Je découvre l'incroyable capacité contenante de mes sinus paranasaux
et je ne sirote plus un verre d'eau sans y avoir dissous un demi gramme d'aspirine,
parfois couplé à ces pilules qui réduisent mes influx nerveux,
parce que moi yana être d'un naturel très nerveux oh oui, sapristi!,
et que ladite nervosité culmine à des extrema que ma petite tête
et mon petit corps ne s u p p o r t e n t p l u s. Et lorsque j'ouvre
la bouche j'entends Vincent Delerm, ça fait bien rire mes petites sœurs
– moi aussi au début, maintenant moins.
Et puis j'ai peur peur PEUR pour lui, tous les jours et même la nuit, j'en
fais des cauchemars vraiment trop étranges et sûrement très
riches. D'ailleurs en ce moment – sûrement le fruit de cette recrudescence
d'anxiété – je ne peux pas m'empêcher d'essayer de tout
décortier. Les moindres faits et gestes (les miens, en fait), comme si
des vérités inavouées, inconscientes, que sais-je encore,
s'y terraient furtivement, silencieusement. Et que pour moi, puisque trop paumée
en ce moment, trop démunie, dépourvue de toute accroche à
quelque repère stable ou tout au moins stabilisant, découvrir l'une
de ces vérités serait une sorte de soulagement. Ou, si ce n'en est
un, un palliatif, même éphémère. Mais la vérité,
c'est qu'à force d'épluchage aussi absurde qu'inutile, je me noie
parmi ces choses minutieusement mises en lambeaux, évidées de leur
sens.
