite, je serai prête
à n'importe quoi – je voudrais seulement savoir pourquoi il faut le
faire. Je me sens fébrile et amère. Donnez-moi quelque chose à
quoi m'accrocher, une toute petite chose à grignotter jusqu'à la
moelle – ou bien je deviens folle. Un petit rien, mais qui soit palpable,
qui existe ailleurs que dans mes rêves ! Je veux pas sombrer comme ça,
j'en peux plus, j'en peux plus. Il n'y a plus que la confusion qui s'embrase en
moi et c'est tout, rien d'autre, ce mot me résume toute entière.
Et ça émane de moi si grossièrement, je suis grotesque, ridicule.
Avouez que ma lacheté, ma médiocrité vous saute au visage,
agresse vos yeux sensibles dès qu'ils sont posés sur moi et que
j'ouvre la bouche. Mais faites la taire !
RANGER VOS ÉMOTIONS ET EN FAIRE QUELQUE CHOSE. Mais que voulez-vous faire
de moi, docteur ? Il n'y a rien à tirer de tout ce que je pourrais débiter.
Du vent, des foutaises. On finira tôt ou tard par s'en rendre compte. Alors
on prendra un air grave et solennel pour dire qu'on a le regret de vous d'annoncer
que le seul problème, c'est vous.
Je voudrais qu'il y ait quelque chose d'intense qui me transcende pour pouvoir
vivre et j'ai peur de finir par (re)faire des conneries.