Puisqu'il faut bien, parfois, remettre les pieds sur terre. Les mois cavalent
et je sens mes angoisses primitives s'intensifier tandis que d'autres accourent,
naturellement.
Je caressais l'espoir candide d'avoir comme une longueur d'avance et c'était
si rassurant pour moi de pouvoir dire, avant tout le monde – ou presque :
je veux faire ça. Et puis bien sûr, en fin de compte, ça ne
pouvait pas être aussi simple.
Alors, peu à peu, ces familières interrogations articulées
d'« Et si » émergent et s'amoncèlent. Je ne cesse de
remettre en question mon ' potentiel ' si tant est qu'il y en ait un – et
si ce ne sont mes envies elles-même.
Sans aucun doute, un syndrome commun à la majeure partie de la population
lycéenne à l'approche du bac... Le fait est que ce choix m'apparaissait
comme une évidence, étant tout simplement incapable de concevoir
mon avenir proche autrement que dans cet univers. Cependant, bien que cela n'ait
pas changé, je cherche aussi, aujourd'hui, à m'imaginer ce qui viendra
plus tard encore, à vainement chercher des réponses possibles à
« Et après ? ». Et c'est là, précisément,
que les illusions se désagrègent soudain. Faire une école
d'arts appliqués : oui, d'accord, mais ensuite ? Et, [déjà,]
encore faut-il que l'on veuille bien de toi là-bas – pour ne pas dire
que tu y aies ta place. Car, tu le sais bien, ils ne prendront pas n'importe
qui.
Finalement, c'est la même soupe grumeleuse que je ressasse sans arrêt.
Alors on peut dire que j'ai retourné la question dans tous les sens. Pourtant,
j'ai l'impression que les éventuelles réponses ne font que s'éloigner
de moi à mesure que le temps passe, à mesure que j'aie besoin
d'elles.
