C'est-à-dire que dans très exactement 3 semaines, j'aurais
dix-huit, serais majeure, pourrais voter, conduire – offre soumise à
conditions –, me marier, m'acheter un godemichet en alliage hypoallergénique
doré pailleté avec des éclairs roses sur les côtés
dans un sexshop, faire le tapin, me présenter au conseil municipal de ma
commune ou que sais-je encore, et tout cela lé-ga-le-ment ! Je sens que
tant de changements vont boulverser ma vie. Dans 23 jours, écrit
du bac de français, dans 28 - 13 + 23 = 38 jours, l'oral. Demain,
j'ai un exposé d'ECJS sur le chômage au sein de l'Union européenne
(...). Dans 17 jours, c'est la fin des cours et dans 109 jours,
c'est la rentrée. Tout va bien. et depuis plus d'une
semaine, je chiale (à nouveau?) quotidiennement.
Le psychiatre a longuement discuté avec l'une des psychologues que j'avais
vue et revue plusieurs fois ces dernières années. Apparemment, même
avec le temps qui passe, je suis toujours aussi hésitante, floue.
Visiblement, le terme de dépression est toujours d'actualité.
Vraisemblablement, un traitement serait approprié, bénéfique,
requis, nécessaire ?. Mais sans urgence toutefois. Et si j'ai de
si gros problèmes relationnels c'est obviously parce qu'en plus
d'être démesurément trop exigeante avec moi-même, je
le serais également avec mes proches à cause de ce manque, de cette
énorme demande affective. Je tâcherais de m'arranger, de me
soigner, même si le mal est fait. Pardon.
J'aipasenvied'êtregrande parce que je pourrais plus justifier toutes mes
conneries, mon comportement niais, puérile, irresponsable, par mon âge.
Je sais que ça tient pas debout, parce que souffler 18 bougies &plus
si affinités, ça n'a jamais empêché les cons de s'opiniârer
dans leur rôle de prédilection, mais je dois être une conne
lucide et ça me fait bizarre parce que dans ma tête, c'est comme
si j'avais encore 16 ans. J'ai pas du tout l'impression d'avoir évolué
– au contraire – et ça me fait foutrement peur.
